C’est un rythme particulier, un sujet particulier. Alternant vraies scènes et images d’archives (entre autres, du vrai Joseph McCarthy), le film se déroule dans les coulisses de la chaîne de télévision CBS.

Outre le propos, qui résonne de façon cruellement actuelle, sur les médias américains, et, en particulier, donc, sur la télévision, il s’agit d’une Å“uvre nécessaire, précisément parce qu’elle met au premier plan un acteur absolument incroyable dont le talent hallucinant trouve ici un écrin à sa mesure.
David Strathairn a pourtant plus de 70 films et téléfilms à son actif, mais, souvent cantonné à de seconds rôles, même brillants, il n’a pas vraiment eu l’occasion de se faire connaître un public très large. Son visage, sa façon de fumer – de manière quasiment permanente -, son regard posé et profond, tout cela fait de lui l’acteur parfait pour incarner cet homme des années 50. Il en semble sorti, comme directement extrait de la pellicule d’un film noir.

D’ailleurs Clooney a fait un excellent travail dans ce sens, que ce soit au niveau de la B.O., jazzy à souhait, ou de la photo aux contrastes N&B très soignés, ou de ses seconds rôles à vraies gueules eux aussi (Clooney, Downey Jr, Patricia Clarkson, Frank Langella, Jeff Daniels)… C’est bien simple, on s’y croirait.

Alors bien sûr le rythme peut désarçonner, on peut facilement décrocher du propos, voire piquer un petit roupillon (sans pour autant détester, j’en suis la preuve vivante) et il vaut mieux avoir pris son cocktail vitaminé et chaussé sa concentration avant la séance.
Mais rien que pour l’ambiance et ce premier rôle époustouflant, on peut dire sans hésiter que le 2ème essai de George Clooney est transformé.

Note : ★★★★½☆

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