jesse_james_2.jpg
3_5

J’attendais davantage de ce western non-crépusculaire, j’attendais davantage de la mise en scène, j’attendais davantage  de Casey Affleck, j’attendais davantage de tout. J’aurais dû aussi boire 4-5 cafés avant d’y aller pour ne pas sombrer en plein milieu…

Brad Pitt est quand même assez insupportablement mauvais, restant dans la surface et dans le « paraître » de son personnage, du début jusqu’à la fin, de ses éternelles mimiques (la moue, la petite langue) à ses rires forcés… Tout passait très bien pour Tyler Durden, ici ça va bien un moment. Évidemment on peut m’opposer que ça convient au personnage (le trentenaire sûr de lui et de son charisme), mais là je ne suis pas sûre de voir une réelle composition. Et surtout, je ne comprends pas comment on peut donner un prix d’interprétation à ça.

Quant à Casey Affleck, il m’amuse beaucoup dans la série des Ocean’s, et on me l’avait beaucoup vanté, alors j’ai été forcément déçue. Le personnage est certes plus intéressant, et j’ai certainement raté quelques scènes-clés dans mes plongées-sommeil, mais l’intérêt est dans le scénario, dans l’écriture (et dans ce que le spectateur de bonne volonté voudra bien projeter sur ces images) ; il n’est, à mon avis, ni dans la mise en scène, ni tellement dans l’interprétation.
Le personnage de Robert Ford est évidemment assez intéressant dans son rapport à Jesse James, le double fantasmé, l’idole fascinante, désirable et rabaissante, mais il s’agit là encore une fois d’un ‘concept’, plus que de quelque chose de sensoriel et de cinématographique.

Cependant un certain nombre de scènes sont réussies, par exemple cette scène de malaise autour d’une table, avec Sam Rockwell ; mais tous les mécanismes tiennent du théâtral, au sens « mécanique » du terme.

Reste l’illustration d’un pays et d’une époque, proprement menés, mais nulle part je ne trouve de réel souffle, de réelle ambiance, de réel regard. On pense forcément à Open Range de Kevin Costner, qui est devenu un véritable mètre-étalon du western récent, réussi, mettant en oeuvre un vrai regard, une véritable ambiance, une véritable parole.

J’aime la fin bien sûr, le destin de ce personnage, (encore une fois, plus pour ce que j’y apporte que pour la manière dont elle est faite, car tout est relativement prévisible et linéaire, mais bon), j’aime la voix-off, mais il manque trop de choses pour m’emporter, et la déception laisse un goût amer, même si le film est honorablement fait, et qu’il traite de personnages qui pourraient me passionner.

Parcourez d’autres billets :