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(film vu dans la salle IMAX à Londres, plus proche endroit pour voir le film tel qu’il a été concu, c’est à dire avec la technologie 3D, et en VO bien sûr)

Beowulf c’est une belle histoire, un beau scénario, avant tout. C’est une histoire de héros, et c’est, comme tout récit épique ou mythologique, chargé d’un message universel et intemporel.

Un « héros » à la base, c’est un demi-dieu, c’est à dire le fils d’un dieu ou d’une déesse. Ici, Beowulf s’impose d’emblée comme fils de personne, ou presque. Son héroïsme, il ne veut le devoir qu’à lui. Ancêtre du self-made man, il revendique les actions les plus courageuses, les plus spectaculaires, allant jusqu’à l’exagération, se montrant sans faille, sans possibilité d’échouer. Mais on est tous fils de quelqu’un, le fils d’un père, le fils de quelqu’un qui a failli.

Ces « sins of the fathers » résonnent encore dans ma tête et sont la colonne vertébrale thématique du film ; ils transcendent les personnages, du plus pathétique (magnifique Grendel) au plus ambigu (Beowulf, donc). A côté de cela, la femme est soit une tentatrice maléfique qui choisit ses proies pour procréer, soit une inaccessible beauté que l’on ose pas toucher et qui restera majestueuse mais inféconde. (Soit une pouffiasse au visage loupé, mais passons).

Voilà. L’essentiel est là.

Evidemment Beowulf c’est aussi des scènes d’actions formidables, depuis les monstres marins jusqu’au dragon, c’est large, généreux, le sang coule, les entrailles dégoulinent, et j’aime ça.

Les effets de la 3D rendent époustouflants des tas de petits détails, des petits galets sur une plage, les pores d’une peau, le vertige d’une envolée vers l’arrière, à travers des branches, à travers le froid, jusqu’à un endroit où l’on ne veut pas aller mais où on ira quand même. La 3D plonge le spectateur dans l’action à un point où il ne peut pas reculer, ni esquiver. C’est presque trop fort, trop présent. (C’est d’ailleurs probablement un peu ce que devaient ressentir les gens au début du 20ème siècle quand ils voyaient un film… Un train qui leur fonçait dessus quoi !)

Là où Le Pôle Express n’était qu’une succession de scènes-divertissements sans aucun intérêt, Beowulf gagne en profondeur puisqu’il possède un fond qui fait que oui, ça fait un peu peur, mais oui, on va se laisser porter jusqu’au bout. Et à côté de ça, le film assume tout à fait son statut de divertissement, AUSSI.

Evidemment, pour la fan de Robin Wright Penn que je suis, il y a une frustration immense du côté de ce personnage, pas forcément très réussi techniquement, et je préfèrerais mille fois la voir elle, en chair et en os. Et puis, de temps à autre, je me suis dit que certaines scènes « simples », c’est à dire de dialogues, par exemple, seraient encore plus puissantes avec de la vraie chair, des vrais regards (même si j’ai été époustouflée par le travail fait là-dessus
justement – c’est paradoxal), parce que c’est aussi ça qui est beau dans un film : voir de minuscules détails sur le visage d’un acteur, une faille, un mini-truc. Ici il faut clairement oublier ça et s’accrocher à autre chose.
Je mets en revanche à part le dernier plan, sublime, qui est incroyable dans ce qu’il fait passer à travers ces deux paires d’yeux. Des yeux « numériques », oui, mais pourtant très « vrais ».
Wiglaf est d’ailleurs un très beau personnage, et j’adore cette fin parce qu’elle est ouverte et qu’on y met ce qu’on veut, ou tout à la fois : le doute en l’homme, et/ou la confiance…

Que dire de plus ?

Que je n’ai pas été bouleversée. Transportée, parfois. Emue souvent. Emerveillée aussi. Et ça c’est bien, l’émerveillement.

Ah oui et aussi, Beowulf a un corps de fou, des abdos de dingue.
(Angelina c’est intéressant aussi mais on reste un peu sur sa faim : c’est là qu’on se rend compte de la puissance du téton en fait, hm. En tout cas son physique est terriblement bien utilisé, elle est mieux là qu' »en vrai »…)

Mais la revision (en 2D donc) s’impose, et je suis curieuse de voir ce qui restera.

Pour l’instant je reste donc à ma note à la sortie de la salle, tout en sachant qu’elle pourra évoluer, dans un sens ou dans l’autre.

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