Juno est trop bien. Elle a un téléphone hamburger qu’elle utilise pour appeler le planning familial. (Parce que, au cas où vous ayez raté ça, Juno a 16 ans et elle est enceinte. Et alors ? dit l’affiche). Juno a 16 ans mais elle n’écoute pas de la musique pourrie. Juno boit son jus d’orange à même le bidon en plastique. Juno n’est pas superficielle. Juno a des super goûts en tout, juste un peu décalée pour ne pas être parfaite. D’ailleurs, la grossesse semble glisser sur elle, étant davantage un accessoire qu’une condition un peu compliquée.

Juno le film est un peu comme ça, juste un peu décalé pour ne pas être parfait, mais cherchant à être parfait quand même. Le générique de début, sa BO atrocement ‘US independant’, ses petits tics de réalisation… Bon moi je me tape un peu la tête contre le mur. La BO d’ailleurs ira, petit à petit, en s’arrangeant, mais l’enchaînement des premiers morceaux est d’une VIOLENCE… on dirait une radioblog en fait.

Évidemment, petit à petit, comment ne pas se prendre de tendresse pour Juno, sa famille, ses amis ? Impossible. A moins d’être inhumain. En revanche, les choses qui me chavirent viendront d’ailleurs. Quand le mari, par exemple, annonce avec une liberté souriante qu’il va quitter sa femme. Et que Juno pique une colère et sombre dans un désespoir sans nom. Ces sentiments-là, ces affrontements-là, et la scène qui suivra avec son père, sont à mon sens bien plus vraies et bien plus touchantes que tout le reste. Et puis pouf, « Expectations » de Belle & Sebastian je ne résiste pas.
Et enfin, Jennifer Garner, parfaite et bouleversante, dans chacune de ses apparitions. Son lien avec Juno, sans être trop appuyé, est très bien écrit et très bien utilisé dans la progression du scénario.

En bref, Juno (le personnage et le film) me fait parfois frôler l’agacement à force de poser dans un style un peu forcé, mais réussit à briser toutes mes défenses au final. [Très jolie dernière scène…]

Note : ★★★★½☆

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