There Will Be Blood
Évidemment, de Paul Thomas Anderson, j’attends toujours un miracle de ce genre. Malheureusement, ce n’est pas cette année qu’il se produira, à mon grand regret.

There Will Be Blood m’a plutôt déçue. Pas « profondément », juste « plutôt », ce qui est presque pire.

Tout le début, presque muet, est assez fascinant, peut-être ce que le film a de mieux : il allie une description texturée de la roche, de la poussière, du liquide noir, et une réflexion qui sort de ces images, chargées de sens, le début de la fin, la fin de l’innocence qui était de toutes façons déjà finie depuis longtemps.

Puis, avec cette relation entre Plainview et son « fils », combinée à ses ambitions économiques, à sa misanthropie… Anderson se repose sur ses acteurs, leur laissant parfois des scènes trop longues, et même s’ils sont tous bons, il manque un peu de souffle dans tout ça. Quant à tout l’aspect que certains appelleront religion, alors qu’il ne s’agit de d’endoctrinement, le tout est bien dépeint mais sans recul, sans point de vue affirmé (là où, dans Magnolia, il savait jouer sur le ridicule, le dangereux et le fascinant de ce genre de choses.)

Dure impression que celle de voir le film de quelqu’un qui essaie de faire son Barry Lyndon. Dans son utilisation de certains morceaux de classique (Brahms, assez hors-propos), dans son manque d’acuité sur certaines situations, Anderson pèche un peu par orgueil : ce n’est même pas une question de talent, mais de lucidité dans le regard.

L’ensemble est donc tout à fait bien réalisé, bien joué, un peu long, mais forcément décevant par rapport à tout ce que j’en attendais. A revoir avec plus de recul, moi aussi, peut-être ?

Note : 4/6

Note : 4/6

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