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Le livre était plutôt plaisant. Un peu poseur, mais pas trop ; avec assez de non-dits pour qu’on puisse imaginer le reste.

Là, c’est différent. Déjà, un problème, la forme : une sorte de docu-fiction.

Or, on est vraiment dans la fiction. Mais apparemment, la plupart des spectateurs de ce film ne l’ont pas compris, se lançant dans des débats sur l’Education Nationale, les conditions d’enseignement en banlieue, et tout tout.

Alors déjà : on n’est pas en banlieue. On est dans un petit lycée parisien où certes il y a des problèmes, mais on est loin, très loin de la réelle galère que ça peut être ailleurs.

Ensuite : être prof de français ce n’est pas ça. Ce n’est pas discuter avec sa classe, créer des rapports de force toutes les deux secondes (même si cette dimension du rapport de force lié au langage, qui faisait justement la force du livre, est effectivement présente, et même primordiale). Ce n’est pas une salle informatique disponible avec assez de postes pour la moitié de la classe. Il ne suffit pas de faire imprimer ses travaux au pire élève pour qu’il ait soudain une révélation. Ce ne sont pas des classes de 15 élèves. Ce ne sont pas des salles dans lesquelles on peut rester à papoter à la fin de l’heure. Non. En vrai, il y a du monde. Il n’y a pas de place. On se bouscule. Il y a plus de 30 élèves par cours, de moins en moins de profs, et ça ne va pas en s’arrangeant.

En bref, je crois que ce film a fait beaucoup de mal, involontairement probablement. Mais déjà, la fiction me semble être le plus mauvais des choix sur un sujet pareil.

Trois ̩toiles parce que malgr̩ tout ̤a, ̤a se regarde tout seul Рcomme un mauvais programme de t̩l̩ r̩alit̩.

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