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Il y a quelque chose de fascinant dans ces premières minutes de WALL-E, cette vision de la Terre, de cette ville, avec de grands édifices bruns rougeoyant sous le soleil et la poussière… Un monde d’apocalypse, qui paraît pourtant déjà si familier.
La toile de fond est donnée : tout est déjà désespéré.

J’adore la première partie du film, quasiment muette, avec ce robot-archiviste, mémoire d’un monde sans vie. La « mémoire » est en effet un des thèmes centraux du film – incroyable film d’animation pour enfants qui se paie le luxe d’avoir des propos métaphysiques… Encore plus étonnant, ce discours très ambigu sur BnL, l’entreprise hyper-capitaliste au centre du film… Surprenant pour un produit Disney.

Ainsi, c’est en conservant, conservant et triant que WALL-E fait la découverte la plus importante et restaure un espoir de vie. Mais WALL-E, malgré son statut de « robot », n’a-t-il pas déjà basculé dans la vie-même ? La trouvaille de la plante verte est-elle vraiment ce que WALL-E a fait de plus efficace pour donner espoir à l’humanité ?

Je reste plus réservée sur le personnage de Eve, que je trouve très antipathique. Destructrice, bornée et finalement ouverte d’esprit… Mouais. Ça passe bien grâce au regard de WALL-E sur elle, heureusement. Magnifiques moments de romantismes quand il s’occupe d’elle alors qu’elle est rentrée dans un sommeil inexplicable (La Belle au bois dormant, toujours…), et quand, parallèlement, elle découvre, plus tard, ce qui s’est passé à ce moment-là.

Et puis il y a tous les détails. La maison de WALL-E, ses objets, ses « mains », ses petits matins, son ami le cafard, fidèle des fidèles… Fabuleux aussi, les robots défectueux, parqués puis libérés, révélant des capacités aussi hilarantes que touchantes.

Et puis, ce regard vide de WALL-E fraîchement réparé, la cruauté de ce moment, l’impression que le film pourrait presque s’arrêter là : alors que la « vie » s’apprête à reprendre, la « vie artificielle » s’éteint. Le film choisit de finir sur une note faussement optimiste, présentant des humains inaptes s’affairant à faire pousser des plantes-pizzas.

Le générique de fin, jouant avec les codes artistiques (je n’en dis pas plus), est très beau.

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