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Autour de la grève de la faim de l’irlandais Bobby Sands, le film profite en fait de ce qu’il raconte (la prison, l’humiliation, les « forces de l’ordre ») pour parler des corps, de ce qu’ils peuvent produire (l’importance donnée aux excréments en tout genre, d’abord encombrants, puis qui peuvent servir à s’exprimer, à se révolter), cacher (le rôle des différents orifices, pour faire passer des messages, par exemple), ou encore endurer (le fameux passage de la grève de la faim, avec le corps décharné de Michael Fassbender, fascinant, les matières qui s’échappent, la peau qui se troue, les muqueuses qui deviennent coraux…)

A côté de ça, il y a bien sûr un propos politique et une vision forte de l’emprisonnement de ces membres de l’IRA, mais qui est un peu dilué par la multiplicité des points de vue, qui, si elle peut parfois être enrichissante, a tendance en général à rendre le rythme pénible et inutilement lourd. Ainsi, l’évolution du regard que l’on porte sur le personnage suivi au tout début se trouve presque affaiblie par ce processus un peu artificiel.

Il y a néanmoins à la fin du film des passages presque miraculeux, avec ce médecin qui utilise tous les stratagèmes possibles pour apporter un peu de douceur à ce corps métamorphosé – un matelas de fourrure, une arcade pour que les draps ne touchent pas la peau… Il y a dans ces moments une sensation si précise et une humanité si forte que c’en est presque bouleversant.

Dommage que le film fasse souvent le choix de l’austérité, via de longs, très longs plans-séquences…

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