Si vous m’aviez dit que je verrais ce film 4 fois, je ne vous aurais pas cru.

Seulement voilà. Séjour prévu à Londres. Le film repasse dans la salle IMAX, sur écran géant, sachant que certaines scènes ont été exprès tournées dans ce format. Mon adoré me propose bien sûr qu’on y aille. Sachant que ce séjour était un séjour de travail pour moi, je lui ai gentiment dit que, non, déjà trois fois, c’était une bien belle preuve d’amour, et que bon, les scènes tournées en IMAX je m’en fichais pas mal, du gadget tout ça.
Il s’est donc gentiment pris une place pour lui une fin d’après-midi.

Et puis, avant la séance de Blade Runner dans le même cinéma, ils ont eu la bonne idée de passer la bande-annonce de The Dark Knight. Bande-annonce que j’ai vue je ne sais combien de fois, et qui ne m’a jamais provoqué autre chose qu’une sorte d’ennui poli.
Et là, je ne sais pas ce qui se passe, sur l’écran géant, tout prend une autre forme. Les éclairages me semblent plus beaux, les plans mieux composés, certains plans m’émeuvent presque… A la sortie, trop content de m’entendre émettre ces compliments, mon cher et tendre me demande si je souhaite l’accompagner. Après un moment, sans trop y croire moi-même, j’accepte.

Je coupe court au suspense : non, je n’ai pas changé mon avis sur le film et je ne lui mets pas 6 étoiles brillantes.
Mais je dois avouer que j’ai pris trois fois plus de plaisir à cette vision-là qu’aux trois autres.

La projection déjà, écran géant, son parfait… Et, donc, quelques scènes spécifiquement tournées en IMAX (avec un format et une résolution bien particulière, pour plus d’informations voir l’article IMAX sur Wikipédia). Dont la première. Avec ce premier plan sur des immeubles. Avec cette descente. Avec toute cette scène dans la banque qui est une des meilleures du film. Bref, tout ça pour dire que dès ces premières secondes, j’avoue que je suis plongée dans l’action comme jamais, et que je me suis surprise à m’amuser.
Par la suite, c’est ça qui ressortira le plus : le film peut finalement être, dans les conditions optimales, un excellent divertissement.
Seul regret en fait : que toutes les scènes n’aient pas été tournées en IMAX. Celles qui le sont ont, je trouve, une grosse valeur ajoutée en termes de composition de plans et de cadrage.

Pour le reste, eh bien, pas de miracle : ce qui est génial (Heath Ledger) l’est encore plus, ce qui est ennuyeux (Christian Bale) l’est un peu plus aussi.
J’ai toujours autant de mal avec la voix de Batman.
Avec l’illisibilité du déroulé de l’action, parfois (le truc avec les policiers dont les proches sont à l’hôpital, par exemple, assez difficile à saisir).
Avec les gros plans peu flatteurs sur le visage de Maggie Gyllenhaal.
Avec la scène des deux bateaux, écrite sur une vieille Remington avec des gants de boxe et montée avec un stabilo à la main, tellement c’est d’une finesse, mais alors d’une finesse…
Avec quelques détails trop invraisemblables alors que tout le reste prend le soin, avec tout le sérieux du monde, d’être « réaliste ».

Le Joker comme toujours est simplement fascinant. J’en profite pour émettre quelques réserves sur le jeu d’Heath Ledger dans les « petites vidéos » ; je trouve son jeu, dans ces moments-là, trop fabriqué, on voit les ficelles, on voit l’acteur qui en fait trop. J’ai appris que ces scènes, ils les avait tournées lui-même, ce qui est à mon avis une fausse bonne idée. Rares sont les acteurs qui sont aussi bons en roue libre que bien dirigés.
Pendant le reste du film, il est tout simplement exemplaire, avec la fougue d’un enfant qui s’amuse, et qui s’amuse encore plus en voyant ce qu’il arrive à faire. Du jeu. Pur et dur.

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