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Ron Howard n’est pas le plus passionnant des réalisateurs, c’est certain. On a plutôt tendance à qualifier ses films d’adjectifs relativement plats du genre « gentils », « sympas », « honnêtes ».

Frost / Nixon est un film sympa et honnête, mais pas tout à fait gentil. Il y a un certain mordant dans le propos, une certaine tension entre les deux personnages du titre qui, je trouve, est tout à fait bien rendue. En cela, j’ai été agréablement surprise. Je m’attendais plutôt à quelque chose d’assez fade, mais je me retrouve à trouver ça moins plat que le dernier opus d’Oliver Stone (W, l’improbable président)… Où va-t-on ?

Les deux acteurs principaux (Frank Langella et Michael Sheen) sont  très très bons ; ils reprennent chacun les rôles qu’ils ont longtemps tenus sur scène, dans la pièce originale, et selon moi c’est une des grandes forces du film : on n’est plus dans l’interprétation mais dans l’incarnation, ce qui transforme tous les enjeux. Les seconds rôles suivent le rythme (Sam Rockwell mais surtout Kevin Bacon, que je trouve incroyable). Un seul bémol pour le personnage de la jolie et talentueuse Rebecca Hall, qui ne sert vraiment pas à grand-chose et n’a pas grand intérêt.

Évidemment, le côté « fait réel » (interviews de Richard Nixon par un « journaliste » de talk show) aide. Evidemment aussi, on ne peut pas dire que la mise en scène soit époustouflante.
Mais au moins, Howard sait s’effacer et se faire humble derrière ses images, ce qui après tout n’est pas si désagréable.

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