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Richard Curtis, c’est Quatre mariage et un enterrement, c’est Love Actually, c’est donc à mes yeux synonyme de comédie sentimentale réussie.

Ici, il choisit plutôt la voie de la chronique d’une époque révolue, celle des radios pirates qui diffusaient du rock en Angleterre, à la fin des années 60. Ce thème est un peu plus clairement évoqué dans le titre original, The Boat that rocked (je ne ferai pas de commentaire supplémentaire sur l’absurdité de nos traductions).

Comme d’habitude, il fait passer son histoire par le prisme d’une multitude de personnages. Ici, des rebelles, des amoureux du rock, vivant en autarcie sur un bateau : en bref, des personnages censés être hauts en couleurs. Malheureusement, c’est là le plus gros défaut du film : Curtis s’échine à nous montrer ses héros, combien ils sont « cools », combien ils sont libres, et échoue sur toute la ligne. Face aux animateurs, le contraste se veut fort avec les réactionnaires interprétés par Kenneth Brannagh, toujours aussi mauvais, et Jack Davenport, pourtant excellent dans Le Talentueux Mr Ripley et même dans la série des Pirates des Caraïbes. Leurs personnages sont mal écrits, et les scènes dans lesquelles ils apparaissent entrecoupent trop le récit, au point de le déséquilibrer et de le dérythmer.

A la tête des gros reproches que je ferais au film, c’est son interprète principal, le jeune Tom Sturridge, qui a autant d’expressivité qu’un cocker noyé et autant de charisme qu’un bigorneau grillé. Sa « copine » est d’ailleurs tout aussi gratinée, avec son sourire tout-en-dents affligeant. Les préoccupations de ce jeune homme sont au centre du film et sont malheureusement aussi peu originales que mal intégrées au reste.

Ce qui surnage, ce sont quelques acteurs qui s’en sortent : Philip Seymour Hoffman bien sûr, mais aussi Nick Frost, et dans une moindre mesure Rhys Ifans et Bill Nighy.
Et puis, surgie de la mer, pas dans une conque mais presque, il y a l’apparition January Jones. Je l’avais déjà repérée dans Trois enterrements (alors qu’elle jouait déjà dans Full Frontal, Anger Management ou encore le sus-cité Love Actually), et là, malgré un rôle insipide, elle brûle la pellicule d’un charme ‘girl next door’ assez déroutant… Une raison de plus de se mettre à la série télé Mad Men, où elle interprète apparemment l’un des rôles féminins principaux…

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