
Christine Brown a tout d’une fille foncièrement adorable, avec sa petite bouille ronde, sa petite mèche tendrement bouclée, ses petits chemisiers tendres, et son empathie envers les clients de la banque pour laquelle elle travaille, lorsqu’ils remettent leur vie entre ses petites mains et lui demandent un prêt, qu’elle leur accorde, avec bonté.
Seulement voilà, derrière tout ça, Christine a aussi un passé de petite fermière dodue mal dans sa peau, une mère alcoolique qu’elle ne voit plus, un père décédé, un petit ami bien sous tous rapports mais dont les parents rêvent d’une autre femme pour leur fils, et surtout, un travail où, selon elle, elle n’est pas vue à sa juste valeur.
Ainsi, lorsque s’offre, de manière très claire, devant elle, le choix entre la gentillesse trop brave ou la réussite qu’elle croit avoir l’ambition d’atteindre, Christine fait un choix. Le mauvais, bien évidemment.
Dès lors, Cliquez si vous ne craignez pas les spoilers
Sam Raimi se fait plaisir, dès le début, avec ses écrans Universal à l’ancienne, et des scènes horrifiques à bases de monstres en flash, de matières gluantes, de sang qui jaillit, et j’en passe. Beaucoup de scènes font aussi rire que peur. Mais voilà : moi je n’y peux rien, tout ça m’effraie beaucoup, j’ai donc adopté, pendant plusieurs scènes, la feinte du « regardons plutôt le haut du siège de mon voisin de devant ». Ce qui ne m’empêche pas d’avoir sursauté, planté mes ongles dans tout ce qui m’entourait, et avoir eu le sang glacé plus d’une fois.
Mais il n’y a pas que ça, je crois. Oui, on peut voir dans tout ça une débauche de scènes d’horreur à la limite du grand-guignol, un seul but de divertissement pur et dur. Mais quand même… Ce personnage de Christine Brown est sacrément singulier. Je pense en particulier au fait que les manifestations de « Lamia » arrivent toujours à un moment particulièrement inopportun (avec le patron de la banque, avec les parents de son copain…). On peut y voir la manifestation physique d’une névrose (je suis trop gentille, mais au fond je suis mauvaise) déclenchée par ce « mauvais choix », choix par ailleurs relativement anodin dans la vie courante d’une banquière, mais trop insupportable pour Christine Brown. Dès lors, toutes les épreuves qu’elle traverse ensuite sont autant de punitions qu’elle s’inflige à elle-même. Cliquez si vous ne craignez pas les spoilers
Le final, Cliquez si vous ne craignez pas les spoilers
Alison Lohman (Les Associés, Big Fish…) est excellente, comme d’habitude, et le rôle semble presque écrit pour elle. Justin Long, dont j’avais déjà parlé pour Ce que pensent les hommes, est à mon sens toujours aussi chevalin et mollasson, sans pour autant être mauvais. Quant à Lorna Raver, elle est absolument ter-ri-fiante dans le rôle de Mrs Ganush…
Bien sûr, je ne reverrai jamais ce film ! brrrrrr
3 commentaires à “Jusqu’en enfer (Sam Raimi)”






J’aime bien ton idée du lamia/monstre intérieur mais il apparaît aussi à d’autres moments plus banals quand elle est seule chez elle (et moi je me remets pas du poster « baby hang on »); même avis que toi sinon, le ton est donné dès le générique à l’ancienne et ensuite c’est pas mal beurk mais aussi drôle !
Oui, c’est vrai ; alors en fait pour moi, ce moment lui donne l’occasion de saccager sa jolie maison, autre « témoin » des bons côtés de sa vie… Un moyen de montrer « à l’extérieur » ce qui se passe en elle : un vrai capharnaüm, puisqu’après le passage du lamia chez elle, même son intérieur propret est devenu un champ de bataille.
Enfin bon c’est tiré par les cheveux, sûrement.
Bah je préfère largement cette interprétation que la fumette « film gauchiste » lue sur le forum !