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En 1916, Bill, ouvrier dans une fonderie, sa petite amie Abby et sa sÅ“ur Linda quittent Chicago pour faire les moissons au Texas. Voyant là l’opportunité de sortir de la misère, Bill pousse Abby à céder aux avances d’un riche fermier, qu’ils savent atteint d’une maladie incurable. Mais Abby finit par tomber amoureuse du fermier, ce qui déjoue les plans de son frère… [résumé Wikipedia]

Dernier film de Terrence Malick qui me restait à voir (avant la sortie, probablement en 2010, de son cinquième long métrage, The Tree of Life), je me sens devant Les Moissons du ciel un peu comme devant La balade sauvage : je trouve ça beau, j’ai la sensation que c’est profond mais je n’arrive pas à voir en quoi. C’est une sensation assez désagréable, à vrai dire.

A force d’entendre parler de la puissance des films de Malick et de leur forte poésie évocatrice, mon attente a peut-être été déplacée. En effet, il me serait difficile de « m’emballer » sur un film dont le propos et le charme sont aussi diffus.

En revanche, indéniablement, les points forts sont la mise en scène, très belle et délicate, et la composition de la plupart des plans sur les champs, ou même sur les machines agricoles, digne de grands maîtres de la peinture.
De plus, Malick réussit à faire passer des choses très ténues, comme la lourdeur des épis de blés sous le vent, comme le bruit de grignotage des sauterelles, ou comme le bonheur calme qui se dégage de l’intérieur de la maison du fermier.

Du côté des personnages, c’est probablement du côté de ce « fermier » (jamais nommé autrement) interprété par Sam Shepard, promis à une mort lente, que l’on craint d’abord comme grand patron de l’exploitation, et qui s’avère être un homme seul, blessé mais extrêmement sincère. Richard Gere hérite en revanche du personnage antipathique par excellence ; Brooke Adams dans le rôle de sa fausse sÅ“ur est discrète mais très bien, et la jeune Linda Manz (qu’a-t-elle fait depuis ?) est assez touchante dans le rôle de la vraie petite sÅ“ur.

Plus qu’un vrai coup de coeur, c’est donc plus un sentiment vague qui me reste, celui des champs de blés au soleil, celui d’un incendie dévastateur, celui du vent dans les rideaux, celui des pieds dans l’eau dans un ruisseau. Ce qui, je dois l’admettre, est plutôt réussi pour un film intitulé Days of Heaven.

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