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Adaptation d’un court roman de Neil Gaiman, Coraline est un film d’animation réalisé par l’auteur des deux excellents L’Etrange Noël de M. Jack (eh oui, Tim Burton n’en est que producteur et scénariste) et James et la pêche géante.

Le roman était déjà un peu sombre, avec des côtés relativement terrifiants, et le film s’engouffre dans cette brèche : film d’animation certes, mais pour lequel il faut être prudent si on veut y emmener de trop jeunes enfants.

L’histoire est celle de Coraline, petite fille en train de quitter l’enfance qui se retrouve, après un déménagement avec ses deux parents, un peu délaissée par ces derniers. Son esprit cynique et son sens aigu de la critique la poussent à remettre tout son entourage en question. Elle découvre alors, en explorant la maison, un double de ses parents, dévoués, attentifs, parfaits, à un détail près : ils ont, comme les poupées de chiffon, des boutons à la place des yeux.

La force de ce conte, et c’était déjà celle de l’Å“uvre de Neil Gaiman, c’est toute la symbolique de ce deuxième monde. C’est la petite fille en Coraline qui crée cet univers parfait (sur le papier) ; c’est l’adulte en elle qui lui donne la force de refuser cette toute-puissance du désir.

A côté de cela, visuellement, Coraline est merveilleusement soigné, avec cette animation en stop-motion et, pour les plus chanceux, un effet 3D (que, pour avoir expérimenté, j’ai trouvé assez époustouflant, mais largement moins que pour La Légende de Beowulf, par exemple, et qui, je trouve, pose parfois des problèmes de fluidité, avec quelques mouvements saccadés).

Le film suit un véritable crescendo, très bien contrôlé, et la dernière partie, celle du « jeu » entre Coraline et son « autre mère » est vraiment haletant, et esthétiquement sublime (je pense en particulier à l’évolution et à la destruction de l' »autre monde »).

Je regrette néanmoins, par rapport au livre, l’ajout du petit garçon, qui à mon sens n’a guère d’utilité, et sans lequel Coraline s’en sortait très bien. Le vrai personnage secondaire fascinant c’est le chat, qui est à mon sens la meilleure réussite de Henry Selick. Son apparence est parfaite (noir, efflanqué et pelé) et sa voix (en VO, Keith David) est granuleuse et envoûtante à souhait.

Du côté du casting vocal justement, Teri Hatcher est plutôt très bonne dans le rôle des deux mères, mais j’ai eu un peu de mal à accrocher à celle de Dakota Fanning, avec son fort accent américain, accentuant peut-être un peu trop à mon goût le côté « pestouille » de Coraline au début du récit.

Mais malgré ces petits défauts, je trouve le film vraiment très réussi, entre l’émerveillement et le frisson, avec un certain charme qui se dégage de cette technique d’animation, et puis, le chat, aaaah, le chat…

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