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Roumanie, 1941. Une troupe de soldats allemands est envoyée pour garder une mystérieuse forteresse dans un village perdu. Appâtés par ce qu’ils croient être une matière précieuse, certains d’entre eux laissent échapper une terrible force occulte et destructrice : plusieurs soldats sont tués dans des circonstances inexplicables. Une garnison SS arrive alors pour trouver le coupable et l’anéantir, même si pour cela il faut sortir un professeur juif des camps, le Dr Cuza.

La Cinémathèque Française organise du 2 au 26 juillet une large rétrospective Michael Mann. Ce serait mal me connaître que de croire que j’irais voir ce film de ma propre initiative, alors que je suis relativement hermétique au travail de ce réalisateur et que La forteresse noire n’est pas réputé comme étant son meilleur. Mais enfin…

On est donc ici en effet devant un objet totalement étrange, totalement orienté vers le fantastique, là où par la suite Mann s’est davantage penché sur le réel.
L’âge du film (très daté par la BO signée Tangerine Dream), le manque de moyens et l’obligation de couper de longues scènes à de nombreux endroits font que l’ensemble a très mal vieilli, et que certains effets ont l’air totalement ridicules : ralentis sur fond lumineux, avec fumée à l’appui, artefacts improbables, aspect final du monstre…
Par ailleurs, on retrouve ce qui fait pour moi les défauts de Mann en tant que scénariste (et ce qui fait que mon film préféré de lui, Collateral, est justement le seul qu’il n’a pas écrit) : une écriture lâche (au sens relâchée, diluée), peu d’actions ou d’enjeux auxquels se raccrocher, quelques dialogues intéressants mais faussement aboutis… Ce qui produit chez moi un ennui certain et lancinant. Ceci dit, pas plus ici que pour Heat ou Révélations.

Ce qui a réussi à me tenir éveillée, ce sont : Gabriel Byrne, assez fascinant dans son rôle de SS monolithique ; Jürgen Prochnow, personnage plus intéressant (le soldat allemand dont la vision et le comportement évoluent) ; et quelques très belles scènes cinématographiquement parlant (ce mouvement arrière dans la « grotte »).

Malheureusement, le personnage interprété par Scott Glenn est assez mal amené, ainsi que sa relation avec Eva Cuza, personnage féminin absolument pitoyable, interprétée par Alberta Watson, une jeune actrice lisse aux grands yeux, sorte de Sean Young au rabais. La plupart des moments les plus ridicules se situent à leur niveau.
Quant à Ian McKellen, dont la carrière cinématographique était encore à ses balbutiements, il serait difficile de s’aveugler au point de ne pas voir son surjeu, ses yeux écarquillés et ses mouvements trop forcés.

Reste dans le fond un questionnement intéressant, quoique basique, sur l’inhumanité, le mal, dans une relation explicite à l’holocauste.

Avec tout ça, je ne sais toujours pas si je vais me forcer à aller voir Public Enemies



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