Série diffusée depuis janvier 2008 sur la chaîne américaine HBO (et dont la saison 1 a été diffusée en France sur Orange Cinémax), « In Treatment » (« En analyse », en VF) a raflé les nominations et les prix, dont un Golden Globe pour son interprète principal, Gabriel Byrne. L’un des producteurs n’est autre que Mark Wahlberg, qui produisait déjà « Entourage ».

C’est l’adaptation d’une série israélienne (« BeTipul »). Le principe est simple mais relativement déroutant : il s’agit de suivre des séances de psychanalyse menées par un thérapeute, le Dr Paul Weston (Gabriel Byrne, qui est le seul à être de tous les épisodes).
Une semaine de diffusion sur HBO était constituée de 5 épisodes de 25 minutes, 4 suivant la séance de l’un des patients choisis, et le dernier suivant la séance d’analyse du thérapeute lui-même.

La saison 1 contient ainsi 43 épisodes, et 6 personnages principaux, en dehors du Dr Paul Weston lui-même.

Les personnages

in_treatment_laura.jpg
Laura / Melissa George

Le lundi, on suit les séances de Laura, jeune infirmière charmante et provocante, et apparemment très amoureuse de Paul.

in_treatment_alex.jpg
Alex / Blair Underwood

Le mardi c’est au tour de Alex, jeune pilote arrogant et sûr de lui, pourtant fraîchement revenu d’Irak après avoir massacré un groupe d’enfants lors d’un tir sur une école.

in_treatment_sophie.jpg
Sophie / Mia Wasikowska

Le mercredi, c’est Sophie, adolescente investissant toute sa vie dans la gymnastique, soudainement plâtrée des deux bras suite à un accident de vélo assez grave.

in_treatment_jake_amy.jpg
Jake / Josh Charles & Amy / Embeth Davidtz

Le jeudi arrivent Jake et Amy, couple marié en conflit permanent,  d’autant plus depuis que madame attend un enfant dont elle ne veut pas, et que monsieur n’arrive pas à la comprendre.

in_treatment_gina.jpg
Gina / Dianne Wiest

Enfin, le vendredi, Paul se rend chez Gina, son ancien mentor, afin d’y voir plus clair dans son travail auprès de ses patients, mais aussi dans sa vie privée.

Un concept ennuyeux ?

La formule de diffusion de HBO (un épisode par soir de la semaine) permettait de suivre son patient préféré si on le voulait ; mais l’audience a été difficile à conquérir : en effet il y a néanmoins un récit global, en particulier autour de Paul, mais un épisode tous les soirs constitue une contrainte évidente.

On pourrait croire aussi qu’un tel sujet et une telle mise en scène sont rapidement ennuyeux. En effet, il y a très peu d’action, et tout se fait essentiellement par le dialogue. Pourtant, la série se suit très facilement et peu vite devenir fascinante, pour peu que l’on soit intéressé par le fonctionnement humain et par le jeu des acteurs.

Le jeu des acteurs

A cet égard, c’est une véritable réussite. Gabriel Byrne tout d’abord, qui incarne ce personnage fascinant avec un talent incroyable. Le calme, le bouillonnement intellectuel et la manière de choisir les mots, la manière de changer les regards, la manière de hocher la tête ou de ne rien dire.
Melissa George, que certains connaissent pour avoir interprété Mrs Vaughn aux côtés de Michael Vartan dans « Alias », est assez idéale aussi dans ce rôle provocateur, cette femme qui est mi-agaçante, mi-émouvante.
Blair Underwood est aussi une sacrée révélation dans un rôle particulièrement difficile.
Mia Wasikowska, dont j’ai déjà parlé, est à mes yeux la plus impressionnante de tous, mélangeant fort caractère, profonde sensibilité et vive intelligence ; ce qui en fait, peut-être, le personnage le plus attachant.
Embeth Davidtz me fait souvent penser à une sorte de Nicole Kidman brune, dans son élocution, son maintien, mais aussi dans sa manière bien particulière de faire passer l’émotion.
Quant à Dianne Wiest, que j’adore déjà d’habitude, elle trouve ici un rôle passionnant, qu’elle incarne avec génie. Tout comme Gabriel Byrne, on jurerait qu’il s’agit de leur véritable profession.

On se demande souvent comment peut se dérouler la direction d’acteurs avec un tel matériau de départ : quelle est la part d’improvisation, s’il y en a une ?

Les écueils principaux : routine et romançage

La série se déroule majoritairement en huis-clos, chez Paul ou chez Gina, mais s’autorise quelques exceptions qui viennent perturber un peu la routine. De plus, quelques personnages secondaires font parfois leur apparition : proches de certains patients, et surtout les proches de Paul : sa femme (Michelle Forbes, une habituée des séries télé), sa fille (Mae Whitman, qui interprétait entre autres la misérable Ann dans « Arrested Development ») ou ses fils. Plus de montrer bêtement que « les psys aussi ont des problèmes relationnels », ces petits événements extérieurs permettent à la série de ne pas trop s’essouffler et de créer d’autres points d’accroche sur le personnage de Paul.

Le récit même des patients est parfois parsemé d’événements, parfois graves, qui viennent bousculer le rythme de la saison, surtout vers la fin.

Il y a malheureusement dans la série un aspect « romancé » de la psychanalyse, dans une volonté, peut-être, de nous montrer les choses, dans un désir voyeur de savoir ce qui se passe dans ce genre de pièce où la parole et le silence sont les mots-clés. Du coup, certaines analyses sont un peu invraisemblables dans leur déroulement, certaines réactions trop explicites, certaines réponses de Paul ou de Gina très surprenantes dans leur manque de neutralité. Malgré tout, la série, quoi que peu joyeuse, est réellement passionnante.
Avec, peut-être, à la clé, des vertus cathartiques : suivre la psychothérapie de ces patients, chercher à les comprendre, nous évite-t-elle de commencer la notre ?

La suite ?

La saison 2 est déjà terminée sur HBO (j’en parlerai après l’avoir vue) et la troisième est en question. Les audiences ont remonté, surtout grâce à la VOD, mais il n’y avait pas de saison 3 dans la série originale, ce qui implique tout un travail d’écriture supplémentaire. D’autre part il semblerait que Gabriel Byrne, du fait de l’implication permanente, exige un salaire supérieur. Mais vu le faible coût de production, espérons que tout cela ne les stoppe pas.

 

Parcourez d’autres billets :