4.png

Avant sa deuxième rentrée à Poudlard, Harry Potter est averti par Dobby, un elfe de maison, qu’il court un grand danger. Souhaitant plus que tout retrouver l’école, qu’il considère comme sa vraie maison, Harry ne prend pas au sérieux ces menaces. Pourtant, dès son arrivée, des événements de plus en plus étranges vont se produire : il entend une voix terrifiante que personne d’autre n’entend, des objets ensorcelés semblent s’en prendre à lui, il se découvre des pouvoirs inconnus et lorsque des élèves se font mystérieusement pétrifier, c’est lui qu’on accuse…

Cet épisode est pour moi, au cinéma, nettement plus faible que le premier, car beaucoup plus axé sur l’action, et du coup plus faible sur les personnages et sur les enjeux, mais qui se sauve par quelques scènes de bravoures réussies.

Le charme de l’introduction est passé ; la construction et la progression du film ne sont plus aussi fluides que dans le premier épisode. Déjà, alors que le livre n’est pas très long, on sent les coupes, on sent les accélérations dans le temps, on ne se repère que grâce à quelques dates (l’anniversaire de Harry, la rentrée, Noël…) qui s’enchaînent sans un réel sentiment d’ellipse.

Au niveau des acteurs, Daniel Radcliffe a déjà grandi deux fois plus vite que ses camarades Rupert Grint et Emma Watson, dont les visages et les voix sont encore très enfantins. Le rôle de Drago se limite à une opposition systématique, peu subtile et Tom Felton s’en sort assez mal, se contentant d’appuyer exagérément les consonnes occlusives (dont le terrible P de Potter, qu’il prononce toujours de la même manière). Alan Rickman n’a rien à faire, vu le faible rôle donné à Rogue, à part peut-être dans la scène des duels – et son ébahissement devant Harry parlant le Fourchelang. Les autres professeurs ne se distinguent pas tellement non plus ; Kenneth Brannagh nous offre une prestation cartoonesque amusante mais encore une fois assez peu subtile. Le vrai nouveau, et de taille, c’est Jason Isaacs dans le rôle de Lucius Malefoy, qu’il interprète avec un certain talent, même si l’écriture du personnage n’est pas encore au rendez-vous. Quant à Christian Coulson, il campe un Tom Jedusor bien faiblard par rapport aux enjeux.

La scène épique finale perd ainsi beaucoup par rapport au livre. Tout est diminué en intensité, depuis le combat avec le basilic avec l’arrivée du phÅ“nix et la découverte de l’épée : tout cela était beaucoup plus haletant et émouvant à l’écrit. Quant à la conclusion autour de Hagrid, elle est démesurément allongée, démesurément tire-larmes, alors qu’il n’y a pas assez de matière pour tirer quoi que ce soit…

Le film se sauve par quelques scènes qui fonctionnent bien et qui surprennent un peu : l’atterrissage de la voiture volante dans le saule cogneur, les mandragores, Ron vomissant ses limaces, et bien sûr la visite chez Aragog et ses copines qui, bien que très peu réalistes, réussissent tout de même à être inquiétantes à souhait. Et puis bien sûr, les premières découvertes des points communs entre Harry et Voldemort, qui, bien que peu appuyées, fournissent les informations minimales pour la suite.

Lire aussi :

Sur les livres :

Sur les films :

Parcourez d’autres billets :