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Lassé de se faire molester chez son oncle et sa tante, Harry Potter décide de quitter le foyer des Dursley plus tôt que prévu. Il sort et tombe sur un bus magique qui l’emmène à Londres. Il apprend peu après qu’un dangereux meurtrier, Sirius Black, s’est échappé de la prison d’Azkaban, et qu’il n’a qu’un seul but : retrouver Harry et le tuer…

C’est certainement, de tous les films de la série à ce jour, celui qui a le plus de style. Depuis les premières secondes jusqu’au générique de fin, cet épisode se distingue de tous les autres par ses choix esthétiques et par sa mise en scène beaucoup plus présente.

C’est étrangement quelque chose qui me dérange pendant les scènes à Privet Drive chez les Dursley (une image un peu trop réaliste à mon goût, un peu trop moderne aussi) mais par la suite, qu’on adhère aux choix ou non, il est indéniable qu’il y a ici une signature et une inventivité très fortes. Même John Williams essaie de se casser un peu la tête pour sa bande originale.

Du côté de l’adaptation, alors que ce tome 3 n’est pas très long (comparé aux suivants) mais l’est néanmoins plus que les deux premiers, on commence à sentir quelques coupes, par-ci par-là. Rien de gênant néanmoins car cette fois, le déroulement du temps est intelligemment marqué (à travers, en particulier, le saule cogneur à travers les saisons, drôle et poétique) et le récit s’articule vraiment bien.

Comme je le disais pour le livre, je suis un peu bloquée par le paradoxe temporel (en effet, si, dans la « première réalité », Harry et ses amis reçoivent des cailloux, cela signifie que la « deuxième réalité » a déjà eu lieu, ce qui est bien sûr logiquement impossible). On est là plus dans le clin d’Å“il, l’artifice amusant, mais c’est dommage, je trouve. L’adaptation n’y est pour rien, évidemment.

La grande réussite de cet épisode, ce sont ses personnages, car David Thewlis est parfait en Lupin, et, bien sûr, Gary Oldman est idéal dans le rôle de « l’infâme meurtrier Sirius Black ». Et puis Rogue. Enfin, il prend un peu plus d’épaisseur et son ambiguïté devient un (petit mais réel) moteur. De manière générale, tous les acteurs semblent bien dirigés et sont moins en roue libre que dans La Chambre des secrets. Les jumeaux Weasley commencent à prendre un peu de temps à l’écran, et le casting est parfait là aussi. Michael Gambon remplace Richard Harris (suite au décès de ce dernier) et interprète un Dumbledore moins débonnaire, mais qui ne s’en adapte que mieux à l’évolution du personnage.

Au rayons des effets spéciaux, les Détraqueurs sont bien faits et glaçants comme il faut, la scène du Magicobus est époustouflante, Buck l’hippogriffe a une vraie présence, et la carte du Maraudeur est fascinante.

En revanche, étrangement, je ne trouve pas ce film tout à fait dans l’esprit des livres… Sans trop savoir à quoi cela tient précisément. En tout cas, beaucoup d’éléments de l’histoire sont sacrifiés, et, si ces manques ne sont pas un handicap pour cet épisode-ci, ils lestent un peu la suite (on ignore Percy Weasley, on fait faire de la magie à Harry dans son lit pendant les vacances sans que cela soit grave, on ne connaît pas les circonstances de la création de la carte du Maraudeur, ni ce qui liait les créateurs, ni qui ils étaient…)

Mon plus gros regret serait que le récit est, à mon avis, moins fort émotionnellement qu’il ne pourrait l’être à certains moments, à cause d’un regard de metteur en scène certes expert mais parfois un peu distant.

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