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Harold travaille dans une entreprise où il s’ennuie et se fait exploiter par ses collègues ; Kumar, étudiant eh chirugie pourtant très doué, refuse de réussir dans cette branche. Tous deux adorent traîner ensemble, au milieu d’un double culte : les drogues douces et le fast food. Au moment où, à la télévision, passe un spot pour la chaîne de burgers « White Castle », ils n’ont plus qu’une idée en tête : se goinfrer de ces burgers, et précisément ceux-là. Mais c’est une longue quête qui commence…

Bon, quand on lit le synopsis, on se dit qu’on a un peu touché le fond.
Mais sous ses dehors de film crétin, Harold et Kumar cache un esprit plutôt malin, et en tout cas au-dessus de la moyenne du genre.

Cela tient à peu de choses. Ses interprètes tout d’abord, inconnus au bataillon ou presque : John Cho, avant cela, avait incarné un bon nombre de trentième rôle, avait trempé dans la série des American Pie ; depuis, on l’a vu dans Star Trek, dans le rôle de Sulu. Quant à Kal Penn, c’est un peu pareil, et son plus grand rôle doit être celui du Dr Kutner dans Dr House. Ils sont tous deux assez convaincants pour le style, et évitent le surjeu de bon nombre de leurs aînés plus connus. C’est peut-être aussi ce qui fait le charme de ces deux personnages : ils sont ordinaires, ce sont les garçons d’à côté, qui ne vont pas chercher bien loin mais qui sont malgré tout sympathiques. A noter quelques guest stars : Neil Patrick Harris (les séries « Dr Doogie », « How I Met Your Mother »), Malin Akerman (La femme de ses rêves, Watchmen), Ryan Reynolds (Blade: Trinity, Amityville, The Green Lantern en 2011, et M. Scarlett Johansson à la ville).

Ainsi, malgré l’indigence du récit et la simplicité frôlant la bêtise de certaines scènes et certains gags (le plus laid étant probablement la scène du guépard), on finit le film avec un sourire. Tout d’abord parce que cette vacuité du synopsis est absolument assumée, et que le film en joue, et ensuite parce que l’esprit qui s’en dégage est vraiment bon, un gentil manichéisme qui n’en fait pas trop, qui se permet d’être malicieux, et qui fait qu’on est réellement contents pour les personnages. Le film parie sur eux et l’empathie des scénaristes est contagieuse. A mille lieues du « film méchant », Harold et Kumar se sauve par cette folle sympathie ambiante.

Évidemment, « sympa » ne suffit pas.
Mais enfin, c’est suffisant pour avoir envie de jeter un Å“il, à l’occasion, à la suite : Harold et Kumar s’évadent de Guantanamo. A noter qu’un troisième volet se préparerait, intitulé A Very Harold & Kumar Christmas (Un Noël très Harold et Kumar).

[Le film n’étant pas sorti en France, contrairement à sa suite, je le classe à son année de production, 2004.]

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