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Un jeune lycéen allemand rencontre fortuitement une femme plus âgée que lui, avec laquelle il va entamer une relation passionnelle. Fruste et parfois dure, la femme a pourtant la particularité de demander à son amant de lui faire la lecture. Mais lorsqu’elle se voit proposer une promotion à son travail, elle disparaît de la circulation.
Quelques années plus tard, le jeune homme, devenu étudiant en droit, retrouve cette femme, au tribunal…

[On a donc un roman allemand, Der Vorleser, traduit en français par Le liseur, et on prend comme titre de VF l’anglais The Reader. Tout va bien. – fin de l’aparté]

De Stephen Daldry, après Billy Elliott et The Hours, je m’attendais à quelque chose de très lacrymal, voire de très romantique. Je n’ai pas lu le livre de Bernhard Schlink, et je ne connaissais quasiment rien de l’intrigue. J’ai d’ailleurs eu longtemps du mal à associer le personnage interprété par Ralph Fiennes au reste de l’histoire.

Ce qui est frappant, c’est l’austérité générale du film. Au début, c’en était presque crispant : comme si on ne pouvait pas filmer l’Allemagne avec autre chose que des couleurs ternes, du gris, de la pluie ?
Finalement, je pense que ce n’est pas le propos, même si la coloration historique est très importante, et très bien rendue.
Ici, à l’instar du personnage de Kate Winslet, qui semble se refuser à toute mièvrerie, voire à toute émotion, le film joue avec ce caractère un peu âpre : on attendrait des larmes, on attendrait du drame, des grands sentiments ; mais dans cette histoire il n’y a de la place que pour la gorge serrée et les sentiments étriqués, les actes petits.

Inutile d’en attendre un pamphlet pour la lecture ou une histoire d’amour déchirante car vraiment, on n’est absolument pas dans ce domaine. Il s’agit plutôt de voir des personnages dans leurs petites lâchetés, dans leurs grandes trahisons, dans leurs petites et grandes lacunes de savoir ou de savoir-être, comme on dit.

Comme je ne m’attendais pas à cela, je ne peux pas dire que j’ai été emballée par le film, puisqu’il n’y a pas matière à s’emballer ; malgré tout, il y a ici quelque chose d’assez inhabituel, d’un peu décalé, d’assez dur, qui suscite un intérêt étrange. Je n’ai néanmoins aucune envie de le revoir prochainement…

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