Inglourious Basterds (Quentin Tarantino)

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C’est la seconde guerre mondiale. Le colonel allemand Hans Landa arrive à la ferme d’un brave français, à la recherche des Dreyfus, une famille juive qu’il s’est promis de retrouver. Après un habile bras de fer dialogué, Landa se voit confirmer ce qu’il savait probablement déjà et fait massacrer la famille Dreyfus, épargnant involontairement la jeune Shosanna, témoin de la scène, qui « réussit » à s’enfuir.
Ailleurs en Europe, le lieutenant  Aldo Raines forme un bataillon de soldats juifs-américains spécialisés dans la recherche et l’exécution de nazis… Leur chemin va, au gré des hasards, rejoindre les projets de vengeance de Shosanna.

J’ai très peu aimé Boulevard de la mort. Kill Bill volume 1 m’agace, et le volume 2 me convainc davantage, sans m’emporter.

Quand j’ai vu la bande-annonce de Inglourious Basterds, avec ses fautes d’orthographes volontaires au titre et son festival Brad Pitt en mode « démonstration des deux trucs que je sais faire en tant qu’acteur », j’ai franchement eu si peur que je n’attendais absolument rien de ce film, persuadée que j’allais détester. J’avais même oublié qu’il avait eu un prix (d’interprétation) à Cannes ; je m’étais dit que j’irais quand même, par cette sorte d’obligation qui nous lie à certains réalisateurs dont on aime beaucoup certains films (pour ma part, mon préféré de lui, Jackie Brown.)

Cette première scène a alors commencé et j’ai été fascinée, immédiatement, par cet homme, Christopher Waltz, qui interprète le colonel Landa. Incroyable de précision, formidable diction dans toutes les langues, plaisir évident à jouer, ce plaisir se mêlant à celui de son personnage, qui se délecte de tout, toujours en avance sur tout le monde, ou presque. Et puis, cette première scène contenait aussi ce que je préfère chez Tarantino : cet amour du détail, ces petits objets dont on peut réellement sentir la TEXTURE à travers l’écran. Peu de réalisateurs arrivent à me faire ressentir ça, et j’ai été ravie que ça se produise à nouveau (après le milkshake à 5$, le cheeseburger, le sac de billets…) avec cet écritoire, que Landa déplie précautionneusement, avec cette plume, avec ce verre de lait aussi. Première scène admirable, qui à elle seule m’avait déjà entièrement conquise.

Finalement, on voit assez peu Brad Pitt, et c’est tant mieux. Certaines scènes sont vraiment très réussies, mais jamais plus que lorsque Waltz est de la partie. La scène du strudel est absolument délectable – et là encore, quelle texture, quel effet concentré dans une simple pâtisserie… Le jeune Michael Fassbender (Angel, Hunger, Eden Lake) est charmant et talentueux comme toujours, et dans cette scène épique de la taverne, il ne manque qu’une chose : Christopher Waltz.

Et puis il y a tous ces petits détails autour des langues, que je trouve très habiles et vraiment plaisants, à la limite du parodique (puisque, en général, dans les films américains, tout le monde parle anglais, même dans la préhistoire). Dès la première scène, le passage à l’anglais est déjà amené de façon amusante, puis c’est Diane Kruger qui lance une petite pique aux américains sur leur seule maîtrise de l’anglais, ainsi que les terribles accents italiens de Brad Pitt et de ses amis, en face d’un Landa brillamment provocateur.

Je ne partirai pas dans le débat autour de la violence (je la trouve parfois inutile) ni surtout dans celui du révisionnisme qu’on reproche au film :  il est selon moi évident que tout cela se déroule dans une sorte de dimension parallèle, et l’Histoire n’est certainement pas l’intérêt ici, elle sert davantage de prétexte et de toile de fond prise comme un patrimoine commun à la plupart des spectateurs, afin de jouer plus facilement sur les références. Au fond, tout ça n’est simplement que l’illustration de ce principe à la fois beau et naïf : que le cinéma peut changer le monde, pris ici au sens propre, avec cette célèbre pellicule inflammable du début du vingtième siècle, utilisée comme bombe à attentat. Cela étant, le traitement des personnages historiques (et pas des moindres) est, je trouve, assez puéril et très faible.

Alors voilà, je n’aime pas tout ; et malheureusement, Shosanna (Mélanie Laurent) ne m’intéresse que moyennement, c’est un personnage que je trouve assez faible par rapport au reste, et la tentative de Tarantino d’en faire une icône (par cette scène de préparation-maquillage-costume) ne fonctionne absolument pas sur moi, je trouve tout très fabriqué, à l’image des derniers films du réalisateur. Diane Kruger est pas mal, pas mal du tout même, mais rien de spécialement mémorable.
Mais cette découverte de Christopher Waltz, et ce chant d’amour au cinéma et à l’Europe m’ont complètement enthousiasmée.

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3 commentaires à “Inglourious Basterds (Quentin Tarantino)”

  1. Beaucoup aimé aussi alors que comme toi j’en attendais pas spécialement grand chose, j’avais trouvé Death Proof correct mais chiant et complaisant… Ici Christoph Waltz est en effet top, et j’ai aimé plein d’autres choses (le commando des basterds en lui-même, tous les délires de langues) par contre Mélanie Laurent, que je ne connaissais pas, ne m’a pas convaincue non plus…

  2. Bon ben tout pareil de bout en bout. Et c’est vrai que comme pour le Milk Shake de Pulp Fiction en sortant du film je voulais un apple Strudel.
    Un gros coup de coeur aussi dans ce film pour Eli Roth. Je ne sais absolument pas pourquoi mais j’ai adoré son personnage sa prestation, j’avais envie de le voir plus à l’écran.

  3. Alors chuis d’accord avec la première partie d’vot’texte. [ bien que je rouve que Brad Pitt vaille mieux que ce tu en dise] le jeu hyper respectueux des langues, Waltz évidemment…

    Mais même Laurent je l’ai trouvée pas mal du tout. C’est pas la transcendance du personnage féminin tarantinesque, mais j’aime quand même son personnage qui sert également de charnière au récit [charnière moins capitale que Landa, certes], mais j’ai bien kiffé ses motivations… A voir peut-être dans une version longue hpothétique où elle a plus de scènes [dont celles avec Maggie Cheung] et avec un peu de chance plus de corps.

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