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Dans l’Angleterre de 1939, Ms Pettigrew est une gouvernante d’un certain âge, sans le sou. Quand elle perd son emploi, elle a un réel besoin de pouvoir de nourrir, se loger. Par audace et suite à quelques mensonges, elle se retrouve secrétaire mondaine d’une jeune comédienne débutante, Delysia Lafosse, et se trouve plongée dans un monde de frivolité et de luxe dans lequel elle s’efforce de se fondre.

Inutile de vous préciser pourquoi j’ai tenu à voir ce film après coup. Le rôle principal est plutôt tenu par Frances McDormand, qui incarne donc le personnage éponyme ; mais Amy Adams y interprète la frivole mais attachante Delysia Lafosse, actrice et chanteuse.

Le film n’est pas fantastique, mais gagne énormément par ses interprètes, justement. Frances McDormand, toujours très bonne, ne fait pas exception ici dans ce rôle qui connaît une jolie évolution. Elle y est drôle et touchante, et fonctionne en miroir de toute l’action, que l’on ressent à travers ses yeux. Ciarán Hinds – un de ces acteurs dont on connaît par coeur le visage sans connaître leur nom – y est aussi très bien, et les deux personnages, plus mûrs que les autres, tissent une belle relation, crédible et attachante, même si le film ne s’appesantit guère sur leurs états d’âme.
Il y a aussi Mark Strong, meilleur ici que dans Sherlock Holmes, bien que tout aussi caricatural parfois dans ce rôle du futur mari arrogant. On voit aussi Shirley Henderson, que l’on connaît surtout à travers son rôle de Mimi Geignarde dans les Harry Potter, qui est ici dans un rôle assez ingrat, un peu détestable, qu’elle assume parfaitement, et, du coup, le rend assez beau. Et puis il y a Lee Pace, que j’avais découvert et beaucoup apprécié dans The Fall, et qui s’avère décidément très doué pour ces personnages passionnés et inflexibles. Il fonctionne très bien avec Amy Adams. Cette dernière est, comme d’habitude, virevoltante, émouvante, pétillante, sensible, et même si ce n’est pas son meilleur rôle, elle reste toujours fascinante dans sa capacité à incarner des personnages sans arrière-pensée, qui sont toujours dans l' »ici et le maintenant ».

On pourrait reprocher au film son manque d’ambition. Avec un tel sujet, une telle période (juste avant la Seconde Guerre Mondiale), et de tels personnages, on pouvait presque faire une fresque, ample et bouleversante. Le film se veut plutôt léger, mais parfois, on reste un peu sur sa faim.
Mais il y a un rythme assez soutenu (tout se déroule sur quelques jours à peine), et un petit parfum suranné qui flotte, sans pour autant que ce soit poussiéreux.

Et puis, quelques moments restent très émouvants ; je chéris tout particulièrement cette scène musicale, où Amy Adams chante (elle-même bien sûr) If I Didn’t Care et où on voit le personnage s’émouvoir de la chanson qu’il est en train de chanter et ainsi, faire avancer sa vie intérieure. Ce moment est particulièrement bien réalisé, avec un petit mouvement de caméra circulaire et des contrechamps bien choisis sur les personnages secondaires. Presque un moment de comédie musicale pure et dure, comme je les aime, et qui marche sur moi à 100%.

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