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Un professeur d’université se trouve confronté à une profonde solitude après avoir perdu l’amour de sa vie au cours d’un accident.

Forcément, vu que le réalisateur est un styliste, on entend et lit partout que le film est « très beau, mais c’est tout » ou « très esthétique, très esthétisant, mais un peu vide ».

Je trouve qu’il est bien plus que ça, et pas vide du tout. Déjà par son ambiance générale, aidée par les décors et la reconstitution d’un Los Angeles dans les années 60, avec ce que ça peut avoir de crépusculaire, à la fois plein d’espoir et déjà en pleine décrépitude.

Et puis le film, dans son déroulement, fait souvent penser à un (mauvais) rêve éveillé, mêlant moments de la réalité, souvenirs de l’homme aimé, et instants flashs surréalistes avec des proches ou des inconnus.

Colin Firth, dont je ne fais pas partie des (nombreux) détracteurs déjà d’habitude, est assez impressionnant dans ce rôle. Il a ce qu’il faut de flottant, de déstabilisé, tout en gardant une prestance d’apparat toute britannique, sous laquelle on sent malgré tout brûler le désir ou le désespoir. Tout est centré sur lui, et on sent un regard empathique (mais parfois amusé) sur ce beau personnage.

Julianne Moore est, je trouve, un peu moins crédible mais joliment utilisée, et son personnage est à la fois exaspérant et attachant. Le jeune Nicholas Hoult (dont je découvre à l’instant seulement qu’il interprétait le rôle du petit garçon dans Pour un garçonAbout A Boy) est tout à fleur de peau, à la fois timide, fougueux et sensible. Jon Kortajarena et sa plastique impressionnante ont droit à une très belle scène sur un parking, peut-être l’un de mes moments préférés du film. Et enfin, Matthew Goude, dans le rôle de l’amour disparu, est bien meilleur qu’il ne l’était dans son terrible interprétation d’Ozymandias dans Watchmen. Il est même très très bon ici. La scène de leur rencontre est très réussie, à l’image de tous ces moments du film où les corps parlent plus fort que les personnages eux-mêmes.

Le film n’a jamais peur de partir dans des errances aux contours mal définis ; et ce flou, ce flottement, est probablement ce qui me plaît le plus.

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