4-5.png

Un groupe de personnages tourmentés par des monstruosités plus ou moins intenses, des névroses plus ou moins profondes, des crimes plus ou moins graves. Trois soeurs, Joy, Trish et Helen, les relient.

J’ai voulu voir ce film qui, aujourd’hui, a plus de dix ans, suite à la vision de la bande-annonce du dernier film de Todd Solondz, Life During Wartime (et que j’ai vu depuis, et dont j’espère vous livrer un petit avis avant 10 mois). J’avais enregistré Happiness il y a longtemps, à l’époque où les VHS étaient encore une merveille du quotidien (associées à un bon abonnement satellite).  Mais, connaissant vaguement le genre et l’ambiance du film, je n’avais jamais trouvé le courage de le regarder.

Certes, c’est sombre, c’est cynique, et c’est, parfois, volontairement et gratuitement provocateur. Les personnages sont tous plus misérables (et méprisables ?) les uns que les autres.
Le film a un peu vieilli, et ce qui pouvait paraître atrocement choquant en 1997 est désormais de l’ordre du commun (ce qui n’est pas forcément une bonne chose, cela dit). On n’est pas non plus dans du Larry Clark.
Mais, étrangement, ça ne m’a pas plus rebuté que ça.
En fait, les acteurs sont tous assez bons (on découvrait quasiment, à l’époque, Philip Seymour Hoffman, ici suintant et aussi pitoyable que possible, image qui allait lui coller longtemps à la peau). Je sors surtout du lot Jane Adams, qui incarne Joy, le (presque) personnage principal, qui est, je trouve, profondément tragique, mais qu’elle interprète avec une sorte de fraîcheur désespérée assez incroyable. Je crois qu’elle n’a pas fait grand-chose depuis.

Intéressant mais un peu trop distancié, le film se plaît en tout cas à regarder les humains dans leurs pires travers, leurs pires lâchetés. Certes, on a parfois l’impression d’être un chaton à qui on met le museau dans ses bêtises, mais il se dégage quand même pas mal d’idées bien vues.

A déconseiller aux âmes sensibles néanmoins.

Parcourez d’autres billets :