Jack grandit entre un père autoritaire et une mère aimante, qui lui donne foi en la vie. La naissance de ses deux frères l’oblige bientôt à partager cet amour inconditionnel, alors qu’il affronte l’individualisme forcené d’un père obsédé par la réussite de ses enfants. Jusqu’au jour où un tragique événement vient troubler cet équilibre précaire… [résumé officiel]

Je ne vais pas être originale : il est difficile d’écrire sur ce film, peut-être encore plus que sur les précédents de Terrence Malick.

Je sais que beaucoup de cinéphiles ont finalement été déçus par cette Å“uvre, peut-être parce qu’il en espéraient trop, qu’ils attendaient le film parfait. Et c’est évident : The Tree of Life est très déroutant, par sa construction en particulier. Le reproche le plus fréquent fait au film est que les séquences avec Sean Penn, errant dans une ville moderne à l’architecture marquée mais à la froideur infinie, se comprennent mal, manquent d’émotion, et n’apportent que peu au film. Je ne sais à vrai dire pas trop quoi répondre à ça, car c’est assez vrai ; mais pourtant je ne les retirerais pas du film, car elles font partie d’un tout qui me semble, si ce n’est faire sens, non pas intellectuellement, mais émotionnellement.

Que ce soit pour La balade sauvage, Les moissons du ciel, ou même La ligne rouge, j’ai toujours un problème d’implication émotionnelle avec les films de Malick. Je les trouve esthétiquement magnifiques, de vrais tableaux en mouvement, tout semble juste… mais tout me semble très loin de moi. Je comprends l’émotion que je suis censée ressentir, mais je ne la ressens pas. C’était déjà un peu moins le cas avec Le nouveau monde, d’où sourdaient des sentiments très forts, un peu désordonnés. Ici, l’émotion est presque à l’état brut, comme si cette fois, peu importait le sens. Les séquences se suivent et ne trouvent leur « logique » que dans l’émotion qu’elles procurent. La séquence « création du monde » me plonge dans une sorte de détresse innommable, qui me permet de me trouver dans l’état parfait pour recevoir les séquences de « vie » qui suivent, et d’en percevoir les moindres souffles. Les séquences de Sean Penn et leur froideur me renvoient à la schizophrénie du monde actuel et des souffrances qu’il engendre, et à la difficulté de se lier aux choses et aux personnes dans un environnement pareil, et  dans un deuil pareil.

The Tree of life ne « parle » pas de quelque chose, ne « raconte » pas quelque chose. Le synopsis ci-dessus est finalement peu important et ne reflète en rien le cÅ“ur du film. Ce qui compte, c’est que The Tree of Life fait ressentir avec acuité ce qu’est la mort d’un enfant, la mort d’un frère, la mort tout court. L’angoisse de la mort dans sa dimension la plus métaphysique. La relation aux autres et les incessantes luttes et rapports de force. Ce que c’est d’être une mère, un père, un frère. Et, je me répète, mais, plus que la « vie » du titre, c’est un film qui m’a avant tout rattachée à la mort, d’une façon très directe, très forte (et forcément très dure à supporter).

Ce qui fait que, même si je n’arrive pas mieux à en parler que de ses autres films, The Tree of Life est finalement, je crois, mon film préféré de Terrence Malick.
Jessica Chastain, la mère, est filmée et dirigée avec une grâce incroyable. Je suis très heureuse qu’il ait choisi Rachel McAdams pour son prochain film…

Note : ★★★★★★

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