Dans un jardin public, deux enfants de 11 ans se bagarrent et se blessent. Les parents de la « victime » demandent à s’expliquer avec les parents du « coupable ». Rapidement, les échanges cordiaux cèdent le pas à l’affrontement. Où s’arrêtera le carnage ?

Après la très bonne surprise de The Ghost-Writer, son précédent film, Roman Polanski monte d’un cran dans le huis clos et adapte ici une pièce de Yasmina Reza, Le Dieu du carnage. Querelles de parents, disputes d’adultes dont on comprend vite qu’elles ne valent pas mieux que les chamailleries sauvages de leurs fils… Voilà de quoi donner du grain à moudre aux quatre acteurs, uniques (ou presque) personnages du film.

Évidemment, l’intérêt est là. Qui pourrait être assez fou pour ne pas vouloir voir Kate Winslet, Jodie Foster, Christoph Waltz et John C. Reilly jouer ensemble ? Bien sûr, le côté « théâtre filmé » n’est jamais très loin, et l’écriture, toute en crescendo quant à l’état des protagonistes, les oblige parfois à verser carrément dans le surjeu. Cela dépend en fait un peu de leur personnage ; à cet égard, c’est probablement Jodie Foster la moins bien lotie. L’affiche du film est d’ailleurs assez fidèle à l’évolution des états. Les deux hommes restent finalement assez placides, malgré quelques hausses de ton ; et selon une tradition passivement misogyne, les deux femmes écopent de l’hystérie, des cris, de l’instabilité.

Passés ces petits détails (un peu gênants certes, mais attendus), on est évidemment très amusés par ces débats, ces non-dits, ce mépris rentré, ces petites piques, tant les comédiens s’amusent eux-mêmes. Quelques passages sont franchement drôles.

Au final, lorsque le film s’achève, on reste quand même un peu sur sa faim. La faute au matériau de base : sans l’avoir lue, je soupçonne la pièce de Reza de ne pas aller bien loin non plus. Finalement, tout cela reste une sorte de bon boulevard moderne, distrayant mais assez superficiel… Avec la caution « défouloir à parents », un peu rebattue.

Plaisant à voir donc, et non dénué d’une certaine cruauté, mais je préfère Polanski plus ambitieux.

Note : ★★★★☆☆

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