Et voilà, le festival de Gérardmer, édition 2012, s’est terminé dimanche dernier, et pour une première expérience là-bas, je dois dire que j’ai été ravie.
Une programmation intéressante et diversifiée, une organisation assez carrée pour gérer les afflux de spectateurs : c’était rondement mené.
Le festival est aussi rendu agréable par son cadre, cette petite ville des Vosges très accueillante et chaleureuse…
Je vous laisse lire un bilan plus approfondi du festival sur filmdeculte.com.

Vous aviez pu déjà suivre les billets de la rédaction de FilmDeCulte sur le blog de la rédaction, ; voici maintenant quelques mots sur les films que j’ai vu pendant ces 4 jours.

 

Twixt, de Francis Ford Coppola (ouverture)

Retour au gothique pour Coppola après Dracula, pour ce film très étrange qui a énormément divisé les spectateurs. Filmé en vidéo, l’image du film est très particulière, a des aspects très artificiels, qui sont accentués par certains choix de mise en scène (par exemple, des nuits américaines). Inspiré d’un rêve qu’il a eu lui-même, et du décès de son propre fils, Coppola nous livre ici une Å“uvre très personnelle, mais qui dit beaucoup sur la fiction, le romantisme (avec entre autres la présence d’Edgar Allan Poe), à travers un ton onirique toujours un peu sur le fil du grotesque. Val Kilmer est parfait en sous Stephen King bouffi, et Elle Fanning toujours étincelante en apparition pâle et colorée.

Note : ★★★★★☆

 

Beast, de Christoffer Boe (compétition)

Film très singulier sur le couple, la passion, l’adultère, la vengeance, avec cet homme habité par quelque chose qui le rend de plus en plus possessif envers sa femme, et de plus en plus agressif, sanguinaire.
Mon avis plus détaillé ici.

Note : ★★★★☆☆

Beast a remporté le prix du Jury (ex-aequo).


La Maison des Ombres (The Awakening), de Nick Murphy (compétition)

C’est l’un des films que je redoutais le plus de voir, car j’ai une peur profonde des enfants fantômes. Cela n’a pas raté, j’ai été terrifiée, mais le film m’a aussi énormément plu. Assez classique dans la forme, la mise en scène ne devient réellement inventive que sur la fin du film, mais Rebecca Hall est parfaite dans le rôle principal, et la construction est très efficace.
Mon avis plus détaillé ici.

Note : ★★★★★☆

La Maison des Ombres a remporté le prix du Jury (ex-aequo), le prix du Jury Jeunes et le prix du Jury Syfy.


Pastorela, de Emilio Portes (compétition)

Farce mexicaine autour d’une pièce de théâtre traditionnelle (la pastorela du titre) mettant en scène le diable. Avec son esthétique des années 70, le film a semblé beaucoup emballer les festivaliers, s’amusant devant les facéties de Joaquín Cosio, l’acteur principal, et riant aux éclats devant des scènes pseudo subversives sur le monde de l’église. Pour ma part, je n’ai traîné qu’un vague ennui à cette séance, ne souriant qu’assez rarement, malheureusement, malgré quelques bonnes idées et l’absurdité délirante de l’ensemble.

Note : ★★☆☆☆☆

 

The Day, de Douglas Aarniokoski (hors-compétition)

Un monde apocalyptique, deux grandes catégories de survivants qui s’affrontent : nous suivons un petit groupe de l’une d’entre elles, dans leurs façons de faire face à l’environnement hostile dans lequel ils évoluent. Dominic Monaghan (Charlie dans Lost, Merry dans Le Seigneur des Anneaux…) incarne le leader de ce petit groupe, et on retrouve aussi Shannyn Sossamon (Les lois de l’attraction) ou Shawn Ashmore (Iceman dans les X-Men). La photo est assez monochrome, les peaux sont sales, les corps sont fatigués : on y croirait presque. Mais tout ceci est tellement bien ficelé, les personnages sont tellement caractérisés qu’on se croirait presque dans un pilote de série télé. Cela se suit sans ennui, les péripéties, bien que prévisibles, s’enchaînent bien, jusqu’à un final assez prenant. Mais tout ça manque un peu de sincérité, tout est un peu creux, un peu en deux dimensions, et on reste du coup assez extérieur à cette intrigue qui pourrait être beaucoup plus touchante que ça.

Note : ★★★☆☆☆

 

Hell, de Tim Fehlbaum (compétition)

Dans un monde desséché par les brûlures du soleil, le film suit principalement un personnage de femme dans sa lutte pour la survie, et dans ses rencontres, bonnes ou mauvaises. L’ambiance du film est très particulière, bien rendue, la réalisation est très honnête et le scénario est plutôt bien vu, mais j’avoue avoir décroché du film à plusieurs reprises à cause d’un certain manque de rythme et de la faible tension générale.

Note : ★★★½☆☆

 

Norwegian Ninja, de Thomas Cappelen Mailing (hors-compétition)

Un titre prometteur, et au final ce ne fut que la séance « sommeil mérité » de milieu de festival. La douce torpeur qui a d’ailleurs envahi plus de la moitié de la salle n’est pas mensongère : ce petit film norvégien a un rythme bien à lui, n’hésitant pas à enchaîner les séquences interminables de sous-marins, d’échanges dialogués improbables et de scènes d’action assez molles. Évidemment, ayant dormi, je ne vous en livrerai pas une analyse poussée, mais ce que je voyais à l’écran entre deux décrochages de tête ne m’a pas spécialement donné envie de m’accrocher, malgré cette ambiance Guerre Froide pas antipathique.

Note : ★½☆☆☆☆

 

Emergo, de Carles Torrens (hors-compétition)

Film à la Paranormal Activity à base de caméras de surveillance captant des phénomènes surnaturels et terrifiants. Là encore, ça m’a fait très peur, mais pour le coup j’ai trouvé ça assez vain, même si au final on a une conclusion assez inattendue. Le procédé me fatigue vite, et me crispe un peu. A conseiller pour les fans du genre néanmoins.

Note : ★★☆☆☆☆

 

The Cat, de Seungwook Byun (compétition)

Des chats maléfiques et des petites filles fantômes, autant dire le comble de l’horreur pour moi rassemblé en un même film. Et le fait est que j’ai dû détourner le regard plusieurs fois. Mais au fond, ce film coréen n’invente pas grand-chose, et ressemble de très près à Darkwater, dans le même genre. Pas très original, un peu longuet, bref, rien de bien brillant.

Note : ★★☆☆☆☆

 

The Moth Diaries, de Mary Harron (compétition)

Placé dans le cadre d’une pension pour jeunes filles, ce film aborde le vampirisme d’une façon inhabituelle, presque métaphorique et imaginaire. Le cÅ“ur du film se situe dans les relations des jeunes filles entre elles, en particulier entre Rebecca et Lucy, meilleures amies au départ, bientôt troublées par l’arrivée d’Ernessa (fascinante Lily Cole). J’attendais beaucoup de ce film-là, peut-être trop, et j’ai été un peu déçue, plaçant peut-être trop d’espoirs virginsuicidesques dans tout ça. En fait, le film a son style propre et ses interprètes sont assez parfaites chacune dans leur rôle. Un film étrangement et doucement envoûtant.

Note : ★★★★☆☆

 

Chronicle, de Josh Trank (hors-compétition)

Des super-héros pour de vrai, avec pour témoins des caméras vidéo opérées par les personnages : voilà quelque chose qu’on n’avait pas encore vu, même si Cloverfield a déjà aplani un peu le chemin. Ici, c’est surtout le début du film qui est vraiment réussi, avec son héros loser, interprété brillamment par Dane DeHaan, que j’avais déjà repéré – et adoré – dans la saison 3 de In Treatment (série, qui décidément regorge d’acteurs à (re)découvrir, après Mia Wasikowska). Je trouve assez fascinante la manière qu’a le film de présenter son personnage, avec sa caméra omniprésente, ses (non-)relations avec ses camarades et sa famille… Puis le film prend un virage avec l’arrivée des super-pouvoirs, et devient franchement divertissant. Cliquez si vous ne craignez pas les spoilers

Mais la fin est un peu gâché par plusieurs éléments : tout d’abord l’essoufflement du principe de la caméra portée, qui perd son ancrage dans le récit (ou alors au prix de prétexte assez fallacieux, tel l’introduction d’un personnage féminin qui… ne sert qu’à ça), et ensuite le passage à de l’action à grande échelle, qui, pour le coup, a un bon gros goût de déjà vu. Néanmoins plaisant dans sa construction de grandes figures des films de super-héros (le héros / le vilain), Chronicle est un film qui je pense plaira beaucoup à sa sortie.

Note : ★★★★½☆

 

Perfect Sense, de David Mackenzie (hors-compétition)

Ah, celui-là, je l’attendais. Pourquoi ? Un virus. Ewan McGregor. Eva Green. Il ne m’en fallait pas plus. Mais le film, présenté à Sundance l’an dernier, se traînait une assez mauvaise réputation… Je n’en attendais donc plus grand-chose. Et ce fut la bonne surprise du festival… Un film sincère, une belle histoire d’amour, le naturel et le pétillant d’Ewan McGregor et de Eva Green… mais surtout un scénario solide, bien construit, une vision de fin du monde qui n’en est pas une, un désespoir lumineux… Je vous laisse en lire plus sur mon avis détaillé ici.

Note : ★★★★★☆

 

Babycall, de Pål Sletaune (compétition)

Film norvégien assez âpre sur une mère terrorisée après les tortures que son mari a fait subir à son fils. Elle achète un babyphone pour le surveiller la nuit mais capte des cris très inquiétants… Très tendu, très psychologique, autour de cette mère aliénée mais aussi de son ami, autrefois victime de violences, Babycall est un bon film mais la mise en scène très tranquille en font un objet un peu sage, sans grand éclat. Avec des airs de téléfilm (remarque stupide mais difficile à refouler), je pense que j’ai dû passer à côté de ce qui fait le nerf de ce film. Noomi Rapace, que j’ai découverte ici, est plutôt bien même si on a un peu l’impression que n’importe qui aurait pu jouer le rôle.

Note : ★★★☆☆☆

Babycall a remporté LE Grand Prix, ainsi que le prix de la Critique.

 

Invasion of Alien Bikini, de Oh Youngdoo (hors-compétition)

Passée la bonne surprise qui fait que ce film ne va absolument pas là où on l’attend, jouant avec les nerfs des spectateurs venus voir de jolies filles asiatiques dénudées, il faut dire que tout part un peu dans tout les sens, le scénario est bancal, l’interprétation très inégale.

Note : ★★☆☆☆☆

 

Mother’s Day, de Darren Lynn Bousman (section extrême)

Voilà un film qui aurait pu être drôle s’il n’était pas complètement nul. Rebecca de Mornay en mère-poule-méchante en fait des tonnes et semble se gargariser de sa propre performance, pourtant risible ; Jaime King se contente d’ouvrir grand ses yeux ; on retrouve l’ami Shawn Ashmore vu précédemment dans The Day dans un rôle de médecin aussi crédible que ne le serait Rihanna en archéologue. Les personnages rivalisent de bêtise, le scénario s’embourbe à chaque minute – et il y en a 114.

Note : ½☆☆☆☆☆

 

Beyond the Black Rainbow, de Panos Cosmatos (hors compétition)

Un OVNI cinématographique qui m’est complètement passé au-dessus de la tête. Je n’en parlerai pas car j’en parlerais mal, mais bon, il faut s’accrocher, c’est un parti-pris de mise en scène très contemplatif, à côté duquel 2001 aurait des airs de Michael Bay.

Note : ★★☆☆☆☆

 

Et voilà ! Il me reste à rattraper Eva, de Kike Maillo, qui a remporté le prix du Public.

Pour retrouver d’autres détails sur le programme, le palmarès, ou autre, rendez-vous sur le site officiel du Festival de Gérardmer.

On croise très fort les doigts pour que le festival soit subventionné comme il le mérite, suffisamment pour que voie le jour sa 20ème édition, en 2013 !

Merci encore à FilmDeCulte et à sa rédaction !

Parcourez d’autres billets :