Hannibal (Bryan Fuller), saisons 1 & 2

Hannibal (Bryan Fuller), saisons 1 & 2

J’ai rattrapé la saison 1 de cette série plusieurs mois après sa diffusion en 2013 – c’est-à-dire, en temps de série, c’est pire que l’âge des chiens, environ trois siècles – après avoir lu quelques bons avis par-ci par-là et surtout pour le formidable et inépuisable Mads Mikkelsen, qui se suffit généralement à lui-même comme argument de visionnage.

Je connaissais à l’époque assez mal l’univers de Thomas Harris, l’écrivain à l’origine du personnage d’Hannibal Lecter et de ses petits camarades. J’avais simplement vu, comme beaucoup de gens, Le Silence des Agneaux de Jonathan Demme ; et j’avais vu aussi, sans m’en souvenir vraiment, Dragon Rouge, de Brett Ratner. Ma maîtrise des personnages n’allait donc finalement pas plus loin que le postulat « Hannibal Lecter = cannibale », avec une histoire de FBI en face.

La série commence assez abruptement avec un personnage qui surgit dans une maison et revit un meurtre qu’il semble avoir lui-même commis. En tout cas, c’est ce que j’ai compris au départ. Je venais en fait de rencontrer Will Graham, personnage essentiel – et quasiment personnage principal de cette saison 1. C’était déroutant. Qui est-il ? Pourquoi parle-t-on de lui ? Quel intérêt de s’attarder autant sur lui alors que la série s’appelle « Hannibal » ? Ces questions ne se sont probablement pas posées pour ceux qui connaissaient déjà le personnage et l’univers. Pour moi, ça a été assez difficile, et en même temps, c’est probablement la clé de mon fort attachement à cette série.

Car Will Graham est une merveilleuse trouvaille d’écriture. Doté de talents psychiques particuliers, notamment d’une empathie extraordinaire qui le met « dans la tête » des autres de façon aisée mais lui rend, très logiquement, toute interaction sociale extrêmement difficile (bien qu’il ne soit ni autiste ni Asperger), il permet au spectateur d’entrer dans l’esprit des tueurs et de garder sa propre humanité, de s’identifier à des monstres sans perdre la raison. Et, bien sûr, de faire avancer les enquêtes, ce qui pour un matériau « policier » est tout de même bien pratique. Finalement, très vite, au bout d’un ou deux épisodes, c’est à lui que je me suis accrochée de façon presque vitale, alors que la série, plongée dans un univers assez glauque, aurait pu me faire fuir. Hypersensible et intelligent, Will Graham a tout pour plaire ; l’hypersensibilité et l’empathie démesurée étant deux choses qui me touchent particulièrement ; et puis, last but not least, il est interprété dans la série par le britannique Hugh Dancy, que je ne connaissais pas du tout à l’époque (je me suis rattrapée depuis) et dont le physique, est, ma foi, tout à fait agréable. C’est en me laissant charmer, puis envoûter par Will Graham que je suis peu à peu entrée dans la série, pour ne jamais vraiment en ressortir.

hannibal-aperitif

Le reste du casting est à la hauteur. Beaucoup de rôles secondaires notables et parfaits, je citerai Gillian Anderson, qu’on n’a pas fini de voir, ou Michael Pitt, hélas remplacé dans la saison 3. Laurence Fishburne est impérial dans le rôle de l’agent spécial Jack Crawford, aussi impeccable dans son rôle de chef au FBI que dans son rôle d’époux tourmenté. Mads Mikkelsen quant à lui, on a beau le savoir, on est quand même bouche bée : sa façon d’embrasser ses rôles est réellement impressionnante. Ici, c’est bien simple, en quelques épisodes il parvient à faire oublier quasiment totalement Anthony Hopkins, pourtant interprète mythique de Lecter, tant son élégance, son magnétisme, et la subtilité de son jeu rendent toute autre approche du personnage pataude et ringarde. Cette beauté étrange colle évidemment parfaitement bien à Hannibal tel qu’il est exploité dans la série, c’est-à-dire avant d’être identifié comme cannibale et tueur en série. Psychopathe intelligent, pervers narcissique capable de néanmoins considérer certains autres comme de véritables sujets ? Le personnage est bien sûr fascinant. Le talent de Mikkelsen, et de tous les autres acteurs autour de lui, c’est qu’on ne se pose jamais la question de savoir « MAIS COMMENT CES ABRUTIS NE VOIENT-ILS PAS LA VÉRITÉ ? » Jamais.

C’est évidemment dû aussi en grande partie à l’écriture. Bryan Fuller, le créateur de la série, avait déjà signé Pushing Daisies, avec Anna Friel et Lee Pace, interrompue trop tôt au bout de deux saisons, mais que j’avais adoré pour sa fantaisie et son scénario émouvant. Ici, on est clairement dans un autre univers (bien qu’il y ait pas mal de points communs amusants, comme la typologie du trio Graham/Bloom/Crawford, ou quelques acteurs récurrents) ; mais surtout, l’écriture de Hannibal, notamment la saison 1, est autrement plus maîtrisée. Les 13 épisodes sont construits selon une progression finement conçue, avec une bascule aussi infime qu’inexorable à l’épisode 7, et une spirale difficile à supporter pour Will à partir de l’épisode 10. C’est aussi grâce à la qualité de l’écriture que jamais les personnages autour d’Hannibal ne sont pris pour des idiots. Le plus grand respect est porté à Jack Crawford, à ses collègues et bien évidemment à Will Graham. La seule exception, à la limite, serait Alana Bloom, personnage féminin incarné par Caroline Dhavernas, qui constitue peut-être, hélas, le point faible, surtout de la saison 2. Autre grand talent de la série aussi, celui de jongler et de jouer avec des références et clins d’œil au matériau original : la saison 1 emprunte beaucoup de phrases du livre Dragon Rouge, bien que l’action soit largement antérieure ; et puis, çà et là, il y a aussi beaucoup de jeux avec des éléments de mise en scène du Silence des Agneaux (la toute fin de la saison 1 est à ce niveau un bijou). D’autres références sont amenées, mais toujours bien digérées, avec par exemple deux décors tout droit sortis de Shining.

Je trouve la saison 2 moins maîtrisée dans son écriture, même si elle est, dès ses premières minutes, vue comme un compte à rebours géant qui joue sur la temporalité du récit et sur celle de la diffusion des épisodes (« 12 weeks earlier »). J’apprécie par ailleurs beaucoup cette deuxième saison, à de nombreux égards, peut-être autant que la première, mais je la trouve aussi – ce n’est pas incompatible je crois – moins réussie. Comme si, contrairement à la saison 1, celle-ci avait été un peu conçue au fur et à mesure, et non dans un grand et beau design de 13 épisodes. C’est là aussi que le personnage d’Alana Bloom s’affaiblit de façon spectaculaire. Sans le condamner, je trouve que ce personnage est malgré tout symptomatique d’un certain échec à concevoir des personnages féminins qui tiennent la route. Mais j’aime à quel point dès le départ, on s’attache au refuge de Will Graham, le fameux « stream » (le bonheur est toujours près d’un cours d’eau…) qu’il évoquera par la suite dans des moments cruciaux ; j’aime comme les places s’inversent entre Hannibal et Will, et comme la voix intérieure de Will devient, littéralement, celle d’Hannibal. J’ai un peu plus de mal avec la stratégie de narration qui pousse, contrairement à la saison 1, à ce que le spectateur en sache moins que Will Graham. Cela détruit, à mes yeux, la qualité du lien avec le personnage qui s’était élaborée brillamment en saison 1. Cette astuce, qui permet évidemment de maintenir un suspense, me semble moins subtile et profonde que le travail qui avait été fait en saison 1.

À côté de cela, la force de la série repose essentiellement sur la relation entre Will Graham et Hannibal Lecter, extrêmement intense et troublante dès le départ, et encore plus dès l’épisode 8 de la saison 1 avec cette réplique bouleversante : « I was worried you were dead ». On connaissait le lien particulier entre Lecter et Clarice Starling ; la variation sur deux personnages masculins est évidemment plus inattendue. La saison 2 joue de façon peut-être assez peu subtile sur cet aspect crypto-gay ; mais c’est néanmoins un délice de voir les deux comédiens dans ce jeu où de nombreuses couches d’interprétation sont convoquées. Qui joue qui ? Qui joue quoi devant qui ? Qui se joue de qui ? En cela, la saison 2 est une véritable perte d’identité de Will Graham, ce qui est forcément perturbant quand on s’est autant attaché à lui comme j’ai pu le faire. Mais rien ne perd de son sens, fort heureusement. Pour Hannibal comme pour Will, que peuvent signifier des liens d’amitié ? Qu’est-ce que cela peut représenter pour deux personnages psychologiquement aussi complexes ? Reste-t-il, encore, la « possibilité d’une amitié » ?

L’élégance de la série tient aussi pour beaucoup à sa bande son. En effet, la quasi totalité des épisodes est ponctuée, rythmée, tendue par des morceaux de musique classique judicieusement choisis. À commencer bien sûr par le leitmotiv de l’Aria des Variations Goldberg de Bach, qui a un poids tout particulier dans le « folklore Lecter ».
En attendant, peut-être, la sortie d’albums consacré à la musique de la série, j’ai créé deux playlists sur Deezer, une pour chaque saison. Néanmoins je n’ai pas poussé l’analyse jusqu’à identifier interprètes et versions utilisés dans la série, j’ai surtout fait avec que je trouvais sur Deezer et qui ne soit pas trop trop mauvais.

Saison 1 :

Saison 2 :

 

 

La saison 3 de Hannibal sera diffusée sur NBC à partir du 4 juin prochain.
C’est peu de dire que je l’attends – même si plus on avance dans le récit, plus on s’approche du moment qui me terrifie : quand Will Graham ne sera plus au premier plan.

 

Apocalypse Now (Francis Ford Coppola)

Apocalypse Now (Francis Ford Coppola)

Quel exercice horrible d’écrire sur un film encensé depuis des décennies par des générations et des générations, un film culte, on peut le dire, respecté, adoré, quasiment entré dans l’imaginaire collectif… que l’on découvre tardivement, et que, ma foi, on n’a pas adoré autant que prévu.

« Quoi, tu n’as jamais vu Apocalypse Now ? »

J’ai beaucoup entendu cette phrase, ainsi que ses myriades de cousines – il suffit de remplacer ce titre par celui d’un autre monument du cinéma, j’en ai un paquet à rattraper – mais généralement je le vis assez bien.
Et donc, non, je n’avais jamais vu Apocalypse Now. C’est grâce à la Cinémathèque française que j’ai découvert ce film, il y a quelques semaines pour la première fois, dans des conditions optimales. Car oui autant le dire : avec une salle pareille, un public aussi concentré, une projection aussi soignée, on sait que si on n’aime pas le film, ce ne sera pas pour de mauvaises raisons.

Alors soyons clairs, ce n’est pas que je n’aime pas le film. Je trouve le tout début absolument somptueux. Probablement une des meilleures ouvertures de film qui soit. Tous ces plans incroyables sur les palmiers, le feu, le visage de Martin Sheen, les temples, le ventilateur, sur The End des Doors qui monte petit à petit : j’étais fascinée et je me suis dit « Ok. J’ai compris. » Malheureusement, cette ouverture proche de la grâce absolue (où j’ai d’ailleurs assez vite pensé à la filiation Sofia / Francis) ne dure pas éternellement, et même si tout ce qui suit ne m’a pas déplu, j’étais quand même déjà tombée du nuage.

J’ai vu la version Redux. Je trouve le film incroyablement et péniblement long. On me dira qu’il faut donc maintenant que je voie la version courte (ou « normale », si vous préférez), mais je ne suis pas sûre que ça change énormément ma vision des choses. Cela étant, la longueur des séquences, qui se suivent avec autant de fluidité qu’un fleuve poisseux (j’ai bien saisi l’allégorie), ne me gênait au début pas plus que ça puisque je pensais me diriger, lentement mais sûrement, vers une sorte de climax d’intensité, avec la rencontre avec le colonel Kurtz. Bon. Il faut quand même être très patient avant d’en arriver là. Supporter les péripéties qui touchent ce groupe d’hommes pour lequel, je dois l’avouer, je n’ai jamais vraiment d’empathie ou même d’intérêt un peu poussé. Les « grandes scènes » en elles-même sont bien faites, même celle, réputée superflue, de la plantation française (version Redux oblige), mais je ne m’y ancre jamais suffisamment. C’est aussi assez amusant de regarder jouer le si jeune Laurence Fishburne, 14 ans au début du tournage. J’ai aussi fait une réelle découverte (qui l’eût cru pour un film autant cité et commenté ?) : je ne savais absolument pas que l’extrait de Wagner, la chevauchée des Walkyries, moment emblématique s’il en est, était une musique intra-diégétique. Très bonne surprise à vrai dire, surtout en comparaison, dans cette même séquence, de mon ressenti sur le personnage du lieutenant Kilgore (Robert Duvall), là pour le coup probablement trop « cultifié » pour être à mes yeux autre chose qu’une caricature un peu potache et assez creuse.

Les minutes et les heures passent, et je m’accroche. Il faut dire que c’est bien filmé, évidemment (il ne manquerait plus que je ne le reconnaisse pas, quand même !), et moi aussi j’attends le colonel Kurtz. Je sais que le talent de Marlon Brando peut, théoriquement, me faire oublier toutes mes réserves.
Et malheureusement, c’est finalement cette toute dernière partie du film qui me déçoit plus que tout le reste. Brando est à mes yeux réduit à une icône, tellement puissant par sa simple présence qu’on peut se permettre de le filmer dans l’ombre et de lui faire prononcer quelques citations métaphysiques. J’attendais un basculement total dans la folie ou dans quelque chose de très intense, qui, finalement, ne vient pas vraiment. J’aime quelques moments de Brando néanmoins, par exemple celui où il vient lire une coupure de journal auprès de Martin Sheen, avec les enfants tout autour. Pour le reste, je vois les intentions, je les comprends, mais j’ai du mal à réellement ressentir la puissance et le pouvoir de ce personnage. J’ai la sensation que la rencontre entre Willard et Kurtz n’apporte pas de nouvel éclairage sur ce personnage énigmatique qui accompagnait tout le récit, en filigrane, et dont on avait en fait compris à peu près dès le début les enjeux.

Je reconnais tout à fait que c’est probablement de moi que vient le problème : je n’arrive pas à saisir, peut-être, l’importance de ce film dans le contexte historique de 1979 ; et, de façon plus inattendue pour moi, surtout, je suis jamais parvenue à  l’expérience sensorielle que j’attendais, peut-être inconsciemment. C’est toujours une sensation très désagréable, l’impression de passer à côté de quelque chose…

Note : 4/6

Note : 4/6

Sils Maria (Olivier Assayas)

Sils Maria (Olivier Assayas)

C’est une histoire d’actrice(s), alors évidemment je ne pouvais pas passer à côté de ce dernier film d’Olivier Assayas, bien qu’on ne puisse pas dire que j’aie auparavant été particulièrement emballée par un de ses films précédents.

Il s’agit donc de Maria, comédienne désormais célèbre, qui est appelée pour rendre hommage au dramaturge qui lui a offert son premier rôle important, il a vingt ans de cela. Mais juste avant l’hommage, ce dernier est trouvé mort. Peu après, un metteur en scène propose à Maria de jouer dans une nouvelle mise en scène de la pièce, mais cette fois dans le rôle de la femme la plus âgée, ce qui la perturbe fortement. Elle est accompagnée partout par son assistante, Valentine, et se prépare à rencontrer Jo-Ann, petite starlette qui jouera le rôle que Maria avait interprété dans sa jeunesse.


Juliette Binoche excelle dans ce personnage de comédienne un peu névrosée, un peu dépassée par son époque, un peu figée dans des modèles de pensée et de jeu d’un autre temps, mais faisant preuve d’une grande intégrité et d’un engagement profond envers son métier. Très bien dirigée, elle offre ici un jeu assez naturel mais aussi assez fort, avec quelques moments d’exagération (dans le rire par exemple) qui collent finalement bien au personnage. Il n’y a pas grand-chose à lire de plus dans ce rôle que l’on voudrait être un miroir de la carrière de Binoche. Car, même s’il est clair que le rôle est écrit pour elle, Assayas ne s’englue pas dans le piège du double sens trop appuyé.

L’insupportable Chloé Moretz est parfaitement castée dans le rôle de Jo-Ann, la starlette dont les frasques sont mille fois plus médiatisées que ne l’est son travail. Là encore on ne tombe pas dans le piège du personnage qui s’avère être « bien plus intéressant que ce que l’on imagine » : si Jo-Ann n’est pas aussi cruche que ne le laissent penser les tabloïds, elle n’est pas non plus la comédienne infiniment profonde que Maria, peut-être, était plus jeune… (Mais, l’était-elle vraiment, d’ailleurs ?)

Mon plus grand plaisir dans ce film a été de voir Kristen Stewart aussi brillante et à l’aise avec un personnage relativement difficile. C’est une actrice que j’aime plutôt bien mais – outre que je n’ai jamais pu aller au bout du premier Twilight – je ne l’ai jamais vue dans grand-chose d’intéressant depuis son rôle, enfant, dans Panic Room, où elle jouait la fille de Jodie Foster avec un certain brio. Ici j’ai l’impression qu’elle trouve enfin de quoi s’amuser avec cette Valentine, sorte d’ombre de Maria, la suivant partout, anticipant ses désirs, la soutenant dans les moments difficiles, allant même jusqu’à lui donner la réplique pour lui faire répéter son texte. Avec ses gilets à capuche et ses grandes lunettes de vue, cheveux lâchés et téléphone et tablette à la main, elle incarne la modernité, la simplicité et la tranquillité que Maria n’a pas.
Et puis il y a cette conversation fabuleuse entre les deux, au sujet de la vacuité des blockbusters. Valentine défend ces films, ainsi que la carrière de la jeune Jo-Ann, réfutant la théorie de Maria selon laquelle ces produits commerciaux n’offrent rien de valable, en particulier en ce qui concerne le jeu d’acteur. Valentine défend son point de vue avec ténacité (la critique s’est empressée de lire ici un sous-texte sur la propre carrière de Kristen Stewart, qui est bien sûr évident) mais le plus intéressant ici est de voir à quel point Assayas semble d’aplomb avec les avis des deux personnages à la fois : le film dont elles parlent est objectivement un peu ridicule, mais est-il entièrement bon à jeter pour autant ? La défense de Valentine tient la route et c’est un propos tout à fait étonnant à entendre dans un film français.

Pour tout ceux qui ont vu la bande-annonce avant de voir le film, une légère surprise naît du fait que la plupart des répliques présentées comme des échanges entre Maria et Valentine sont en fait des morceaux du texte qu’elles sont en train de répéter. Le trouble est bien sûr volontaire mais là encore il semblerait que le simple double-sens ne soit pas forcément l’interprétation la plus passionnante. Valentine regarde d’ailleurs à peine le livre lorsqu’elle répète avec Maria. Elle donne son texte avec cent fois plus de naturel et de conviction que ne le fait Maria. Elle semble en fait, alors qu’elle n’est qu’assistante, l’image parfaite de la comédienne telle qu’on peut l’imaginer.
Quelle est la part de réel dans ces scènes ? Quelle est la frontière entre le fantasme (celui du film au sujet d’actrices qui jouent des actrices…), l’imagination, le jeu, l’écriture, la « réalité » ? C’est difficile à dire.

La mise en scène d’Assayas est très élégante, ainsi que la photographie du film, qui très soignée autant lorsqu’il s’agit de filmer les paysages des Alpes que les diverses scènes en intérieur. Les échos entre la pièce dont il est question, qui se termine par un suicide, la mort de son auteur, les angoisses de Maria, l’inquiétude qui provient de ce fameux « serpent » de nuage qui se déverse soudain, sublimement, dans la vallée, ou encore la disparition subite de Valentine, produisent un effet étrange sur le spectateur. On peut vite s’arrêter à ce mélange et se dire que cette complexité inutile et un tantinet incompréhensible est une pose d’artiste un peu pénible. Pourtant, si on se laisse aller et si on accepte de ne pas forcément obtenir de réponses sans équivoque, la torpeur générale et l’extraordinaire alchimie entre les deux actrices principales peut vraiment séduire. C’est en tout cas le film le plus réussi que j’ai vu de la part de ce réalisateur. Je reconnais que l’interprétation, libre et fascinante, de Kristen Stewart, m’a surtout complètement envoûtée.

Note : 5/6

Note : 5/6

Résultats du concours Man of Steel

Le jeu s’est donc terminé hier, vous avez tous été randomisés par vos numéros de participation……… et le numéro gagnant est le n° 9 !

C’est donc Liam Engle qui gagne le blu-ray de Man of Steel, de Zack Snyder.

Merci à vous tous pour votre participation et pour vos partages, en espérant pouvoir vous offrir un nouveau concours très bientôt !

Bon week-end !

CONCOURS : gagnez un blu-ray de Man of Steel de Zack Snyder

CONCOURS : gagnez un blu-ray de Man of Steel de Zack Snyder

Aujourd’hui, je vous propose un petit concours pour gagner le blu-ray du film Man of Steel de Zack Snyder, aussi connu sous le nom du « dernier Superman ».

Si vous aimez Amy Adams, si vous aimez le linge qui sèche en arrière-plan, Russell Crowe en homme digne, Michael Shannon en Michael Shannon, et aussi les scènes de combat où toute une ville est réduite en miettes, ne passez pas à côté de Man of Steel en vidéo, si vous l’avez raté en salles.

L’application Super Massive Movies vous permettra de répondre à un quiz sur le film (pour cela, cliquez sur l’image centrale « Man of Steel » puis sur « Répondez au super quiz pour fan ! ») :

Attention : désolée, mais encore une fois, ce concours est réservé aux résidents de France métropolitaine.

Pour participer, c’est simple :

1/ Faites le quiz sur l’application ci-dessus puis indiquez-moi ici en commentaire à ce billet votre résultat. (Attention, certains bloqueurs de publicité peuvent perturber l’accès à l’application, dans ce cas désactivez-les temporairement ou essayez d’un autre navigateur…)

2/ Pour doubler vos chances, aimez (likez, devenez fan… bref, vous avez saisi l’idée) InterStella sur Facebook et précisez dans votre commentaire votre nom ou pseudo sur Facebook. (Si vous ne voulez pas laisser votre nom ici, indiquez dans ce cas le nom que vous avez utilisé ici en commentaire et indiquez-le sur Facebook sur ce post !)

3/ Partagez le concours sur Facebook, Twitter, et autres réseaux sociaux.

Vous avez jusqu’au samedi 9 novembre 2013 à 23h59 heure de Paris pour participer.
Suite à tirage au sort, le/la gagnant/e sera annoncé/e dans la journée de dimanche 10 novembre et devra me fournir une adresse postale en France Métropolitaine pour recevoir son cadeau.

Que le meilleur gagne !

Merci à Mike de PartnersHub et à Warner Bros