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	<title>InterStella &#187; Catégorie: - Avis</title>
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	<description>cinéma, séries, livres... avis en vrac</description>
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		<title>Hunger Games (Gary Ross)</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Apr 2012 09:40:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stella</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La dystopie au cinéma, c&#8217;est un peu mon péché mignon (un peu normal pour quelqu&#8217;un dont le premier coup de cœur en salle a été L&#8217;Armée des 12 singes). Pour autant, je ne connaissais avant d&#8217;entrer dans la salle qu&#8217;à peine quelques morceaux du concept de ces Hunger Games, et je n&#8217;ai pas lu les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La dystopie au cinéma, c&#8217;est un peu mon péché mignon (un peu normal pour quelqu&#8217;un dont le premier coup de cœur en salle a été <strong>L&#8217;Armée des 12 singes</strong>). Pour autant, je ne connaissais avant d&#8217;entrer dans la salle qu&#8217;à peine quelques morceaux du concept de ces<em> Hunger Games</em>, et je n&#8217;ai pas lu les livres de Suzanne Collins.</p>
<p>C&#8217;est peut-être la raison pour laquelle j&#8217;ai été plutôt emballée et assez vite captivée par tout cet univers et par les aventures de Katniss Everdeen. La petite Jennifer Lawrence, que je n&#8217;avais vu auparavant que dans <strong>X-Men le commencement</strong> l&#8217;an dernier, est très bien, avec son visage qui garde un petit quelque chose d&#8217;enfantin mais qui est aussi habité par la dureté. J&#8217;aime aussi assez Josh Hutcherson, dans le rôle de Peeta, (que j&#8217;avais vu plus petit dans <strong>Le secret de Terabithia</strong> et aussi un peu plus grand dans <strong>Tout va bien ! The Kids are all right</strong>, où il jouait le frère de<a title="Mia Wasikowska" href="http://interstella.fr/index.php/2009/07/06/mia-wasikowska/"> Mia Wasikowska</a>, et donc le fils d&#8217;Annette Benning et de Julianne Moore).</p>
<p>J&#8217;aime moins le côté forcé des costumes et maquillages de la population du &laquo;&nbsp;Capitole&nbsp;&raquo; (mais ça c&#8217;est parce que je n&#8217;arrive pas à m&#8217;imaginer une société où les gens auraient réellement le temps et l&#8217;envie de faire ça tous les jours&#8230;) Stanley Tucci est drôle en présentateur télé dégénéré.</p>
<p>Ce qui me plaît dans le concept, c&#8217;est le fait que ces jeux, par leur nature, désactivent totalement la sincérité des personnages, qui se retrouvent de fait dans une position délicate où ils doivent sans cesse &laquo;&nbsp;plaire&nbsp;&raquo;, sans cesse &laquo;&nbsp;se défendre&nbsp;&raquo;, sans cesse &laquo;&nbsp;sauver leur peau&nbsp;&raquo;. Dès lors, on ne sait jamais si leurs actes sont motivés par leur éthique personnelle ou par une stratégie calculée. Ou, bien évidemment, par les deux. J&#8217;aime bien toutes les scènes de de plateau-télé justement où Katniss découvre les réactions directes du public, qu&#8217;elle ne s&#8217;explique pas complètement et qu&#8217;elle maîtrise mal. Et c&#8217;est pourquoi aussi j&#8217;aime assez la fin, avec ce couple dont on ne sait finalement pas quelle est la part exacte de stratégie et d&#8217;affection réelle.</p>
<p>Côté mise en scène, ne nous leurrons pas : c&#8217;est sans génie, et c&#8217;est même sans style. Je le reconnais. Mais ce serait malhonnête de cacher le fait que j&#8217;ai passé un très bon moment, un peu comme quand on lit un roman un peu médiocre et mal écrit, mais tellement bien ficelé qu&#8217;on ne peut décemment pas dire que &laquo;&nbsp;C&#8217;est nul&nbsp;&raquo;. Je trouve aussi dommage que Katniss ne tue finalement jamais que pour se défendre de façon immédiate, ce qui la place dans une position de &laquo;&nbsp;gentille&nbsp;&raquo; à la morale irréprochable, alors qu&#8217;au fond son innocence et sa sincérité laissent largement à désirer.</p>
<p>Evidemment, beaucoup d&#8217;éléments sont un peu effleurés, c&#8217;est le cas de pas mal de personnages secondaires, et aussi de l&#8217;explication du pourquoi de ces &laquo;&nbsp;jeux&nbsp;&raquo; (j&#8217;ai bien compris qu&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;une punition envers les 12 districts, mais pourquoi exactement &#8211; à part l&#8217;idée d&#8217;une rébellion - et de la part de qui, j&#8217;avoue que je n&#8217;ai pas bien suivi). Le &laquo;&nbsp;geai moqueur&nbsp;&raquo;, élément a priori très important puisqu’il est l&#8217;emblème de la trilogie des livres, me semble aussi un peu faible. Du coup, eh bien oui, j&#8217;ai maintenant envie de lire les livres ! Et pour avoir feuilleté le premier tome hier en librairie, ça a l&#8217;air de se lire vite.</p>
<p><strong>Note :</strong> 4.5 out of 6 stars</p>
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		<title>Millenium : les hommes qui n&#8217;aimaient pas les femmes (David Fincher)</title>
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		<pubDate>Thu, 29 Mar 2012 17:30:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stella</dc:creator>
				<category><![CDATA[- Avis]]></category>
		<category><![CDATA[Christopher Plummer]]></category>
		<category><![CDATA[Daniel Craig]]></category>
		<category><![CDATA[David Fincher]]></category>
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		<description><![CDATA[Ça fait maintenant bien longtemps que j&#8217;ai entendu parler pour la première fois de la trilogie Millenium, romans du suédois Stieg Larsson. Je travaillais alors en bibliothèque municipale et j&#8217;avais du mal à comprendre comment, du jour au lendemain, avait pu se créer une liste d&#8217;attente longue comme un bras de King Kong pour la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ça fait maintenant bien longtemps que j&#8217;ai entendu parler pour la première fois de la trilogie <strong>Millenium</strong>, romans du suédois Stieg Larsson. Je travaillais alors en bibliothèque municipale et j&#8217;avais du mal à comprendre comment, du jour au lendemain, avait pu se créer une liste d&#8217;attente longue comme un bras de King Kong pour la réservation du seul exemplaire que nous possédions alors de chaque tome (nous allions être forcés d&#8217;en commander quelques doubles par la suite&#8230;)</p>
<p>Les couvertures singulières de chez Actes Sud et leurs dessins bizarres, je l&#8217;avoue, ne m&#8217;inspiraient guère. Je suis pourtant bonne cliente de polars nordiques (mon préféré étant l&#8217;islandais Arnaldur Indridason, encore assez peu adapté au cinéma, à part <strong><a title="Jar City (Baltasar Kormakur)" href="http://interstella.fr/index.php/2008/11/05/jar-city-baltasar-kormakur/">Jar City</a> -</strong> mais il a aussi signé le scénario, toujours pour le même réalisateur, Balthazar Kormakur, de <a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=188159.html"><strong>Contrebande</strong></a>, un film avec Mark Walhberg à sortir en mai). <span style="color: #339966;">&#8212; <em>Oui oui, je vous perds un peu avec mon intro, mais c&#8217;est comme ça. &#8212;</em></span><br />
Le problème, c&#8217;est que moi et les livres grand format, on n&#8217;est pas très copains. C&#8217;est cher, c&#8217;est trop gros pour mes petites mains, trop lourd pour mon petit sac sur mon fragile dos. Je suis une amoureuse des poches, j&#8217;aime leur dimension, leur aspect familier. Dès lors, pour les livres à leur sortie, c&#8217;est au choix : soit je les emprunte à la bibliothèque, soit j&#8217;attends quelques mois leur sortie en poche. Comme vous l&#8217;aviez compris, réussir à réserver <strong>Millenium</strong> en bibliothèque tenait à l&#8217;époque du parcours du combattant, ah oui j&#8217;aurais bien pu ruser dans les logiciels internes à ma disposition pour gruger les 45 petites vieilles qui étaient avant moi sur la liste, mais ce n&#8217;aurait pas été très urbain, ni très professionnel. Attendons le poche, donc. Mais, muflerie de l&#8217;éditeur, profits en vue et autres raisons économiques douteuses ont fait que le poche s&#8217;est fait looooongtemps attendre pour le tome 1. Du coup, ma curiosité a eu le temps de s&#8217;émousser ; pire, j&#8217;étais presque agacée par ce pseudo-phénomène qu&#8217;on voulait à tout prix nous imposer.</p>
<p>Quand enfin j&#8217;ai eu l&#8217;objet dans les mains, j&#8217;ai commencé à le lire tranquillement, avec, peut-être je l&#8217;avoue, un petit a priori négatif, un peu snob, comme la sensation que ce truc tellement populaire devait être bien médiocre. (Après tout, j&#8217;avais bien eu aussi beaucoup d&#8217;a priori négatifs sur<a href="http://interstella.fr/index.php/2009/07/13/la-saga-harry-potter-j-k-rowling/"> la saga Harry Potter</a>, pour finir par engloutir les 7 tomes à la suite&#8230;) Mais, aux premières pages, le livre m&#8217;est tombé des mains. Ce mic-mac économico-politico-journaleux me semblait complètement embrouillé, nous présentant des personnages et des situations absolument inintéressantes, avec un style encombré et vraiment pas attrayant. Comme je lis généralement plusieurs livres en même temps, j&#8217;ai dû fermer un jour celui-là, en prendre un autre, et ne jamais le rouvrir.<br />
Jusqu&#8217;à un jour paisible de l&#8217;année 2011 où, sur une île méditerranéenne, bloquée par la pluie dans un confortable petit hôtel, je me suis retrouvée avec le pavé à portée de main. Relisant en mode avance rapide les premières pages qui m&#8217;avaient tant déplu, j&#8217;y ai un peu mieux trouvé mon chemin, et j&#8217;ai poursuivi ma lecture, pour ne plus m&#8217;arrêter jusqu&#8217;à la fin. Une écriture globalement sans éclat, mais efficace, des personnages attachants, des péripéties qui se suivent facilement et avec plaisir : après tout, je ne demande pas mieux !<br />
Il est vrai que ma lecture était d&#8217;autant plus motivée que je savais déjà que j&#8217;allais voir début 2012 l&#8217;adaptation cinéma de David Fincher, dont j&#8217;attendais qu&#8217;il refasse un film à la hauteur de <strong>Zodiac</strong>&#8230; Je mentirais si je disais que je n&#8217;ai pas visualisé, dès ma lecture, les visages de Daniel Craig en Mikael Blomkvist, de Robin Wright en Erica Berger et  de Rooney Mara en Lisbeth Salander.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La lecture finie, les mois ont passé, et j&#8217;ai pu découvrir le film de Fincher sans être trop encombrée par les pensées-parasites qu&#8217;occasionnent une lecture trop récente par rapport au visionnage de son adaptation cinéma (&laquo;&nbsp;ce n&#8217;est pas fidèle&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;il manque ça&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;ils ont rajouté ça&nbsp;&raquo;&#8230;)<br />
Après un générique que l&#8217;on m&#8217;avait trop vantée (il est très bien, hein, mais pas révolutionnaire non plus&#8230; C&#8217;est un générique à la James Bond, en plus sombre&#8230;) j&#8217;ai été séduite quasiment dès le début, qui ne s&#8217;encombre pas, comme le fait le livre, d&#8217;une explication longue et laborieuse sur les tenants et les aboutissants de l&#8217;affaire Wennerström. Et puis, on arrive sur l&#8217;île, et un plan mobile qui avance sur la maison d&#8217;Henrik Vanger m&#8217;a donné des frissons. A la fois élégant et chargé de mystère, ouvrant la curiosité du spectateur comme s&#8217;il se trouvait devant un jeu de société à échelle réelle, ce plan est pour moi, à l&#8217;image du tout premier plan de Zodiac, chargé de cinéma. (Je sais, ça ne veut pas dire grand-chose, mais je n&#8217;arrive pas à le formuler autrement.)</p>
<p>Pas de surprise, le casting est globalement très bon. Robin Wright incarne parfaitement son personnage, à un point que je n&#8217;imagine nulle autre actrice qu&#8217;elle à sa place. Goran Visjnic est très bien dans le peu que l&#8217;on voit d&#8217;Armansky. Daniel Craig est comme un poisson dans l&#8217;eau : il semble s&#8217;amuser beaucoup avec son personnage, son côté à la fois très vif d&#8217;esprit et pourtant parfois dépassé, par Lisbeth en particulier, mais aussi par lui-même. Son jeu avec ses lunettes, qui l&#8217;encombrent mais qui lui sont nécessaires, est tout simplement délicieux. Et puis, enfin, Rooney Mara est une Lisbeth parfaite, autant dans son corps et sa manière d&#8217;évoluer, que dans sa voix absolument fascinante, mélange de fragilité et de ténacité.</p>
<p>Sans parcourir le film dans ses moindres détails, je trouve que les choix qui sont faits se tiennent bien &#8211; à part une petite réserve sur la résolution de l&#8217;énigme, pour le coup assez différente du livre, et que je préfère dans le livre. Comme souvent chez Fincher, les décors, costumes, accessoires fourmillent de détails plaisants et bien vus : une bouteille qui roule sur un frigo, un iPhoto dont on sait mal se servir, un bête gobelet de café, un sachet de donuts&#8230; Tout fourmille de précision et de cohérence, ce qui n&#8217;est guère étonnant quand on connaît un peu le niveau de maniaquerie du réalisateur. Les scènes difficiles, que je craignais parce qu&#8217;on n&#8217;est jamais très loin du voyeurisme quand on choisit de montrer ça, sont finalement rattrapées, un peu de justesse, mais bon, par la souffrance évidente de Lisbeth, et surtout par son sang qui coule abondamment dans la baignoire. L&#8217;absence de ce plan aurait à mes yeux condamné la séquence et même tout le film.</p>
<p>Je ne compare pas avec le téléfilm dit &laquo;&nbsp;original&nbsp;&raquo;, que je n&#8217;ai pas vu. Noomi Rapace, à qui, c&#8217;est plus fort que moi, je trouve toujours un air de ressemblance avec Mathilde Seigner (désolée&#8230;&#8230;.), me plaît moins sur le papier, mais on m&#8217;en dit du plus grand bien. Je doute cependant d&#8217;avoir l&#8217;envie ou l&#8217;occasion de rattraper ma lacune.</p>
<p>Et après avoir lu le tome 2, j&#8217;avoue espérer dans un monde idéal que la même dream-team puisse se reformer à nouveau&#8230; Les acteurs ont a priori signé pour les trois volets, mais quid de Fincher ? C&#8217;est vrai que, je l&#8217;avoue, il a sûrement autre chose à faire, mais son film donne l&#8217;impression qu&#8217;il s&#8217;est quand même bien amusé avec ce matériau. A suivre donc !</p>
<p><strong>Note :</strong> 5.5 out of 6 stars</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>A Dangerous Method (David Cronenberg)</title>
		<link>http://interstella.fr/index.php/2012/01/02/a-dangerous-method-david-cronenberg/</link>
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		<pubDate>Mon, 02 Jan 2012 22:11:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stella</dc:creator>
				<category><![CDATA[- Avis]]></category>
		<category><![CDATA[David Cronenberg]]></category>
		<category><![CDATA[Michael Fassbender]]></category>
		<category><![CDATA[Viggo Mortensen]]></category>

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		<description><![CDATA[Avec un duo d'acteurs pareil (Viggo Mortensen face à Michael Fassbender), et un sujet qui semblait clairement jouer sur la relation entre les deux personnages, les deux figures que sont Freud et Jung, je m'attendais à un jeu de ping-pong entre les deux, à une réflexion sur leurs rapports, à une belle rivalité.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Sabina Spielrein, une jeune femme souffrant d&#8217;hystérie, est soignée par le psychanalyste Carl Jung. Elle devient bientôt sa maîtresse en même temps que sa patiente. Leur relation est révélée lorsque Sabina rentre en contact avec Sigmund Freud&#8230;</p></blockquote>
<p>Avec un duo d&#8217;acteurs pareil (Viggo Mortensen face à Michael Fassbender), et un sujet qui semblait clairement jouer sur la relation entre les deux personnages, les deux figures que sont Freud et Jung, je m&#8217;attendais à un jeu de ping-pong entre les deux, à une réflexion sur leurs rapports, à une belle rivalité.</p>
<p>Malheureusement, ce sujet, prometteur bien qu&#8217;un peu racoleur, n&#8217;occupe qu&#8217;une partie minime du film de Cronenberg. Et c&#8217;est dommage, car on voit finalement assez peu Viggo Mortensen, pourtant très bon dans un registre assez minimaliste, cigare en bouche et sourire discret. Le film se concentre très largement sur le personnage de Jung ; je n&#8217;ai rien à y redire, on l&#8217;aime bien, notre Michael. Et il est très bon dans ce rôle, aussi, incarnant parfaitement les doutes, les idéaux du personnage : face aux certitudes de Freud, centrées sur la sexualité, Jung oppose une résistance salvatrice, et une volonté d&#8217;aller plus loin, d&#8217;explorer des mondes inconnus, parfois à la frontière du rationnel. Démarche qui pourrait être passionnante à creuser, mais non, le film préfère s&#8217;attarder sur la relation de Jung avec Sabina Spielrein, sa patiente hystérique, la façon dont il va la guérir et l&#8217;amener à être elle-même médecin. Relation intéressante certes, mais Keira Knightley, après de premières scènes &laquo;&nbsp;de folie&nbsp;&raquo; assez difficiles à supporter tellement elles sont fabriquées et tellement elle est laissée seule dans le cadre avec ses mâchoires, n&#8217;offre que peu de profondeur à son personnage, le rendant par la suite relativement lisse, malgré quelques beaux moments de rébellion contre l&#8217;univers mâle qui se dresse devant elle.</p>
<p>A part quelques scènes à sensations, Cronenberg recourt à une mise en scène très sobre, et qui, malheureusement, finit par ennuyer.<br />
A tort peut-être, car sous la surface, le film bouillonne de mille conflits internes. On le sent en particulier dans l&#8217;effort mis sur la bande originale du film, signée Howard Shore, qui joue un vrai dialogue avec les partitions de Wagner, autre grand homme marquant de cette époque ; sa présence permanente et quasi inconsciente pour le spectateur (même si <strong>Siegfried</strong> est évoqué à plusieurs reprises) rajoute sans aucun doute une couche de sens importante au film. Comme si ce que l&#8217;on voyait à l&#8217;écran n&#8217;était pas toute la vérité, comme si la science seule ne suffisait pas, et qu&#8217;elle devait être secondée par l&#8217;art, et par les mythes, pour parvenir à déchiffrer, peut-être, des fragments essentiels.</p>
<p>Très (trop ?) cérébral, ce film perd probablement une partie de son public en donnant une fausse impression d&#8217;académisme. Alors qu&#8217;il mériterait une analyse minutieuse qui ne manquerait sûrement pas d&#8217;être fructueuse.</p>
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		<title>Carnage (Roman Polanski)</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Dec 2011 23:53:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stella</dc:creator>
				<category><![CDATA[- Avis]]></category>
		<category><![CDATA[Christoph Waltz]]></category>
		<category><![CDATA[Jodie Foster]]></category>
		<category><![CDATA[John C. Reilly]]></category>
		<category><![CDATA[Kate Winslet]]></category>
		<category><![CDATA[Roman Polanski]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans un jardin public, deux enfants de 11 ans se bagarrent et se blessent. Les parents de la &#171;&#160;victime&#160;&#187; demandent à s&#8217;expliquer avec les parents du &#171;&#160;coupable&#160;&#187;. Rapidement, les échanges cordiaux cèdent le pas à l&#8217;affrontement. Où s&#8217;arrêtera le carnage ? Après la très bonne surprise de The Ghost-Writer, son précédent film, Roman Polanski monte [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Dans un jardin public, deux enfants de 11 ans se bagarrent et se blessent. Les parents de la &laquo;&nbsp;victime&nbsp;&raquo; demandent à s&#8217;expliquer avec les parents du &laquo;&nbsp;coupable&nbsp;&raquo;. Rapidement, les échanges cordiaux cèdent le pas à l&#8217;affrontement. Où s&#8217;arrêtera le carnage ?</p></blockquote>
<p>Après la très bonne surprise de <strong><a title="The Ghost-Writer (Roman Polanski)" href="http://interstella.fr/index.php/2010/04/01/the-ghost-writer-roman-polanski/">The Ghost-Writer</a></strong>, son précédent film, Roman Polanski monte d&#8217;un cran dans le huis clos et adapte ici une pièce de Yasmina Reza, <strong>Le Dieu du carnage</strong>. Querelles de parents, disputes d&#8217;adultes dont on comprend vite qu&#8217;elles ne valent pas mieux que les chamailleries sauvages de leurs fils&#8230; Voilà de quoi donner du grain à moudre aux quatre acteurs, uniques (ou presque) personnages du film.</p>
<p>Évidemment, l&#8217;intérêt est là. Qui pourrait être assez fou pour ne pas vouloir voir Kate Winslet, Jodie Foster, Christoph Waltz et John C. Reilly jouer ensemble ? Bien sûr, le côté &laquo;&nbsp;théâtre filmé&nbsp;&raquo; n&#8217;est jamais très loin, et l&#8217;écriture, toute en crescendo quant à l&#8217;état des protagonistes, les oblige parfois à verser carrément dans le surjeu. Cela dépend en fait un peu de leur personnage ; à cet égard, c&#8217;est probablement Jodie Foster la moins bien lotie. L&#8217;affiche du film est d&#8217;ailleurs assez fidèle à l&#8217;évolution des états. Les deux hommes restent finalement assez placides, malgré quelques hausses de ton ; et selon une tradition passivement misogyne, les deux femmes écopent de l&#8217;hystérie, des cris, de l&#8217;instabilité.</p>
<p><a href="http://interstella.fr/wp-content/affiche-carnage.jpg" rel="lightbox[2708]"><img class="aligncenter size-medium wp-image-2711" title="affiche-carnage" src="http://interstella.fr/wp-content/affiche-carnage-225x300.jpg" alt="" width="225" height="300" /></a></p>
<p>Passés ces petits détails (un peu gênants certes, mais attendus), on est évidemment très amusés par ces débats, ces non-dits, ce mépris rentré, ces petites piques, tant les comédiens s&#8217;amusent eux-mêmes. Quelques passages sont franchement drôles.</p>
<p>Au final, lorsque le film s&#8217;achève, on reste quand même un peu sur sa faim. La faute au matériau de base : sans l&#8217;avoir lue, je soupçonne la pièce de Reza de ne pas aller bien loin non plus. Finalement, tout cela reste une sorte de bon boulevard moderne, distrayant mais assez superficiel&#8230; Avec la caution &laquo;&nbsp;défouloir à parents&nbsp;&raquo;, un peu rebattue.</p>
<p>Plaisant à voir donc, et non dénué d&#8217;une certaine cruauté, mais je préfère Polanski plus ambitieux.</p>
<p><strong>Note :</strong> 4 out of 6 stars</p>
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		<title>Shame (Steve McQueen)</title>
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		<pubDate>Fri, 02 Dec 2011 06:30:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stella</dc:creator>
				<category><![CDATA[- Avis]]></category>
		<category><![CDATA[Carey Mulligan]]></category>
		<category><![CDATA[Michael Fassbender]]></category>
		<category><![CDATA[Nicole Beharie]]></category>
		<category><![CDATA[Steve McQueen]]></category>

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		<description><![CDATA[Le film aborde de manière très frontale la question d&#8217;une addiction sexuelle, celle de Brandon, trentenaire new-yorkais, vivant seul et travaillant beaucoup. Quand sa sœur Sissy arrive sans prévenir à New York et s&#8217;installe dans son appartement, Brandon aura de plus en plus de mal à dissimuler sa vraie vie&#8230; Le rôle de Steve McQueen [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Le film aborde de manière très frontale la question d&#8217;une addiction sexuelle, celle de Brandon, trentenaire new-yorkais, vivant seul et travaillant beaucoup. Quand sa sœur Sissy arrive sans prévenir à New York et s&#8217;installe dans son appartement, Brandon aura de plus en plus de mal à dissimuler sa vraie vie&#8230;</p></blockquote>
<p>Le rôle de Steve McQueen dans la carrière de Michael Fassbender est primordial. S&#8217;il est vrai que c&#8217;est François Ozon qui nous l&#8217;avait fait découvrir dans <strong>Angel</strong>, c&#8217;est en revanche bien le réalisateur britannique qui, dans son premier film, <strong><a title="Hunger (Steve McQueen)" href="http://interstella.fr/index.php/2008/11/27/hunger-steve-mcqueen/">Hunger</a>, </strong>nous avait montré à quel point Fassbender est un acteur exigeant, extrême, et engagé dans son métier, à travers son interprétation de Bobby Sands, et de sa grève de la faim. Déjà, le corps de l&#8217;acteur était au cœur du film : sa transformation, son incarnation, son omniprésence, son trouble.</p>
<p>Désormais lancé dans une carrière internationale qui explose en cette fin d&#8217;année 2011, Fassbender n&#8217;a pas oublié celui qui lui a donné plus de visibilité et continue à travailler avec lui. <strong>Shame</strong> est leur deuxième collaboration, et là encore, tout est question de corps, un corps qui encombre, un corps qu&#8217;il faut vider, de son énergie, de ses fluides.</p>
<p>Le sujet est délicat, car comment traiter une addiction qui, très vite, peut glisser dans le registre du boulevard ? Justement, la frontière est fine, et le grotesque n&#8217;est jamais loin. Personnage pathétique au sens propre, Brandon, malgré ses airs d&#8217; &laquo;&nbsp;homme comme les autres&nbsp;&raquo;, souffre, fait souffrir, et nous inspire de la pitié. Une vraie tragédie grecque. On se prend d&#8217;ailleurs à craindre le pire pour sa sœur, la dure-mais-fragile Sissy, mais le pire arrive déguisé, pas vraiment là où on l&#8217;attendait.</p>
<p>Ces deux personnages brisés (par quoi ? on ne le saura pas vraiment, et peu importe) dont la relation est endommagée à jamais à cause de leurs blessures respectives, qui les empêchent de se lier vraiment l&#8217;un à l&#8217;autre, sont le centre émotionnel du film, ce à quoi on essaie de se rattacher, dans cet univers urbain si désespéré. Et ce n&#8217;est pas chose facile. Steve McQueen n&#8217;est pas de ces réalisateurs qui vous mettent à l&#8217;aise, vous indiquent où vos sentiments doivent pencher. Il n&#8217;y a qu&#8217;à voir comment il filme Carey Mulligan qui chante une version intimiste de <em>New York, New York</em>, dans un très long plan fixe qui nous oblige à nous accrocher, vaille que vaille, à mesurer les hésitations, les respirations, les moindres mouvements de bouche et de cils&#8230; Étrange et décontenançant, mais bizarrement touchant. Le film fonctionne ainsi, par petites touches d&#8217;humanité, comme ce personnage féminin &laquo;&nbsp;réel&nbsp;&raquo; interprété par Nicole Beharie, en particulier durant une scène de restaurant, fausse respiration, fausse lumière, faux espoir.</p>
<p>Le film est un parcours piégé. Très facile de voir de l&#8217;anecdotique et du complaisant (voire du trivial) là où se déroulent en fait des drames ; facile de voir un banal récit urbain là où on nage dans un New York littéralement infernal. On sort de la salle un peu hébété, avec l&#8217;impression de ne pas avoir tout assimilé, et même, d&#8217;avoir vu un film un peu superficiel. Et puis le temps passe, les images reviennent, pas les images-choc, mais d&#8217;autres, et tout prend plus de sens. Il est difficile de s&#8217;accrocher émotionnellement au film de façon immédiate, c&#8217;est peut-être son défaut &#8211; à moins que ce ne soit totalement voulu.</p>
<p><strong>Note :</strong> 5 out of 6 stars</p>
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		<title>Contagion (Steven Soderbergh)</title>
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		<pubDate>Tue, 29 Nov 2011 09:59:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stella</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Une pandémie dévastatrice explose à l’échelle du globe… Au Centre de Prévention et de Contrôle des Maladies, des équipes se mobilisent pour tenter de décrypter le génome du mystérieux virus, qui ne cesse de muter. Le Sous-Directeur Cheever, confronté à un vent de panique collective, est obligé d’exposer la vie d’une jeune et courageuse doctoresse. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Une pandémie dévastatrice explose à l’échelle du globe… Au Centre de Prévention et de Contrôle des Maladies, des équipes se mobilisent pour tenter de décrypter le génome du mystérieux virus, qui ne cesse de muter. Le Sous-Directeur Cheever, confronté à un vent de panique collective, est obligé d’exposer la vie d’une jeune et courageuse doctoresse. Tandis que les grands groupes pharmaceutiques se livrent une bataille acharnée pour la mise au point d’un vaccin, le Dr. Leonora Orantes, de l’OMS, s’efforce de remonter aux sources du fléau. Les cas mortels se multiplient, jusqu’à mettre en péril les fondements de la société, et un blogueur militant suscite une panique aussi dangereuse que le virus en déclarant qu’on &laquo;&nbsp;cache la vérité&nbsp;&raquo; à la population…</p></blockquote>
<p>Gwyneth Paltrow, Matt Damon, Kate Winslet et Jude Law sur fond de pandémie moderne : sur le papier ce film est fait pour me plaire. D&#8217;autant que le réalisateur Steven Soderbergh, prolixe et original, pouvait apporter une patte un peu particulière à tout ça.</p>
<p>Malheureusement, il n&#8217;en est rien, ou plutôt pas grand-chose. Difficile de savoir à quoi ça tient, car les acteurs sont bons (mention à Kate Winslet, dont la scène dans la chambre d&#8217;hôtel est réellement émouvante, à Gwyneth Paltrow en malade/mourante exemplaire, et à Jude Law en blogueur-fouineur-charlatan). Mais cela ne suffit pas, on a une paranoïa modérée,  des explications scientifiques malmenées, et une épidémie finalement peu spectaculaire, que ce soit à l&#8217;image ou dans l&#8217;imaginaire du spectateur. Le plus marquant du film est de voir tous les &laquo;&nbsp;contacts&nbsp;&raquo; qui véhiculent le virus : barre dans le métro, cuisine de restaurant, éternuements dans les transports en commun&#8230; C&#8217;est naturellement marquant, et cela frappe les esprits, mais au fond c&#8217;est présenté de façon tout à fait plate. On pourrait aller dans une sorte de folie qui rendrait complètement misanthrope et agoraphobe, car après tout le mythe de l&#8217;épidémie est avant tout une peur de l&#8217;autre et du contact ; mais non, cela reste gentillet, cela donne envie de se laver les mains en rentrant du cinéma&#8230; et puis c&#8217;est tout. Je passe sur le personnage de Marion Cotillard, aussi fade qu&#8217;inutile.</p>
<p>De la même manière, toute l&#8217;intrigue autour des labos, du vaccin, de la manipulation des foules, qui est vue à travers le personnage de Jude Law, est très superficielle, et surtout, jamais Soderbergh ne prend un parti. On se fiche un peu de savoir ce qu&#8217;il en pense, attention ; mais avoir un regard un peu plus tranché aurait rendu sa mise en scène un peu plus passionnante. Ici, peu importe finalement que le personnage de Jude Law ait tort ou raison, tout est simplement montré, avec une distance de sécurité un peu frustrante, car elle n&#8217;ose ni le voyeurisme (pourtant intrinsèque à ce genre de sujet), ni la précision scientifique ou documentaire.</p>
<p>Sur un sujet pareil il y a pourtant de quoi faire quelque chose de bien plus perturbant !</p>
<p><strong>Note :</strong> 3.5 out of 6 stars</p>
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		<title>50/50 (Jonathan Levine)</title>
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		<pubDate>Sun, 27 Nov 2011 18:16:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stella</dc:creator>
				<category><![CDATA[- Avis]]></category>
		<category><![CDATA[Anjelica Huston]]></category>
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		<description><![CDATA[Le quotidien d&#8217;Adam, 27 ans, bascule le jour où il est diagnostiqué d&#8217;un cancer. Il l&#8217;annonce alors à sa petite amie, son meilleur ami et sa mère qui, tous trois, vont réagir différemment à la nouvelle et conduire le jeune homme à s&#8217;interroger sur la manière dont il veut vivre cette épreuve. Le résumé ci-dessus [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Le quotidien d&#8217;Adam, 27 ans, bascule le jour où il est diagnostiqué d&#8217;un cancer. Il l&#8217;annonce alors à sa petite amie, son meilleur ami et sa mère qui, tous trois, vont réagir différemment à la nouvelle et conduire le jeune homme à s&#8217;interroger sur la manière dont il veut vivre cette épreuve.</p></blockquote>
<p>Le résumé ci-dessus n&#8217;indique pas tout à fait le ton de <strong>50/50</strong>. En effet, malgré un sujet lourd et grave, Jonathan Levine choisit une approche légère qui n&#8217;a pas peur d&#8217;aller franchement dans la comédie.<br />
Malgré tout, pas de cynisme ou de fausse pudeur ici, juste pour le principe de &laquo;&nbsp;faire rire autour du cancer&nbsp;&raquo;. Non, pas du tout. D&#8217;autant que le film ose avant tout aller dans le vif de son sujet : la maladie, la mort, les relations complexes avec les autres (amis, famille, thérapeutes), sans prendre de gants. On a ainsi des scènes en hôpital qui, sans être crues, montrent quand même ce qu&#8217;il y a à montrer.</p>
<p>Ce choix assez courageux est exactement le point fort de ce film. Car, évidemment, quand on va voir un film avec Seth Rogen, on s&#8217;attend à rire un peu. Ce à quoi on s&#8217;attend moins, c&#8217;est à être fortement ému, voire bouleversé par ce récit et par le sort de ce jeune homme auquel on s&#8217;est, l&#8217;air de rien, attaché pendant la première partie du film.</p>
<p>Joseph Gordon-Levitt prête sa beauté fragile au personnage d&#8217;Adam et cela fonctionne très bien. Inutile de chercher ici une performance plus vraie que nature : non, vous ne verrez pas l&#8217;acteur émacié, se vantant d&#8217;avoir perdu 15 kilos pour le rôle, ou d&#8217;autres choses du même acabit et d&#8217;un goût douteux. Non, ici on a la dignité de ne pas laisser croire qu&#8217;il suffit de perdre du poids pour incarner un malade. Et du coup, c&#8217;est notre imagination qui fait le reste&#8230; ce qui est bien plus redoutable.</p>
<p>Il y a des scènes absolument déchirantes dans le film, en particulier celles entre la mère (interprétée par Anjelica Huston) et le fils, montrant l&#8217;incapacité de ce dernier à s&#8217;ouvrir avec elle, et surtout, une scène dans la salle de bains de Seth Rogen, où Adam trouve un livre, qui est vraiment bouleversante. Ce second rôle du meilleur ami, au second plan, est d&#8217;autant plus important et subtil qu&#8217;il est directement inspiré de ce qu&#8217;a vécu Seth Rogen avec Will Reiser, l&#8217;un de ses amis qui lutta contre le cancer &#8211; et scénariste du film.</p>
<p>Sans être un grand chef d’œuvre, <strong>50/50</strong> nous cueille avec une sincérité et une sorte de simplicité qui font que l&#8217;on ressent avec acuité ce que traversent les personnages. Un troisième film réussi pour le réalisateur du film culte <a title="Tous les garçons aiment Mandy Lane (Jonathan Levine)" href="http://interstella.fr/index.php/2009/05/22/tous-les-garcons-aiment-mandy-lane-jonathan-levine/"><strong>Tous les garçons aiment Mandy Lane</strong></a>.</p>
<p><strong>Note :</strong> 5 out of 6 stars</p>
]]></content:encoded>
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		<title>We Need to Talk About Kevin (Lynne Ramsay)</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Nov 2011 06:30:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stella</dc:creator>
				<category><![CDATA[- Avis]]></category>
		<category><![CDATA[Ezra Miller]]></category>
		<category><![CDATA[Jasper Newell]]></category>
		<category><![CDATA[John C. Reilly]]></category>
		<category><![CDATA[Lynne Ramsay]]></category>
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		<description><![CDATA[Eva a mis sa vie professionnelle et ses ambitions personnelles entre parenthèses pour donner naissance à Kevin. La communication entre mère et fils s’avère d’emblée très compliquée. A l’aube de ses 16 ans, il commet l’irréparable. Eva s’interroge alors sur sa responsabilité. En se remémorant les étapes de sa vie avant et avec Kevin, elle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Eva a mis sa vie professionnelle et ses ambitions personnelles entre parenthèses pour donner naissance à Kevin. La communication entre mère et fils s’avère d’emblée très compliquée. A l’aube de ses 16 ans, il commet l’irréparable. Eva s’interroge alors sur sa responsabilité. En se remémorant les étapes de sa vie avant et avec Kevin, elle tente de comprendre ce qu’elle aurait pu ou peut-être dû faire.</p></blockquote>
<p>Tilda Swinton n&#8217;est pas le genre d&#8217;actrice qui vous met à l&#8217;aise. 90% de ses rôles sont compliqués, aigus, souvent haïssables, toujours inconfortables. J&#8217;ai moi-même une sorte d&#8217;aversion pour elle, malgré son talent, malgré son physique si particulier qu&#8217;il devrait en être appréciable&#8230; Et pourtant, je ne vois pas aujourd&#8217;hui qui d&#8217;autre qu&#8217;elle aurait pu interpréter cette Eva, dont on ne sait si on doit l&#8217;accuser, la consoler, la comprendre, ou la détester.</p>
<p>Pas banal, d&#8217;aborder la maternité non pas sous l&#8217;angle du bonheur joufflu et des épanchements de salive, mais pas non plus sous le versant &laquo;&nbsp;c&#8217;est dur aussi d&#8217;être maman, il y a des moments difficiles&nbsp;&raquo;. Non, on est ici plus loin que le psycho-bazar, plus loin que l&#8217;anecdotique. Ici, c&#8217;est de la tragédie, avec des mères-monstres qui n&#8217;en sont pas vraiment et des enfants-héros parricides.</p>
<p>Par sa construction non plus, <strong>We Need to Talk About Kevin</strong> ne cherche pas à nous mettre à l&#8217;aise. Flashbacks, mélanges entre présent ensanglanté et souvenirs pesants, tout se mêle pour nous imposer cette mère, qui parce qu&#8217;elle est mère, paraît forcément coupable, coupable de ne &laquo;&nbsp;pas assez aimer&nbsp;&raquo;, de ne pas faire &laquo;&nbsp;ce qu&#8217;il faut&nbsp;&raquo;, de ne pas &laquo;&nbsp;être maternelle&nbsp;&raquo;, et toutes ces horreurs que le bon sens commun, incarné à merveille par le père (John C. Reilly, lui aussi parfait dans le rôle) nous fait avaler jour après jour. Cet &laquo;&nbsp;amour filial&nbsp;&raquo; sera en fait ce que tout le film essaiera de construire, au-delà des clichés et des articles de magazines.</p>
<p>La mise en scène se fait insidieuse et subtile ; quelques coquilles d’œuf par ci, quelques ongles par là, et surtout une traversée en voiture parmi des monstres d&#8217;Halloween plus terrifiants que des vrais, sur fond de Buddy Holly. L&#8217;une des meilleures scènes de l&#8217;année. Et puis Ezra Miller, qui interprète Kevin adolescent, est parfait dans le rôle de ce psychopathe doucereux. On en ferait des cauchemars.</p>
<p>J&#8217;ai été trop mal à l&#8217;aise en sortant du film pour pleinement le juger, mais quelques semaines après l&#8217;avoir vu, non seulement je ne l&#8217;ai pas oublié, mais il vieillit extrêmement bien. Attention, c&#8217;est le contraire d&#8217;un feel-good movie, et il y a de quoi vous faire peur d&#8217;enfanter un jour un Kevin, mais c&#8217;est un très solide film.</p>
<p><strong>Note :</strong> 4.5 out of 6 stars</p>
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		<title>Les marches du pouvoir (George Clooney)</title>
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		<pubDate>Mon, 21 Nov 2011 06:30:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stella</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Evan Rachel Wood]]></category>
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		<description><![CDATA[Stephen Meyers est le jeune mais déjà très expérimenté conseiller de campagne du gouverneur Morris, qui se prépare pour les élections à la présidence américaine. Idéaliste et décidé à faire honnêtement tout ce qu’il peut pour faire gagner celui qu’il considère sincèrement comme le meilleur candidat, Stephen s’engage totalement. Pourtant, face aux manipulations et aux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Stephen Meyers est le jeune mais déjà très expérimenté conseiller de campagne du gouverneur Morris, qui se prépare pour les élections à la présidence américaine. Idéaliste et décidé à faire honnêtement tout ce qu’il peut pour faire gagner celui qu’il considère sincèrement comme le meilleur candidat, Stephen s’engage totalement. Pourtant, face aux manipulations et aux coups tordus qui se multiplient vite, Stephen va devoir faire évoluer sa façon de travailler et de voir les choses. Entre tentations et désillusions, les arcanes du pouvoir le transforment…</p></blockquote>
<p>George Clooney, acteur généralement unanimement apprécié (et pas que de la gente féminine&#8230;) et respecté pour ses engagements politiques n&#8217;en est pas à son coup d&#8217;essai derrière la caméra. J&#8217;avais d&#8217;ailleurs plutôt bien aimé ses deux premiers films, <strong>Confessions d&#8217;un homme dangereux</strong> et surtout <strong><a title="Good Night, And Good Luck. (George Clooney)" href="http://interstella.fr/index.php/2006/01/09/good-night-and-good-luck-george-clooney/">Good Night, and Good Luck</a>.</strong></p>
<p>Sur un sujet pareil, les élections présidentielles aux États-Unis et les désillusions évidentes que le personnage interprété par Ryan Gosling, on pouvait espérer quelque chose d&#8217;un peu flamboyant, d&#8217;un peu animé. D&#8217;autant que le titre original, &laquo;&nbsp;<strong>The Ides of March</strong>&laquo;&nbsp;, renvoie à l&#8217;assassinat de Jules César, et à des enjeux politiques complexes et passionnants. Malheureusement, malgré la sympathie extrême &#8211; et plus, si affinités &#8211; que nous inspirent les deux acteurs au premier plan, il faut quand même avouer que tout est très tranquille, pas très fouillé, si bien que lorsque la fin du film arrive, on se demande un peu pourquoi tout ce film pour pas grand-chose.</p>
<p>Étonnamment, c&#8217;est plutôt du côté des seconds rôles qu&#8217;on peut s&#8217;accrocher à quelque chose d&#8217;un peu plus vivant. Evan Rachel Wood d&#8217;abord, parfaite dans le rôle de cette jeune femme qui sera forcément sacrifiée. Mais aussi Paul Giamatti, assez délicieusement malin et roublard, et puis, surtout, surtout, l&#8217;immense Philip Seymour Hoffman, superbe acteur quand il est correctement dirigé, qui prête comme d&#8217;habitude non seulement sa voix et son regard mais tout son corps, fatigué, essoufflé, au service de ce personnage qui est probablement le mieux écrit de tous. Involontairement drôle parfois, et souvent touchant, c&#8217;est aujourd&#8217;hui surtout ce qui me reste du film.</p>
<p>Le fond du film est pourtant tout à fait appréciable, et défend de beaux idéaux. Le côté désenchanté et presque pessimiste de l&#8217;ensemble colle assez avec le sentiment qui semble habiter ceux qui espéraient tant en Barack Obama. Malgré tout, de bonnes intentions ne suffisent pas, un scénario un peu plus étoffé, un peu plus de flamme et un peu plus de mise en scène auraient suffi à faire la différence&#8230;</p>
<p><strong>Note :</strong> 3.5 out of 6 stars</p>
]]></content:encoded>
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		<title>The Artist (Michel Hazanavicius)</title>
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		<pubDate>Sun, 20 Nov 2011 06:32:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stella</dc:creator>
				<category><![CDATA[- Avis]]></category>
		<category><![CDATA[Bérénice Béjo]]></category>
		<category><![CDATA[James Cromwell]]></category>
		<category><![CDATA[Jean Dujardin]]></category>
		<category><![CDATA[Michel Hazanavicius]]></category>

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		<description><![CDATA[Hollywood, 1927. George Valentin est une vedette du cinéma muet à qui tout sourit. L&#8217;arrivée des films parlants va le faire sombrer dans l&#8217;oubli. Peppy Miller, jeune figurante, va elle, être propulsée au firmament des stars. Ce film raconte l&#8217;histoire de leurs destins croisés, ou comment la célébrité, l&#8217;orgueil et l&#8217;argent peuvent être autant d&#8217;obstacles [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Hollywood, 1927. George Valentin est une vedette du cinéma muet à qui tout sourit. L&#8217;arrivée des films parlants va le faire sombrer dans l&#8217;oubli. Peppy Miller, jeune figurante, va elle, être propulsée au firmament des stars. Ce film raconte l&#8217;histoire de leurs destins croisés, ou comment la célébrité, l&#8217;orgueil et l&#8217;argent peuvent être autant d&#8217;obstacles à leur histoire d&#8217;amour.</p></blockquote>
<p>Hazanavicius aime son acteur principal, Jean Dujardin, qu&#8217;il a déjà dirigé dans les deux volets des aventures d&#8217;<strong>OSS 117</strong>. Il lui offre ici, d&#8217;un seul coup, avec George Valentin, un rôle en or, un prix d&#8217;interprétation à Cannes et un ticket direct pour la renommée internationale. En effet, film muet tourné aux États-Unis, le film va pouvoir y être montré et défendu, surtout depuis que les frères Weinstein, producteurs tout puissants dès lors qu&#8217;il s&#8217;agit des campagnes pour les Oscars, distribuent le film outre-Atlantique et prennent tout ça en main.</p>
<p>Dujardin est un comédien qui, sous de faux airs de cancre, semble en fait très rigoureux dans son travail. Jouer un acteur, dans un film muet de surcroît, était un challenge qu&#8217;il relève haut la main. Bérénice Béjo, à ses côtés, dont on pouvait craindre qu&#8217;elle ait un jeu et un visage trop &laquo;&nbsp;contemporains&nbsp;&raquo; pour le rôle, est en fait elle aussi très bonne, apportant une vraie fraîcheur et un joli relief à sa Peppy Miller. Dans les seconds rôles, on retient l&#8217;inénarrable James Cromwell, toujours impeccable, et puis le petit chien, formidable sidekick pétillant.</p>
<p>Je reprocherais quand même au film un manque certain d&#8217;originalité. Je trouve dommage que le scénario du film se contente de mélanger, mixer et resservir des ingrédients tout droits sortis des deux grands classiques que sont <strong>Chantons sous la pluie</strong> (pour le passage du muet au parlant et le contraste entre l&#8217;ancienne star et la jeune actrice montante) et <strong>Une étoile est née</strong> (pour le côté Pygmalion dépressif et sa relation avec une femme plus pure qu&#8217;il n&#8217;y paraît). Entendons-nous bien, j&#8217;adore ces deux films ainsi que leur scénario, mais je pensais que <strong>The Artist</strong> allait apporter un regard neuf sur tout ça, or ce n&#8217;est pas le cas. Dommage, car stylistiquement tout est impeccable, la musique, les costumes, et surtout les décors. Certaines scènes sont brillamment réalisées, mais tout comme les <strong>OSS</strong> manquaient cruellement de rythme, ici il manque un petit quelque chose pour que cela fonctionne à 100%. Pour la grande scène vers la fin du film, Hazanavicius a choisi de piocher dans la bande originale du film <strong>Sueurs Froides</strong>, composée par Bernard Herrmann. Ce morceau (&laquo;&nbsp;Scene d&#8217;Amour&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;Love Scene&nbsp;&raquo;) est tellement magnifique en lui-même, ne cherchez pas : vous pouvez monter n&#8217;importe quelle image dessus, et ce sera bouleversant. J&#8217;exagère un peu, mais disons qu&#8217;en grande admiratrice de ce morceau, j&#8217;ai adoré l&#8217;entendre, mais j&#8217;ai trouvé que le montage de cette séquence n&#8217;était pas à sa hauteur et que l&#8217;émotion venait essentiellement de lui, et non de ce qui se passait à l&#8217;écran. Dommage aussi que Ludovic Bource, compositeur, pour une meilleure cohérence de l&#8217;ensemble, copie-colle allégrement des accords de Herrmann.</p>
<p>Mais, sans être le chef d’œuvre que certains ont voulu nous vendre, le film se suit très agréablement. C&#8217;est un beau film de cinéphile, qui est bourré d&#8217;hommages et plein d&#8217;amour pour cette période cruciale du 7ème art. Et puis, surtout, sa scène finale est merveilleuse. Sans en dire plus, car en tant que fan de &laquo;&nbsp;ces films-là&nbsp;&raquo; j&#8217;ai vraiment adoré cette petite surprise, les deux acteurs sont au top techniquement parlant, et c&#8217;est une scène qui apporte une conclusion cohérente, émouvante et joyeuse au récit. Rien que pour cette scène j&#8217;ai envie de faire des bisous au réalisateur. Je vous laisse la découvrir !</p>
<p><strong>Note :</strong> 4 out of 6 stars (oui, je ne mets que cette note-là en ce moment&#8230;)</p>
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