The Island (Michael Bay)

The Island (Michael Bay)

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Lincoln Six-Echo et Jordan Two-Delta sont deux des habitants d’une colonie souterraine où vivent les derniers survivants d’une catastrophe biologique qui a décimé la Terre. La vie y est très réglementée et cadrée ; seul un événement vient régulièrement éveiller les espoirs : le tirage de la loterie, qui désigne une personne qui aura la chance d’aller sur « l’île », dernier site préservé. Mais, peu à peu perturbé par de petits détails, Lincoln Six-Echo commence à se poser des questions sur cet environnement…

Je ne suis pas vraiment fan de ce que fait Michael Bay, même si j’y trouve une certaine source d’amusement de temps en temps. C’est donc haut-la-main que ce film se classe en première place du classement « Filmographie de M. Bay ».

L’histoire est vieille comme Socrate, dérivé futuriste du mythe de la caverne, mais l’ensemble, sans être révolutionnaire (d’ailleurs jamais il ne prétend l’être), tient plutôt bien la route, et le propos n’est pas désagréable. Je n’en dirai pas plus pour préserver un peu le scénario. L’univers de la colonie a été précisément créé, et est suffisamment décrit (sans trop d’insistance) pour que l’on comprenne vite les enjeux.

Scarlett Johansson est bien entendu charmante, mais surtout, Ewan McGregor apporte une touche de fantaisie vraiment salvatrice dans l’univers très carré-efficace de Bay. Son plaisir de jouer dans toutes sortes de films, toutes sortes de genres, est toujours beau à voir.

Beaucoup plus posé que les autres opus du réalisateur, avec un scénario un peu plus riche à mon goût, et des interprètes inhabituels, The Island est un film que j’ai eu du plaisir à revoir, qui fonctionne bien et qui, sans aller très loin, ne se contente pas d’être un film d’action bête et méchant, avec trente plans par seconde et de l’humour de fond de placard comme seuls ressorts cinématographiques…

Kung Fu Panda (Mark Osborne & John Stevenson)

Kung Fu Panda (Mark Osborne & John Stevenson)

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Po, un panda joufflu et grassouillet, fait des rêves où il est un grand héros de kung fu, auprès de ses idoles, les Cinq Cyclones : maître Tigresse, maître Singe, maître Grue, maître Mante, et maître Vipère. Au réveil, il n’est qu’employé dans le restaurant de soupes tenu par son père. Pendant ce temps, dans le palais de Jade, maître Shifu, qui a entraîné les Cinq Cyclones, apprend que Taï-Lung, son ancien apprenti, maléfique et très puissant, s’est peut-être évadé de sa prison… Il est temps pour maître Oogway, l’ancien, de désigner le guerrier Dragon, celui qui sera seul capable de vaincre Taï-Lung.

Pourquoi de nouveau un avis sur un film dont j’avais déjà parlé à sa sortie ? Eh bien parce que, comme je l’évoquais dans mon top 2008, ce film est devenu un objet de culte dans mon foyer (non non, je n’ai pas d’enfants). Que ce soient des conversations surréalistes sur la vie des Cinq Cyclones, des arrêts sur image sur la position de Singe sur sa chaise lors du repas, des répliques citées plusieurs fois par jour, la BO lancée subrepticement sur un iPhone , le film qui passe en boucle certains jours, et même, oui oui, même de vraies revisions, d’un bout à l’autre.

Eh bien le fait est que le film résiste plutôt bien à ce traitement. Je le connais désormais presque par cÅ“ur, mais les scènes me semblent toujours aussi bien ficelées, il n’y a pas un instant d’ennui, tout s’enchaîne vraiment bien. Po est touchant, ce gros animal qui se croit (et que l’on croit) incapable mais qui résiste aux coups les plus durs, protégé par son enthousiasme et son habitude à encaisser.

Le film est plein de petits détails mignons ou marrants, ça fourmille, à chaque seconde. L’étoile de ninja, la queue dans la soupe, les canards qui ploient sous le poids de la litière, les bougies, les manipulations guérisseuses de Shifu, l’acupuncture de Mante, les pêches, la plume du canard qui ouvre la serrure, les biscuits de Singe, la prise Wuxi…

Et comme ce n’est pas parce que c’est un film d’animation qu’il faut le regarder en VF, il est évident que le dynamisme du film est aussi porté par ses interprètes, Jack Black le premier bien sûr, qui prête sa voix au Panda avec un vrai talent, mais aussi Dustin Hoffman (Shifu), Angelina Jolie (Tigresse) ou encore Michael Clarke Duncan et sa voix ténébreuse (le commandant de la prison).

A noter qu’un petit film d’animation en 2D, Kung Fu Panda : Les Secrets des Cinq Cyclones, explore plus profondément les origines des cinq héros secondaires (avec une mention particulière pour les histoires de Tigresse, Singe et Vipère), et surtout, qu’une suite se prépare, pour juin 2011 : Kung Fu Panda : The Kaboom of Doom. C’est Jennifer Yuh, qui avait travaillé sur l’histoire du premier volet, qui en sera la réalisatrice, signant ainsi son premier long métrage.

A la maison, les conjectures sur l’histoire vont bon train. (Po va-t-il tomber amoureux ? Si oui, de qui ? Si de Tigresse, ce serait pourri, mais après tout pourquoi pas, ça dépend de la manière dont c’est amené.)

Vivement 2011…

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Pique-Nique à Hanging Rock (Peter Weir)

Pique-Nique à Hanging Rock (Peter Weir)

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Australie, 1900. Les jeunes filles d’un pensionnat privé et régi par l’austère Miss Appleyard partent en excursion au rocher de Hanging Rock, qui est connu pour être un danger mystérieux. Toutes sauf une, Sara, punie et privée de sortie, désespérée de ne pas pouvoir suivre la camarade qu’elle admire tant, Miranda. Mais lors de cette après-midi suave, Miranda et d’autres jeunes filles vont disparaître dans des circonstances inexplicables et inexpliquées.

Deuxième vision pour ce film au rythme très particulier, dans une langueur d’ennui (celle des jeunes filles), dans une ambiance mortifère (celle du pensionnat), sous le soleil ouaté australien. On trouve des vierges presque suicidées, dont on voit probablement un certain prolongement chez Jeffrey Eugenides puis Sofia Coppola, on trouve des jeunes hommes dépassés par le monde et par la féminité, et des femmes d’un autre monde…

Et toujours, devant ce film, je suis moi-même atteinte de cette langueur, et je m’endors, toujours au moins un peu, tellement tout me semble loin, tellement tout est lent, insidieux. Et toujours un peu en attente de quelque chose qui ne vient jamais, une élucidation, une explication, la survenue, enfin, de la raison.

Mais ce n’est pas l’endroit, et c’est justement là la réussite assez indicible de ce film, qui ne ressemble à aucun autre, qui raconte le ténu, qui raconte les mystères, comme une tragédie antique un peu obscure. Sara est la seule vivante, avec, finalement, la jeune professeur, et on se raccroche à elles, dans ce monde déliquescent qui poisse comme un cauchemar, sans jamais pourtant être horrifique (une sorte de version onirique et ensoleillée de Suspiria…)

En bref, le film me plaît mais ne m’envoûte qu’à moitié, jamais autant que je ne le voudrais, car ce film est, sur le papier, fait pour me fasciner.
Je vous renvoie donc à la prose nettement plus inspirée de la talentueuse Danielle Chou de FilmDeCulte, qui écrit ici un très beau texte sur le film, et me permet de regagner un silence salutaire.

Eve (Joseph L. Mankiewicz)

Eve (Joseph L. Mankiewicz)

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Eve, une jeune passionnée de théâtre, vient, soir après soir, assister aux représentations de la dernière pièce dans laquelle joue Margo Channing, comédienne vénérée. Eve n’a nulle part où aller ; sa passion, son entêtement et sa spontanéité séduisent le cercle d’amis de Margo, qui s’empressent de la recueillir et de l’inclure dans leur groupe. Très vite, de petits détails auront raison de l’image idéale qu’ils se faisaient de la jeune femme…

Film vu et revu, sur l’humain bien sûr mais avant tout sur le théâtre, sur les acteurs ou plutôt sur les actrices, Eve réussit le miracle d’être toujours aussi bon à chaque revision.

Scénario intelligent et bien construit, qui commence, évolue et finit avec une élégance rare ; mise en scène soignée, dans un noir et blanc magnifique, d’ombres et de lumière, d’ombres et de contrastes, d’ombres et de reflets ; le film frappe évidemment particulièrement par son interprétation, de haute volée.

Anne Baxter excelle dans le rôle de Eve qui est sans aucun doute le seul marquant de sa carrière. Elle a la douceur de visage idéale et le regard mielleux parfait, métamorphosables en un clin d’Å“il en un masque de fermeté et en un éclair de détermination : elle est aussi convaincante en jeune femme douce et fragile qu’en bloc de volonté et d’égoïsme.

George Sanders, seul du casting à avoir remporté l’Oscar, est comme d’habitude excellent dans le rôle du cynique mais lucide Addison DeWitt, condamné à tout comprendre, tout saisir, sans jamais pouvoir participer réellement à ce monde qu’il méprise. Celeste Holm, qui est, je le découvre, encore vivante, est aussi très bonne dans la peau de la brave Karen, et réussit à être touchante dans ce rôle nuancé. Gary Merill est aussi assez fascinant dans le rôle de Bill ; il dégage, je trouve quelque chose d’assez proche de ce que pouvait dégager Harrison Ford dans ses meilleures années. L’inénarrable Thelma Ritter arrive toujours à composer un second rôle remarquable, dans son habituel personnage de femme qui connaît la vie et qui n’hésite jamais à remettre son entourage à sa place à l’aide de petites phrases ciselées et bien pensées. Marilyn Monroe, dans l’un de ses premiers rôles, fait un passage éclair mais savoureux.

Et puis, bien sûr, le meilleur pour la fin : Bette Davis, incroyable de bout en bout, dans cet hyper-rôle tout juste suffisant à contenir son souffle et son désir de jeu ; actrice des orteils au bout des cils, dans une dépendance émotionnelle permanente et toujours une réplique cinglante en bouche, on ne voit qu’elle dès qu’elle est à l’écran, comme saisis par une sorte d’envoûtement.

On pourrait écrire des pages et des pages sur ce film…
Tout comme Chaînes conjugales, il excelle dans sa façon de présenter des femmes, si différentes, de la femme sagement dévouée, à la comédienne qui ne sait plus être une « simple femme », en passant par celle qui fait de la séduction un outil de pouvoir.
Mais il impressionne tout autant par sa maîtrise technique, sa beauté et son élégance. A revoir dans quelques mois…

Titanic (James Cameron)

Titanic (James Cameron)

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Fin du 20ème siècle. Une équipe de scientifique explore l’épave du Titanic, à la recherche d’un trésor. Une vieille femme se manifeste : elle serait une des survivantes du naufrage…
Southampton, 1912. Le Titanic, plus grand et plus somptueux paquebot du monde, s’apprête à faire son premier voyage, à travers l’Atlantique. Jack Dawson et son ami Fabrizio gagnent au poker des billets de troisième classe pour le voyage, tandis que la jeune Rose Dewitt Bukater embarque en première en compagnie de sa mère et de son fiancée, desquels elle ne peut se soustraire. Les routes de Jack et de Rose vont se croiser, jusqu’à la nuit fatidique du 14 avril.

On ne présente plus ce film, bien entendu, qui faisait scandale avant sa sortie par son coût de tournage (200 millions de dollars de budget, colossal), et qui a été ensuite connu pour ses records en termes d’entrées et de recettes, ainsi que pour la « Titanicmania » qui s’ensuivit.
Le film est, aujourd’hui encore, le premier du box office mondial, si l’on ne prend pas en compte l’inflation ; en effet, si on réajuste les choses avec l’évolution du dollar, c’est Autant en emporte le vent qui détient toujours son incroyable record. Pour en savoir plus sur le box office américain, vous pouvez visiter ce site ; pour le box-office mondial, un détour sur cette page wikipédia donne quelques classements.

J’étais dans la salle le 7 janvier 1998 en début d’après-midi ; j’attendais un peu le film, curieuse de l’entreprise mais plus ou moins prête à voir une catastrophe (le film, pas celle du bateau). J’en suis ressortie relativement bouleversée, avec cette sensation d’avoir vu quelque chose d’immense. J’y retournerai 4 fois en salle (dont une fois pour la ressortie anniversaire en janvier 99), non par fanatisme extrême, mais parce que j’avais la sensation qu’il fallait profiter des conditions qu’offre une salle de cinéma pour voir ce film-là.

Aujourd’hui, après une revision en DVD (je l’avais déjà revu en VHS plusieurs fois il y a longtemps), je ne peux que confirmer cette sensation, malgré un beau, grand et large écran plasma. Rien ne vaudra jamais les impressions ressenties en salle : le son englobant, venant de toutes parts, depuis les craquements de la coque jusqu’au grondement des machines, en passant par les cris des survivants dans le silence de la mer glacée. La lumière, omniprésente et d’autant plus importante une fois que l’électricité est coupée et que les personnages plongent dans le noir. Cette sensation, enfin, d’être embarquée dans cette salle, comme les personnages sur ce bateau.

Même si je mets une note maximale à ce film, je lui reconnais quelques défauts. Un manichéisme manifeste, tout d’abord, dont je suis consciente, mais qui ne me dérange pas, dans la mesure où les personnages « méchants » (Cal en premier lieu, incarné par Billy Zane, et la mère de Rose, Frances Fisher) sont surtout là en tant qu’archétypes, pour placer les enjeux, pour mieux dessiner en contrepoint Rose et Jack, et pour faire avancer l’intrigue. Quelques scènes techniquement moins élégantes, aussi (déjà à l’époque, je trouvais la scène où Rose s’apprête à se jeter à la mer mal éclairée, et Kate Winslet mal maquillée ; et la buée sortant de la bouche des personnages est toujours aussi visiblement artificielle), quelques détails erronés et/ou anachroniques (les tableaux de Degas, Monet et Picasso) et enfin quelques dialogues un peu plats.

Malgré tout cela, il y a beaucoup de chose que j’adore.
La structure en flashback permet de construire beaucoup de choses. En particulier, l’idée qui est peut-être la plus géniale du film : montrer le naufrage et son déroulement, en images de synthèse, quasiment au tout début du film. On sait d’emblée comment ça va se passer, on sait comment le bateau va se comporter, et comment il va couler en deux temps. Et combien c’est tout le reste que James Cameron veut nous montrer. De plus, une fois l’iceberg touché, on se rappelle de la séquence, on sait ce qui se passe, précisément, et combien tout est inéluctable.
Le personnage de Rose ensuite, interprété par une Kate Winslet que je ne connaissais alors que de nom (elle avait pourtant déjà tourné dans Créatures Célestes de Peter Jackson, Raison et sentiments de Ang Lee, Jude de Michael Winterbottom et Hamlet de Kenneth Branagh) et qui m’avait frappée par son talent, sa sensibilité et son physique un peu en-dehors des canons contemporains (elle y correspond beaucoup plus de nos jours, d’ailleurs…) Elle est le centre de tout, la base du film. « Il m’a sauvée de toutes les façons qu’une personne peut être sauvée ». C’est ça la véritable histoire : la naissance de cette femme – baptisée par la pluie new-yorkaise après son sauvetage. Que Rose soit riche n’est pas le plus important ; l’essentiel est sa condition de prisonnière, et le fait que sa rencontre avec Jack lui permet de se révéler et de se libérer d’elle-même.
Leonardo Di Caprio, qui s’est révélé être non seulement l’idole des jeunes filles et des petites filles, mais aussi un acteur habile, a ici encore quelques coquetteries de jeunesse (qui lui arrive de reproduire encore aujourd’hui quand il est mal dirigé : froncements intempestifs de sourcils, lèvre inférieure mollasse…) et est peut-être un tout petit peu moins bon que sa partenaire, mais il reste excellent, et surtout, l’alchimie entre les deux est vraiment là, comme on a encore pu le voir cette année à l’occasion de leur « réunion » sur Les Noces rebelles.
A côté de cela, il y a quelques personnages secondaires vraiment marquants : Molly Brown (Kathy Bates) bien sûr ; le capitaine (Bernard Hill), son souci discret, puis manifeste, et sa scène finale ; Mr Andrews (Victor Garber – Mr Bristow dans « Alias »), brillant et désespéré, bouleversant dans ses derniers moments, face à la pendule du grand salon ; le fat et lâche Mr Ismay, et sa honte dans le canot de sauvetage ; l’officier Lowe (Ioan Gruffudd), son courage et son intégrité – sa réplique en VF (eh oui, à l’époque je n’avais pas de salle VO accessible) « Y’a-t-il quelqu’un de vivant ? Est-ce que quelqu’un m’entend ? » est encore gravée dans mon esprit ; et puis les musiciens, dont la scène finale est très (trop) lyrique, mais marche toujours sur moi avec la même force, sur grand ou petit écran.

Et puis, beaucoup d’images, magnifiques, composés comme des tableaux : un visage de poupée au fond de l’eau ; le paquebot isolé sur l’océan, en pleine nuit ; les immenses mécanismes en salle des machines ; l’enchaînement de plans montrant des couples et des familles en troisième classe, attendant la mort à leur manière ; la descente aux enfers de Bruce Ismay. Une vraie et belle mise en scène, qui se met totalement au service de son sujet – et non l’inverse.

J’ai surtout parlé de la deuxième partie du film ; mais la première partie, plus calme, plus lumineuse, est évidemment essentielle. Elle peut paraître, sur le papier, hors sujet. Mais tout ce temps passé avec les personnages principaux permet de donner de la chair et de l’émotion à toute la suite ; c’est d’avoir suivi et aimé Jack, Rose et les autres pendant une heure et demie qui nous permet de vraiment prendre la mesure humaine d’une telle tragédie. C’est ça aussi, le grand coup de génie de Cameron : mélanger intimement l’immense et le tout petit.
Ce récit est tellement abouti, riche et efficace, que même certains spectateurs cyniques peuvent aimer Titanic (même si l’histoire d’amour soulèvera toujours de l’écÅ“urement, par nature, et, à mon avis, à tort.)

Pour moi enfin, la dernière réussite du film est dans sa portée mythique. On allait le voir, à l’époque, avec un lieu commun en tête, une histoire que tout le monde connaissait (« On n’ira pas, on connaît la fin », lançaient en masse les plaisantins). James Cameron nous a fait comprendre et ressentir ce que pouvait être réellement ce naufrage.
Et a fait passer le mot Titanic de synonyme d’échec lamentable à celui de succès mondial…

[A noter : en décembre prochain sort le prochain film de James Cameron, Avatar, tourné en 3D, et qui s’avère d’ores et déjà comme le prochain film le plus coûteux de l’histoire.]

Harry Potter et l’Ordre du Phénix (David Yates)

Harry Potter et l’Ordre du Phénix (David Yates)

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Comme tous les étés, Harry est coincé à Privet Drive. Cet après-midi là, dans le square, Harry se dispute avec son cousin Dudley, quand deux Détraqueurs font leur apparition, et attaquent les deux garçons. Harry réussit à produire les Patronus qui les sauveront, mais cet exercice de la magie hors de Poudlard lui vaut d’être soumis à une audience disciplinaire au Ministère de la Magie… Peu après, il découvre que personne ne les croit, lui et Dumbledore, au sujet du retour en force de Voldemort, et que le ministre cherche à étouffer leur parole.

Le voilà, le film le plus raté de la saga selon moi. C’est dommage, car le livre est pourtant loin d’être le moins bon. David Yates fait un travail honorable, mais sans éclat. Le début du film est relativement bien réussi, mais peine rapidement, encore une fois peut-être par trop de matière à condenser, car le tome 5 de J.K. Rowling est un gros morceau.

Beaucoup de choses sont bien faites, mais n’ont jamais la moitié de l’impact que la lecture peut produire ; en outre, pour un non lecteur, le film est difficile à suivre (je me rappelle de ma première vision à la sortie, où j’avais trouvé l’ensemble d’un ennui sans nom). En effet, les événements importants sont retranscrits, mais on n’en comprend les réels enjeux que si on les connaît – j’exagère, bien sûr, mais c’est un peu l’idée.

Au rayon des suppressions regrettables du livre au film : l’évolution de Petunia Dursley ; le flou qui règne autour de la généalogie de Sirius Black (de qui est-il fils, frère, tout cela est mal amené) ; tout ce qui concerne les elfes de maison (même si c’est trop dilué dans les livres), et Kreattur en particulier ; les petits copains de Ginny ; l’hôpital Sainte-Mangouste et ce qui s’y passe.

Comme d’habitude, tout passe trop vite. On voit que Dumbledore évite Harry, on voit une ou deux leçons d’occlumancie, et c’est tout, tout est résolu en un clin d’Å“il (alors que c’est le creuset de toute la suite). Les tortures de Dolorès Ombrage, alors qu’elles étaient si vives dans le roman, semblent ici relativement anodines. Mais surtout, le combat au Département des Mystères est, là encore, très sage, et on se rend à peine compte de la gravité de ce qui s’y passe, les enfants sont à peine blessés, on est loin du carnage du livre… C’est l’échec le plus regrettable de cette adaptation, car c’est évidemment un moment crucial, qui devient d’un ennui mortel.

Du côté du casting, rien de spécial à noter, si ce n’est que Imelda Staunton (vue dans Vera Drake) est vraiment parfaite dans le rôle de Ombrage, propre, rose, souriante, cruelle, injuste, détestable. Dommage que le personnage ne soit pas mieux exploité dans le scénario. De la même manière, la petite Evanna Lynch est l’idéale Luna Lovegood, elle en a la douceur, la folie, la simplicité, la tranquillité. En revanche, je suis plutôt perplexe quant au choix de Helena Bonham Carter, que pourtant j’adore, dans le rôle de Bellatrix Lestrange. Elle y met une hystérie superflue et ridicule là où la froideur la plus extrême serait bien plus impressionnante. A voir dans les épisodes suivants…

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