Rango (Gore Verbinski)

Rango (Gore Verbinski)

Un lézard domestique, un peu comédien, se retrouve malencontreusement perdu au bord d’une route en plein désert. Livré à lui-même, il va enfin pouvoir réaliser son rêve : incarner un héros et se faire des amis.

La bande-annonce déjà ne m’emballait pas : je ne suis pas très cliente de l’aspect visuel du film, même si je le trouve très soigné et même si l’animation est très réussie.
Et finalement, pas de surprise lors de la vision du film : on est là dans un projet typiquement à la Pirates des Caraïbes (dont on retrouve le duo réalisateur-acteur) : quelque chose qui tient la route mais qui manque un peu d’âme. Assez prévisible, l’histoire de Rango laisse à désirer sur le plan du dynamisme et du brio : on arrive même à s’ennuyer en plein milieu du film… Les moments d’action sont rares et peu palpitants, et le reste, sans être inintéressant, n’est pas passionnant ; certains détails n’existent que pour amener un seul gag. Le film cherche sa profondeur dans les questionnements de Rango sur son identité, et se veut référentiel par rapport au western, mais reste malheureusement très en surface sur les deux plans.
Dans sa tonalité, le film refuse l’approche d’innocence et d’émerveillement propre aux Å“uvres qui s’adressent prioritairement à la jeunesse ; mais il rate aussi une approche plus adulte, car il ne choisit pas non plus la carte de la maturité…
Sans foncièrement déconseiller Rango, je trouve simplement que nous voilà avec un énième film « adolescent » et « sympa », à consommation plaisante (l’ensemble reste malgré tout assez correct, se regarde sans déplaisir, et quelques passages amusants fonctionnent) mais rapide (dans deux jours j’aurai tout oublié). Pas très inspirant…

Note : ★★★☆☆☆

Une éducation (Lone Scherfig)

Une éducation (Lone Scherfig)

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Dans l’Angleterre des années 60, Jenny, jeune fille sérieuse et brillante élève, est promise à un avenir tout aussi brillant, poussée par ses parents à intégrer la prestigieuse université d’Oxford. Mais Jenny a aussi des rêves, des aspirations libertaires, et lorsqu’elle rencontre David, qui est bien plus âgé qu’elle, qui a beaucoup vécu, et qui s’intéresse beaucoup à elle, elle commence à se demander quelle route elle doit suivre.

Encore un film dont je ne savais pratiquement rien avant d’entrer dans la salle, peut-être pour le mieux.
Le scénario, qui, donc, inscrit ses thématiques principales dans un parallèle entre l’éducation issue du système scolaire (entre autres) et l’éducation « de la vie », peut faire un peu peur, et parfois, lorsque justement cette éducation « de la vie » est par trop mise en valeur, c’est franchement effrayant. Heureusement, le film ajuste sans cesse le tir, pour finir sur une conclusion toute en nuances, sans trop être catégorique.

Ce qui est le plus fascinant dans le film, c’est Jenny, alias Carey Mulligan (nommée à l’Oscar pour ce rôle). Le personnage est vraiment complexe, car il mélange toutes sortes d’éléments : Jenny est à la fois très intelligente et très vive, mais aussi un peu coquette, un peu prétentieuse, mais aussi parfois pleine de colère, ou pleine d’ennui, ou encore très malicieuse, ou encore profondément blessée. Toutes ces facettes et tous ces sentiments mêlés qui sont le propre de ce moment où l’adolescence est presque sur le point de se terminer, mais ne veut pas encore céder le pas à l’âge adulte, Carey Mulligan le saisit parfaitement. Je ne la connais pas assez pour savoir s’il s’agit là d’un réel talent d’actrice ou d’une nature qui « colle » de manière parfaite au personnage.
Elle m’a fait penser, par certains côtés, à Katie Holmes dans le rôle de Joey Potter (dans la série Dawson), à l’époque où elle était promise à autre chose qu’à la une des magazine people, et qu’elle aussi, arrivait à incarner avec un certain naturel un peu le même genre de personnage.
Une tête de chat, un visage et un corps qui se transforment en un clin d’oeil en jeune fille ou en jeune femme, un état de jeu permanent (elle réagit à tout, sans cesse, son expression est très mobile)… on peut passer tout le film rien qu’à la regarder, et s’en contenter. L’évolution du personnage se faisant tout en douceur, on a tout le temps de la suivre, de la comprendre, et même si l’ensemble pourrait avoir un peu plus de force émotionnelle, elle est touchante (joli moment où elle reproche à ses parents de ne pas avoir joué leur rôle – je n’en dis pas plus pour préserver la fin).

A côté, il y aussi Peter Sarsgaard, qui trouve un rôle peut-être un peu plus intéressant que d’habitude, même si ce que je disais à l’époque est malheureusement toujours vrai ; il a ici plus de maturité et de profondeur (au point de ressembler, sur certains plans, à Colin Firth) et l’ambiguïté de David lui sied bien.
Les amis, Dominic Cooper (bien meilleur ici que dans Mamma Mia !, bien sûr) et Rosamund Pike sont plutôt bons eux aussi ; mention spéciale à cette dernière pour son interprétation de la jolie idiote qu’on ne peut malgré tout jamais mépriser.
L’inénarrable Alfred Molina interprète le père de Jenny, avec le talent qu’on lui connaît ; à la fois bienveillant et sévère, injuste et faible, mais profondément humain, ses accès de colère en particulier fonctionnent très bien.
Et puis, parlons d’Olivia Williams, assez parfaite dans le rôle de l’enseignante à lunettes, qui essaie (en vain ?) de guider Jenny vers la voie de l’excellence, qu’elle a elle-même choisie. Elle hérite presque du rôle le plus touchant du film (avec aussi le jeune Graham, assez magnifique et émouvant dans son décalage).

Excellente surprise donc, pour moi qui n’en attendais rien.