Max et les Maximonstres (Spike Jonze)

Max et les Maximonstres (Spike Jonze)

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Max est un petit garçon plein de colère. Accumulant bêtise sur bêtise, il finit par s’évader sur une île merveilleuse peuplée par un petite groupe de monstres à fourrure, dont il devient le roi.

Au départ du projet, j’étais intriguée. Le livre ultra célèbre de Maurice Sendak ne fait que quelques pages, ne comporte que quelques lignes de texte, et son intérêt est avant tout affectif : pourquoi en faire un long-métrage ?

Et puis, quelques mois plus tard tombait une bande-annonce, avec, en musique de fond, un réenregistrement de la chanson « Wake Up » de Arcade Fire, et dont s’échappait une magie et une poésie infinie. Le film « style indé » phare de l’année était donc là !

La déception est grande de mon côté. Le récit n’est pas enrichi, mais dilué. Les enjeux ne sont pas renforcés, mais égocentrés. J’ai la sensation de voir une auto-psychanalyse de Spike Jonze pendant 1h40. J’ai la sensation qu’il fait semblant de s’adresser aux enfants tout en s’adressant aux adultes, voire, pire, aux adolescents. La pire chose qui soit pour moi, en fait.

Max m’horripile. Je n’ai aucune empathie en grande partie à cause de cela, ou parce que je n’ai jamais été un petit garçon, je ne sais pas, mais rien (ou pas grand-chose) ne me parle dans ce personnage. Sa mère new-age fatiguée-mais-cool n’est là que pour lui faire à manger et lui pardonner ses pires bêtises. Et pour sourire en inclinant la tête sur le côté. (Mais là bon on n’y peut rien, c’est Catherine Keener, qui depuis quelque temps n’a plus que deux expressions, dont celle-là, dans sa palette de comédienne.)

Bref, le propos final m’agace plutôt, ou en tout cas, il est présenté d’une manière qui m’embête un peu.

Quant au milieu, le cÅ“ur du film, la vie chez les monstres, eh bien… c’est l’ennui. Prenant le prétexte d’adopter la narration typique d’un jeu d’enfant, Spike Jonze brode sur du vide. Oubliant, peut-être, qu’un enfant est mille fois plus inventif que ça. En projetant sur cette enfance les problématiques de sa propre vie d’adulte, Jonze, à mon avis, passe à côté de tout.

Reste selon moi deux moments de magie, deux vrais : lorsque Max fait voguer un petit bateau de papier sur ses draps, et lorsque l’eau envahit les sillons du paysage miniature. Là, la poésie surgit du jeu… enfin.

Je vous laisse avec la première bande-annonce teaser, déjà parce que je la trouvais belle (et ça ne m’arrive qu’une ou deux fois par an, d’apprécier vraiment une bande-annonce), et ensuite parce que je pense que le film aurait dû être ça, ni plus, ni moins.

40 ans, toujours puceau (Judd Apatow)

40 ans, toujours puceau (Judd Apatow)

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Est-il besoin d’un résumé ?

La réputation de Judd Apatow a fait du chemin depuis 2005, et c’était ici ses débuts en tant que réalisateur, même si « sa bande » était déjà plus ou moins formée.

Peut-être qu’à l’époque, le ton de cette comédie était apparu suffisamment décalé et novateur pour être apprécié de façon assez large par les spectateurs ; peut-être que depuis, toutes les comédies se sont engouffrées dans cette brèche au point de rendre celle-ci fadasse ; peut-être que tout simplement je n’accroche pas à cette écriture.

Alors, certes, le personnage principal n’est pas présenté sous l’Å“il de la moquerie ou de la cruauté (j’ai envie de dire « Encore heureux »). Enfin, ce n’est pas si simple selon moi, car même si le personnage n’est pas clairement ridiculisé, je trouve finalement le déroulé de l’histoire assez tragique. En tout cas, est-ce que ce traitement, contradictoire avec ce que pouvait sous-entendre le titre potache, en fait un film intéressant pour autant ?

Par ailleurs, même si certains passages sont amusants, grâce par exemple à Paul Rudd,  je trouve l’ensemble un peu longuet, dérythmé et mollasson, ce qui à mon avis est assez rédhibitoire dans une comédie (même si j’ai visionné la version longue et que la version basique était probablement mieux dégraissée).

Mais surtout, je trouve que l’ensemble est gâché par un regard plein d’intentions très lisibles, trop lisibles. J’ai toujours cette désagréable impression que les personnages sont jugés, sont brandis pour défendre une idée, avant même de fonctionner en tant que personnages. Les interprètes font ce qu’ils peuvent, mais il n’y a pas grand grain à moudre. C’est probablement ce qui m’a le plus étonnée, car la force des personnages est, je crois, ce qu’on reconnaît comme qualités premières à ce film…

Du coup, rien dans ce récit, qui pourrait être attachant, ne m’intéresse vraiment. Catherine Keener fait ce qu’elle peut avec son sourire figé et ses pattes d’oie mais son rôle est triste, triste, triste. Quelques gags se veulent graveleux mais en fait restent tellement sages que c’en est affligeant.

A vrai dire, quelques semaines plus tard, j’ai déjà oublié la plupart des péripéties pour ne garder qu’un souvenir d’une grosse pâtisserie lourde et peu digeste…