A Single Man (Tom Ford)

A Single Man (Tom Ford)

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Un professeur d’université se trouve confronté à une profonde solitude après avoir perdu l’amour de sa vie au cours d’un accident.

Forcément, vu que le réalisateur est un styliste, on entend et lit partout que le film est « très beau, mais c’est tout » ou « très esthétique, très esthétisant, mais un peu vide ».

Je trouve qu’il est bien plus que ça, et pas vide du tout. Déjà par son ambiance générale, aidée par les décors et la reconstitution d’un Los Angeles dans les années 60, avec ce que ça peut avoir de crépusculaire, à la fois plein d’espoir et déjà en pleine décrépitude.

Et puis le film, dans son déroulement, fait souvent penser à un (mauvais) rêve éveillé, mêlant moments de la réalité, souvenirs de l’homme aimé, et instants flashs surréalistes avec des proches ou des inconnus.

Colin Firth, dont je ne fais pas partie des (nombreux) détracteurs déjà d’habitude, est assez impressionnant dans ce rôle. Il a ce qu’il faut de flottant, de déstabilisé, tout en gardant une prestance d’apparat toute britannique, sous laquelle on sent malgré tout brûler le désir ou le désespoir. Tout est centré sur lui, et on sent un regard empathique (mais parfois amusé) sur ce beau personnage.

Julianne Moore est, je trouve, un peu moins crédible mais joliment utilisée, et son personnage est à la fois exaspérant et attachant. Le jeune Nicholas Hoult (dont je découvre à l’instant seulement qu’il interprétait le rôle du petit garçon dans Pour un garçonAbout A Boy) est tout à fleur de peau, à la fois timide, fougueux et sensible. Jon Kortajarena et sa plastique impressionnante ont droit à une très belle scène sur un parking, peut-être l’un de mes moments préférés du film. Et enfin, Matthew Goude, dans le rôle de l’amour disparu, est bien meilleur qu’il ne l’était dans son terrible interprétation d’Ozymandias dans Watchmen. Il est même très très bon ici. La scène de leur rencontre est très réussie, à l’image de tous ces moments du film où les corps parlent plus fort que les personnages eux-mêmes.

Le film n’a jamais peur de partir dans des errances aux contours mal définis ; et ce flou, ce flottement, est probablement ce qui me plaît le plus.

Le drôle de Noël de Scrooge (Robert Zemeckis)

Le drôle de Noël de Scrooge (Robert Zemeckis)

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Le vieux Scrooge est aigri, insensible, acariâtre, et très avare, malgré sa grande richesse. N’étant capable que de méchanceté, il est solitaire et méprise profondément les fêtes, en particulier celle de Noël. Mais à la veille de Noël, il reçoit la visite du fantôme de son ancien associé, qui lui annonce que trois esprits viendront le voir bientôt…

En voyant les premières images du film puis les premières vidéos, j’ai eu si peur que j’en ai annulé mon voyage à Londres pour aller le voir en IMAX 3D.

Pourtant, heureusement, le film est bien meilleur que ce que laissait présager sa promotion.
La 3D, déjà, aide beaucoup à apprécier le design du film (mais c’est vrai que je ne trouve pas ça de toute beauté).
Ensuite, le film est vraiment très sombre, et même souvent effrayant ! Je déconseille absolument d’y emmener de petits enfants. Enfin bon, maintenant c’est un peu tard puisque le film ne doit plus être à l’affiche…

Jim Carrey prête sa voix (et son corps, oui oui) à de multiples personnages, ce qui, peut-être, renforce cet aspect inquiétant. Gary Oldman est très bon aussi dans ce rôle secondaire touchant.
Ce qui manque parfois à certains personnages (comme celui du neveu, interprété par Colin Firth), c’est un éclat de vie dans l’Å“il, ce truc qui apparaissait, çà et là, dans Beowulf, et qui fait passer le défi technique à un autre niveau.

Malgré tout, pour ceux qui ne sont pas bornés au point de rejeter « tout ce qui contient des effets spéciaux », je vous encourage à dépasser les premières impressions et à jeter un Å“il à ce sombre conte. On est loin de la niaiserie sans nom commise par Zemeckis il y a quelques années (Le Pôle Express) et c’est un divertissement un peu âpre, un peu biscornu.
Attachant.