Restless (Gus Van Sant)

Restless (Gus Van Sant)

Bien qu’en phase terminale d’un cancer, la jeune et jolie Annabel Cotton est animée d’un amour profond de la vie et de la nature. De son côté, Enoch Brae a cessé d’avoir envie de faire partie du monde depuis que ses parents sont tragiquement morts dans un accident. Lorsque ces deux êtres à part se rencontrent à un enterrement, ils se découvrent d’étonnants points communs. Pour Enoch, dont le meilleur ami se trouve être le fantôme d’un pilote de guerre kamikaze, et Annabel, qui voue une fascination à Charles Darwin et à la vie de toute créature, c’est le début d’une relation exceptionnelle. En apprenant la mort imminente d’Annabel, Enoch propose de l’aider à vivre ses derniers jours avec intensité, au point de défier le destin, les traditions et la mort elle-même.

J’aime à peu près un film de Gus Van Sant sur deux, et généralement, mes préférés sont ses moins personnels… Celui-ci, je pense même que j’aurais fait l’impasse s’il n’y avait pas eu Mia Wasikowska dans le rôle principal.

J’aime assez tout ce qui se rapporte au fantôme du japonais, personnage romantique et élégant, ainsi que tous les petits détails de scénario, de décor, de costumes… Malgré tout, tout ça ne m’évoque pas grand-chose, au point que je trouve carrément le film un peu creux. Une belle coquille vide. Les deux acteurs principaux sont jeunes et jolis, bien habillés, mais font parfois plus l’effet d’une page de catalogue animée. Mia Wasikowska évidemment dépasse ce cadre en insufflant de l’émotion là où elle le peut – et, miraculeusement, elle y arrive parfois – mais on la sent un peu à l’étroit dans ce rôle qui lui donne si peu à moudre. Jane Adams aussi apporte son talent à son tout petit rôle de tante incomprise, personnage touchant. Mais pour le reste, je suis restée assez en-dehors de ce très bel objet. Une autre fois, Gus -  et vivement un film de commande.

Note : ★★★★☆☆

Happiness (Todd Solondz)

Happiness (Todd Solondz)

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Un groupe de personnages tourmentés par des monstruosités plus ou moins intenses, des névroses plus ou moins profondes, des crimes plus ou moins graves. Trois soeurs, Joy, Trish et Helen, les relient.

J’ai voulu voir ce film qui, aujourd’hui, a plus de dix ans, suite à la vision de la bande-annonce du dernier film de Todd Solondz, Life During Wartime (et que j’ai vu depuis, et dont j’espère vous livrer un petit avis avant 10 mois). J’avais enregistré Happiness il y a longtemps, à l’époque où les VHS étaient encore une merveille du quotidien (associées à un bon abonnement satellite).  Mais, connaissant vaguement le genre et l’ambiance du film, je n’avais jamais trouvé le courage de le regarder.

Certes, c’est sombre, c’est cynique, et c’est, parfois, volontairement et gratuitement provocateur. Les personnages sont tous plus misérables (et méprisables ?) les uns que les autres.
Le film a un peu vieilli, et ce qui pouvait paraître atrocement choquant en 1997 est désormais de l’ordre du commun (ce qui n’est pas forcément une bonne chose, cela dit). On n’est pas non plus dans du Larry Clark.
Mais, étrangement, ça ne m’a pas plus rebuté que ça.
En fait, les acteurs sont tous assez bons (on découvrait quasiment, à l’époque, Philip Seymour Hoffman, ici suintant et aussi pitoyable que possible, image qui allait lui coller longtemps à la peau). Je sors surtout du lot Jane Adams, qui incarne Joy, le (presque) personnage principal, qui est, je trouve, profondément tragique, mais qu’elle interprète avec une sorte de fraîcheur désespérée assez incroyable. Je crois qu’elle n’a pas fait grand-chose depuis.

Intéressant mais un peu trop distancié, le film se plaît en tout cas à regarder les humains dans leurs pires travers, leurs pires lâchetés. Certes, on a parfois l’impression d’être un chaton à qui on met le museau dans ses bêtises, mais il se dégage quand même pas mal d’idées bien vues.

A déconseiller aux âmes sensibles néanmoins.