In the Air (Jason Reitman)

In the Air (Jason Reitman)

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Ryan travaille pour une compagnie qui s’occupe des entretiens de licenciements dans toutes sortes d’entreprises. Toujours en voyage, d’une ville à une autre, il ne passe que quelques jours par an chez lui, et le reste dans les avions, les aéroports, les hôtels. Lorsque son patron leur présente le projet d’une jeune collègue, qui a développé un moyen de mener les entretiens par visioconférence, diminuant ainsi les coûts de fonctionnement, Ryan craint que tout son mode de vie soit voué à disparaître. Il emmène alors la jeune femme avec lui, afin qu’elle voie de près en quoi consiste son travail.

Il faudra m’expliquer comment un film aussi basique peut récolter autant de nominations aux Oscars et autres.

Je vais aller vite, pour une fois : rien de foncièrement désagréable à suivre, dans le fond.
Le personnage de la petite arriviste, interprété par Anna Kendrick, sa raideur et son manque d’expérience, ainsi que la confiance aveugle que certains peuvent faire à ce genre de projets, sonne assez juste et rappelle des expériences vécues. L’actrice est correcte.
Jason Bateman s’amuse un peu dans le rôle du patron sans scrupules, mais rien d’extraordinaire.
Vera Farmiga interprète « la femme d’expérience » et s’en sort assez bien, mais sans avoir la grâce qui l’habitait dans Les Infiltrés, de Martin Scorsese.
George Clooney est toujours amusant à suivre, mais enfin soyons clairs : il n’a absolument rien à jouer, ou presque. C’en est triste.

Sans parler du déroulement prévisible de l’intrigue, avec passage obligé dans la famille délaissée depuis des années, avec conférence avortée à cause d’un moment de lucidité soudain révélé… Bof bof.

Rien de honteux, mais enfin il n’y strictement rien à dire sur ce film insignifiant…

Jeux de pouvoir (Peter Macdonald)

Jeux de pouvoir (Peter Macdonald)

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Washington. Un soir dans une ruelle, deux hommes se poursuivent, avec pour objet une mallette en métal. L’un finit par se cacher ; l’autre le retrouve et l’abat de sang-froid, récupère la mallette et tue aussi un cycliste, malencontreusement témoin de la scène. Le lendemain, dans le métro, une jeune femme trouve la mort dans des circonstances mystérieuses. Deux journalistes, Cal McAffrey et Della Frye, se trouvent plongés dans ces deux enquêtes qui finissent par se rejoindre et remonter jusqu’à Stephen Collins, membre du Congrès et ami de McAffrey…

Certains connaissent mon attachement pour la petite Rachel McAdams. Mais force est de constater que malgré des projets parfois enthousiasmants, il y a toujours un petit détail qui gâche tout et qui finit par freiner l’envol de cette talentueuse actrice.

Ici, c’est typique. On avait l’adaptation d’une série politique britannique – l’intrigue se déroulait à Londres et non à Washington – de 2003, avec Bill Nighy (Love Actually), Kelly MacDonald (Trainspotting), et David Morrissey (Basic Instinct 2), réputée comme de très haute qualité. On avait, en tête d’affiche, Brad Pitt (dans le rôle du journaliste, tenu aujourd’hui par Russell Crowe) et Edward Norton (dans celui du politique, Ben Affleck), et, donc, Rachel McAdams. Que rêver de plus ?
Mais, suite à la grève des scénariste, puis à des problèmes d’agenda, Brad Pitt se désengage, suivi de peu par Edward Norton. La petite Rachel tient bon, mais bon, c’est comme ça, le projet n’est plus si alléchant.

Et en effet, on y perd évidemment dans la translation Edward Norton-Ben Affleck. A ma gauche, un acteur de composition, qui a prouvé son talent à de nombreuses reprises, depuis Peur Primale en passant par Fight Club, Larry Flint, Tout le monde dit I Love You… Et à ma droite, un jeune garçon plutôt sympathique (comparse de Matt Damon dans leur ascension vers Hollywood, époux de Jennifer Garner, star de Alias… alors on l’aime bien malgré tout…) mais dont la palette de jeu est extrêmement réduite, comme je le disais à l’époque de Ce que pensent les hommes.
Du côté de l’échange Brad Pitt-Russell Crowe en revanche, la perte est nettement moins évidente. Et même, je dirais sans hésiter : on y gagne. Bon, je ne suis pas fan de Brad Pitt (insensible à son charme et parfois agacée par son jeu). Mais Russell Crowe, bizarrement, arrive toujours à me convaincre. Pourtant, je n’y pense jamais, à Russell Crowe, et quand je le vois à l’écran, ça me frappe : il se débrouille bien, le bougre.

Et à côté de ce duo Crowe / McAdams (les deux journalistes aux méthodes opposées qui se retrouvent à travailler ensemble), on a aussi Helen Mirren (The Queen), impeccable dans le rôle de la rédactrice en chef obsédée par les ventes mais toujours attachée à son travail et à ses collègues ; et puis, enfin, Robin Wright Penn (Princess Bride, Forrest Gump), toujours parfaite quoi qu’elle fasse.

Bizarrement, le film n’a rien d’original. Une enquête. Des journalistes doués. Des scandales. Des témoins. Du chantage. Des péripéties, des final twists.
Et pourtant, tout fonctionne, on ne s’ennuie pas, on ne se dit même pas « Déjà vu ». A l’image de cette scène dans un parking souterrain (on en a vu mille, n’est-ce pas ?) : bien filmée, bien montée, bien interprétée, elle réussit à être angoissante et haletante.

Et voilà comme devant ce film, que je n’avais finalement que moyennement envie de voir, j’ai été agréablement surprise. Classique mais efficace. L’essentiel est peut-être de ne pas s’attendre à du grand cinéma.

En revanche, merci pour la visite surprise de l’acteur Cliquez si vous ne craignez pas les spoilers