Rango (Gore Verbinski)

Rango (Gore Verbinski)

Un lézard domestique, un peu comédien, se retrouve malencontreusement perdu au bord d’une route en plein désert. Livré à lui-même, il va enfin pouvoir réaliser son rêve : incarner un héros et se faire des amis.

La bande-annonce déjà ne m’emballait pas : je ne suis pas très cliente de l’aspect visuel du film, même si je le trouve très soigné et même si l’animation est très réussie.
Et finalement, pas de surprise lors de la vision du film : on est là dans un projet typiquement à la Pirates des Caraïbes (dont on retrouve le duo réalisateur-acteur) : quelque chose qui tient la route mais qui manque un peu d’âme. Assez prévisible, l’histoire de Rango laisse à désirer sur le plan du dynamisme et du brio : on arrive même à s’ennuyer en plein milieu du film… Les moments d’action sont rares et peu palpitants, et le reste, sans être inintéressant, n’est pas passionnant ; certains détails n’existent que pour amener un seul gag. Le film cherche sa profondeur dans les questionnements de Rango sur son identité, et se veut référentiel par rapport au western, mais reste malheureusement très en surface sur les deux plans.
Dans sa tonalité, le film refuse l’approche d’innocence et d’émerveillement propre aux Å“uvres qui s’adressent prioritairement à la jeunesse ; mais il rate aussi une approche plus adulte, car il ne choisit pas non plus la carte de la maturité…
Sans foncièrement déconseiller Rango, je trouve simplement que nous voilà avec un énième film « adolescent » et « sympa », à consommation plaisante (l’ensemble reste malgré tout assez correct, se regarde sans déplaisir, et quelques passages amusants fonctionnent) mais rapide (dans deux jours j’aurai tout oublié). Pas très inspirant…

Note : ★★★☆☆☆

Alice au pays des merveilles (Tim Burton)

Alice au pays des merveilles (Tim Burton)

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Alice a grandi. Le pays des merveilles existe bien pour elle, oui, mais elle est persuadée qu’il ne s’agit que de rêves récurrents et pénétrants qui la hantent. Mal à l’aise dans son rôle de jeune fille de bonne famille, elle est terrifiée lorsqu’il s’agit d’accepter la demande en mariage d’un jeune homme sans fantaisie. Heureusement, au moment où l’assistance attend sa réponse, elle aperçoit un lapin blanc…

Je me répète beaucoup, mais l’appréciation d’un film est si terriblement liée à l’attente que l’on en a, que parfois, il est troublant de se dire à quel point on l’aurait peut-être vu d’un tout autre Å“il sans avoir lu telle ou telle critique, ou sans avoir attendu des semaines après la sortie en salle, après avoir entendu les avis de tout le monde.

A vrai dire, cette Alice me faisait un peu peur. J’étais extrêmement impatiente de (re)voir ma nouvelle protégée Mia Wasikowska. Mais en tombant sur les premiers visuels (de Johnny Depp en Chapelier, de Helena Bonham Carter en Reine de cÅ“ur…), j’ai été assez effrayée. Puis la bande-annonce m’a fait craindre le pire : on allait avoir droit à un film-prétexte pour que Johnny Depp s’en donne à cÅ“ur joie et parte en roue libre – ce qu’est déjà, au fond, Charlie et la chocolaterie, que j’avais bien aimé à l’époque mais que je crains énormément de revoir.

A la sortie du film, j’ai donc laissé passer les jours et les semaines, de plus en plus mortifiée par les avis négatifs de personnes fiables autour de moi (et fans de Tim Burton, pas de ceux qui méprisent tout ce qu’il a fait depuis Ed Wood).
Et puis, le film s’affiche en dernière semaine, et on se dit que, quand même, allez. Pour Mia.

Du coup bien sûr je surnote peut-être un peu. Avec le temps (mais quelques semaines sont déjà passées) je réévaluerai peut-être le film à la baisse. Mais j’ai vraiment été agréablement surprise.
Déjà, ce postulat de partir d’une Alice presque adulte, qui me semblait être une fausse bonne idée, est exploitée d’une manière que je trouve intéressante. Pas de nostalgie de l’enfance à tout prix, non, loin de là. La question est de savoir ce qu’est devenue l’enfance, où est-elle cachée, à quoi sert-elle.
Je trouve Mia Wasikowska très bien, évidemment, à la fois très sûre d’elle et un peu perdue. J’aime beaucoup tout le début, contrairement à beaucoup de gens. J’aime que Tim Burton prenne son temps dans cette « réalité » où la jeune Alice peine à dire réellement ce qu’elle veut, à assumer ses refus.

Par la suite, c’est finalement loin du « Chapelier Show » que l’on pouvait craindre, car les autres personnages ont aussi bien leur place. Et surtout, le personnage est, je trouve, assez réussi. Une petite folie douce mêlée d’un vrai désespoir ; Johnny Depp s’amuse, en fait beaucoup, mais reste à la limite.

Pour le reste, on est malheureusement dans quelque chose d’assez illustratif, avec des scènes qui se succèdent, qui défilent mais manquent un peu de profondeur. Malgré tout, j’ai trouvé que ça se suivait bien… peut-être, encore une fois, parce que je m’attendais à un récit complètement boursouflé.

Le prix du jury est néanmoins dédié à la voix de Alan Rickman dans le rôle de la chenille… Délicieux, comme d’habitude.