Dragons (Chris Sanders & Dean Deblois)

Dragons (Chris Sanders & Dean Deblois)

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Un jeune garçon timide, qui peine à trouver sa place dans sa tribu de Vikings tous plus forts, audacieux et sans merci les uns que les autres, essaie de faire comme ses camarades et tente de tuer un dragon. Il arrive effectivement à en blesser un, de l’une des plus terrifiantes espèces, mais la féroce créature lui réserve bien des surprises, à lui et à son peuple…

Ce film d’animation Dreamworks est parmi ce que le studio a fait de mieux (ce qui n’est pas difficile quand on pense à Gang de requins ou même au triste Shrek 3).

Le scénario fonctionne vraiment bien, dans un univers amusant et assez inattendu (les Vikings, les dragons), qui donne à l’ensemble un ton finalement très sombre. C’est ça qui surprend le plus : que ce soit au niveau de l’image, très axée sur les bruns, les gris, les noirs, mais aussi sur le plan de l’intrigue (le héros est blessé !)
Tout repose sur le caractère du jeune garçon, qui est « différent » parce qu’il ne veut pas participer à la guerre et qu’il y est mauvais, et qui s’oppose à cause de cela à son père, grosse brute vaguement insensible. La scène où père et fils pourraient se « réconcilier » mais finalement n’y arrivent pas est d’ailleurs très réussie : ils n’arrivent pas à se parler.
L’identification marche donc facilement et peut toucher un large public.
La relation avec le dragon Toothless (littéralement, « sans dents », Crokmou en VF) est mignonne et touchante, la créature est bien faite, un peu inquiétante mais aussi craquante.

J’ai malheureusement quelques réserves sur ces deux personnages : le garçon m’ennuie assez vite, en fait, car il est à la fois timide et assez arrogant, en tout cas, j’ai un peu l’impression de voir tous les traits typiques de l’ado américain et bizarrement ça coince. Sensation renforcée par ses camarades, et en particulière la « copine qui a l’air d’une dure et qui en fait est super sensible ».
Quant au dragon, je le trouve un peu trop mignon, un peu trop félin, pas assez dangereux, pas assez terrifiant.
Je trouve que finalement le film manque de contrastes, de ruptures, voire de finesse.

Ça reste malgré tout une belle expérience ; en 3D certaines scènes sont vraiment virtuoses ; mais je suis désormais trop ralliée à la cause de Kung Fu Panda (voir mes avis ici et ici) pour ne pas préférer les aventures du Big Fat Panda, que je trouve plus touchantes et beaucoup plus drôles. Kung Fu Panda fourmillait de détails là où ici finalement, tout est assez classique.

(A propos, Gary Oldman, Michelle Yeoh, Jean-Claude Van Damme et Victor Garber – oui, Monsieur Bristow ! – viennent de rejoindre le casting vocal de Kung Fu Panda : the Kaboom of Doom !)

Funny People (Judd Apatow)

Funny People (Judd Apatow)

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George Simmons, comédien comique à succès, apprend qu’il est atteint d’une maladie mortelle et rare. Alors qu’il traverse une période de bilan sur sa vie, sur la femme qu’il a laissée partir en particulier, il se lie avec Ira, comique débutant, qu’il embauche d’abord pour lui écrire des sketchs, puis pour l’assister au quotidien.

J’ai finalement décidé de voir ce film récemment, après l’avoir raté en salles, juste pour voir Jason Schwartzman, qui depuis que j’ai découvert sa musique, a encore plus ma sympathie qu’avant. (Bon, cela dit, on le voit très peu ici.)

Dernier film en date de Judd Apatow, il est réputé pour être un peu différent des autres, plus grave, moins potache. On reste tout de même toujours dans le domaine des personnages qui sont encore avec un (gros) pied dans l’adolescence, que ce soit au niveau de leur mode de vie ou au niveau de leur maturité sentimentale.

Adam Sandler ne cherche pas à rendre son personnage plus sympathique qu’il ne l’est, et ça, c’est un bon point. Seth Rogen, aka « Mantis« , dans le rôle du jeune comique, s’en sort beaucoup mieux, avec sa sensibilité un peu à part, son empathie qui rentre parfois en conflit avec sa morale. Ses colocataires (Jonah Hill et, donc, Jason Schwartzman), sont assez drôles et leur relation est presque émouvante, entre les tensions qui, fatalement, les déchirent, et l’amitié qui les lie malgré tout.

La meilleure performance est quand même livrée, et de loin, par Eric Bana, qui force pour l’occasion un magnifique accent australien, et qui s’en donne à cÅ“ur joie dans le rôle de ce mari un peu frustre, mais enthousiaste et direct, et assez touchant dans sa relation à sa famille, à ses enfants.

C’est, comme toujours, trop long, mais disons que c’est un peu moins poussif que 40 ans…, ou que Sans Sarah…, et que la majorité de ses productions / scénarios.
Néanmoins, ça n’a pas été pour moi la révélation que ça a été pour d’autres.

Un bon point pour la scène avec le médecin suédois, qui m’a fait sourire.