Funny People (Judd Apatow)

Funny People (Judd Apatow)

4.png

George Simmons, comédien comique à succès, apprend qu’il est atteint d’une maladie mortelle et rare. Alors qu’il traverse une période de bilan sur sa vie, sur la femme qu’il a laissée partir en particulier, il se lie avec Ira, comique débutant, qu’il embauche d’abord pour lui écrire des sketchs, puis pour l’assister au quotidien.

J’ai finalement décidé de voir ce film récemment, après l’avoir raté en salles, juste pour voir Jason Schwartzman, qui depuis que j’ai découvert sa musique, a encore plus ma sympathie qu’avant. (Bon, cela dit, on le voit très peu ici.)

Dernier film en date de Judd Apatow, il est réputé pour être un peu différent des autres, plus grave, moins potache. On reste tout de même toujours dans le domaine des personnages qui sont encore avec un (gros) pied dans l’adolescence, que ce soit au niveau de leur mode de vie ou au niveau de leur maturité sentimentale.

Adam Sandler ne cherche pas à rendre son personnage plus sympathique qu’il ne l’est, et ça, c’est un bon point. Seth Rogen, aka « Mantis« , dans le rôle du jeune comique, s’en sort beaucoup mieux, avec sa sensibilité un peu à part, son empathie qui rentre parfois en conflit avec sa morale. Ses colocataires (Jonah Hill et, donc, Jason Schwartzman), sont assez drôles et leur relation est presque émouvante, entre les tensions qui, fatalement, les déchirent, et l’amitié qui les lie malgré tout.

La meilleure performance est quand même livrée, et de loin, par Eric Bana, qui force pour l’occasion un magnifique accent australien, et qui s’en donne à cÅ“ur joie dans le rôle de ce mari un peu frustre, mais enthousiaste et direct, et assez touchant dans sa relation à sa famille, à ses enfants.

C’est, comme toujours, trop long, mais disons que c’est un peu moins poussif que 40 ans…, ou que Sans Sarah…, et que la majorité de ses productions / scénarios.
Néanmoins, ça n’a pas été pour moi la révélation que ça a été pour d’autres.

Un bon point pour la scène avec le médecin suédois, qui m’a fait sourire.

Walk Hard (Jake Kasdan)

Walk Hard (Jake Kasdan)

3.png

Dewey Cox, petit, a été responsable de la mort de son frère. Renié par son père, il trouve refuge, très jeune, dans la musique. Ce film raconte son parcours…

Film parodique produit et scénarisé (entre autres) par Judd Apatow, Walk Hard souffre donc des défauts habituels : trop long, et un peu poussif par-ci par-là (mais je me répète.)

John C. Reilly, qui semble ces derniers temps prendre davantage de plaisir à faire le clown dans des comédies de ce genre, en profite pour s’amuser, sans vraiment beaucoup de finesse, mais bon, ça convient au genre.

Ce qui est drôle à voir, ce sont les pastiches de clichés habituels des « biopics » (films biographiques) américains : la construction en flashback, le père haineux avec sa phrase-leitmotiv, l’enfant forcément surdoué, la chute inévitable dans la drogue, etc, etc. J’adore en particulier plusieurs scènes de chant, où Dewey Cox et ses amis jouent un morceau complètement anodin, et la mise en scène, par les réactions démesurées de la foule, nous fait comprendre à quel point leur musique est censée être incroyable. Ce petit ton de moquerie perpétuelle est assez plaisant.

A côté de cela, puisque la carrière de Dewey Cox traverse les décennies (et encore une fois, assez drôle de voir John C. Reilly interpréter le rôle dès que le personnage a…. 12 ans…), il y a un vrai « travail » sur la musique. Les chansons sont des pastiches de groupes ou de styles musicaux (je ne voudrais pas gâcher les surprises) et sont plutôt bien vues.
Et quelques guest stars dans le rôle de… guest stars (Elvis Presley, les Beatles…)

Un peu stupide, mais amusant.

40 ans, toujours puceau (Judd Apatow)

40 ans, toujours puceau (Judd Apatow)

2-5.png

Est-il besoin d’un résumé ?

La réputation de Judd Apatow a fait du chemin depuis 2005, et c’était ici ses débuts en tant que réalisateur, même si « sa bande » était déjà plus ou moins formée.

Peut-être qu’à l’époque, le ton de cette comédie était apparu suffisamment décalé et novateur pour être apprécié de façon assez large par les spectateurs ; peut-être que depuis, toutes les comédies se sont engouffrées dans cette brèche au point de rendre celle-ci fadasse ; peut-être que tout simplement je n’accroche pas à cette écriture.

Alors, certes, le personnage principal n’est pas présenté sous l’Å“il de la moquerie ou de la cruauté (j’ai envie de dire « Encore heureux »). Enfin, ce n’est pas si simple selon moi, car même si le personnage n’est pas clairement ridiculisé, je trouve finalement le déroulé de l’histoire assez tragique. En tout cas, est-ce que ce traitement, contradictoire avec ce que pouvait sous-entendre le titre potache, en fait un film intéressant pour autant ?

Par ailleurs, même si certains passages sont amusants, grâce par exemple à Paul Rudd,  je trouve l’ensemble un peu longuet, dérythmé et mollasson, ce qui à mon avis est assez rédhibitoire dans une comédie (même si j’ai visionné la version longue et que la version basique était probablement mieux dégraissée).

Mais surtout, je trouve que l’ensemble est gâché par un regard plein d’intentions très lisibles, trop lisibles. J’ai toujours cette désagréable impression que les personnages sont jugés, sont brandis pour défendre une idée, avant même de fonctionner en tant que personnages. Les interprètes font ce qu’ils peuvent, mais il n’y a pas grand grain à moudre. C’est probablement ce qui m’a le plus étonnée, car la force des personnages est, je crois, ce qu’on reconnaît comme qualités premières à ce film…

Du coup, rien dans ce récit, qui pourrait être attachant, ne m’intéresse vraiment. Catherine Keener fait ce qu’elle peut avec son sourire figé et ses pattes d’oie mais son rôle est triste, triste, triste. Quelques gags se veulent graveleux mais en fait restent tellement sages que c’en est affligeant.

A vrai dire, quelques semaines plus tard, j’ai déjà oublié la plupart des péripéties pour ne garder qu’un souvenir d’une grosse pâtisserie lourde et peu digeste…