Contagion (Steven Soderbergh)

Contagion (Steven Soderbergh)

Une pandémie dévastatrice explose à l’échelle du globe… Au Centre de Prévention et de Contrôle des Maladies, des équipes se mobilisent pour tenter de décrypter le génome du mystérieux virus, qui ne cesse de muter. Le Sous-Directeur Cheever, confronté à un vent de panique collective, est obligé d’exposer la vie d’une jeune et courageuse doctoresse. Tandis que les grands groupes pharmaceutiques se livrent une bataille acharnée pour la mise au point d’un vaccin, le Dr. Leonora Orantes, de l’OMS, s’efforce de remonter aux sources du fléau. Les cas mortels se multiplient, jusqu’à mettre en péril les fondements de la société, et un blogueur militant suscite une panique aussi dangereuse que le virus en déclarant qu’on « cache la vérité » à la population…

Gwyneth Paltrow, Matt Damon, Kate Winslet et Jude Law sur fond de pandémie moderne : sur le papier ce film est fait pour me plaire. D’autant que le réalisateur Steven Soderbergh, prolixe et original, pouvait apporter une patte un peu particulière à tout ça.

Malheureusement, il n’en est rien, ou plutôt pas grand-chose. Difficile de savoir à quoi ça tient, car les acteurs sont bons (mention à Kate Winslet, dont la scène dans la chambre d’hôtel est réellement émouvante, à Gwyneth Paltrow en malade/mourante exemplaire, et à Jude Law en blogueur-fouineur-charlatan). Mais cela ne suffit pas, on a une paranoïa modérée,  des explications scientifiques malmenées, et une épidémie finalement peu spectaculaire, que ce soit à l’image ou dans l’imaginaire du spectateur. Le plus marquant du film est de voir tous les « contacts » qui véhiculent le virus : barre dans le métro, cuisine de restaurant, éternuements dans les transports en commun… C’est naturellement marquant, et cela frappe les esprits, mais au fond c’est présenté de façon tout à fait plate. On pourrait aller dans une sorte de folie qui rendrait complètement misanthrope et agoraphobe, car après tout le mythe de l’épidémie est avant tout une peur de l’autre et du contact ; mais non, cela reste gentillet, cela donne envie de se laver les mains en rentrant du cinéma… et puis c’est tout. Je passe sur le personnage de Marion Cotillard, aussi fade qu’inutile.

De la même manière, toute l’intrigue autour des labos, du vaccin, de la manipulation des foules, qui est vue à travers le personnage de Jude Law, est très superficielle, et surtout, jamais Soderbergh ne prend un parti. On se fiche un peu de savoir ce qu’il en pense, attention ; mais avoir un regard un peu plus tranché aurait rendu sa mise en scène un peu plus passionnante. Ici, peu importe finalement que le personnage de Jude Law ait tort ou raison, tout est simplement montré, avec une distance de sécurité un peu frustrante, car elle n’ose ni le voyeurisme (pourtant intrinsèque à ce genre de sujet), ni la précision scientifique ou documentaire.

Sur un sujet pareil il y a pourtant de quoi faire quelque chose de bien plus perturbant !

Note : ★★★½☆☆

Rachel McAdams revient

Rachel McAdams revient

 

Rachel McAdams a connu une année très intense en 2005, enchaînant projet sur projet, et exposant sa vie professionnelle très active, ainsi que sa vie privée (avec son petit ami d’alors, rencontré sur le film The NotebookN’oublie jamais, Ryan Gosling) à la une des magazines.

Et puis Rachel est devenue discrète, malgré un petit éclair de surexposition en 2008 lorsqu’elle renoue avec Ryan Gosling, pour quelques brèves semaines. Surtout, elle qui était promise à une ascension fulgurante, s’est mise à faire des choix parfois surprenants, comme The Lucky Ones (sorti directement en vidéo en France), Married Life ou State of Play. Elle y est toujours irréprochable, mais les films étaient de petite ampleur, tout comme ses rôles.
On croyait tenir la perle pour The Time Traveler’s Wife, mais le réalisateur Robert Schwentke n’a pas su vraiment tirer le meilleur du roman et en faire le mélodrame bouleversant que ça aurait pu être.

Les unes des magazines ont été de retour lorsque le Sherlock Holmes de Guy Ritchie a conquis les foules. Il faut dire qu’avec des partenaires masculins aussi populaires et photogéniques que Jude Law et Robert Downey Jr, Rachel a profité un peu du feu des projecteurs, et le succès du film l’a remise au devant de la scène.
Son projet suivant ne fait plaisir qu’à moi (et à quelques autres probablement), parce qu’il réunit deux de mes acteurs fétiches : Rachel McAdams, donc, et Harrison Ford. Le film s’appelle Morning Glory et se passe dans le milieu de la télévision. Il comptera aussi au générique Diane Keaton et Jeff Goldblum (sortie prévue en France le … 3 novembre 2010).

tumblr_l13g73PsS31qb8z6wo1_500.jpgMais ses derniers projets s’enchaînent.
Le premier en date, et probablement le plus gros, c’est le prochain film de Terrence Malick (après Tree of Life, le fameux film-qui-n’est-pas-à-Cannes). Terrence Malick, réalisateur prestigieux, dont la sensibilité et l’esthétisme ne sont plus à prouver, est le genre de personnes avec qui on pouvait rêver que Rachel travaille, et c’est donc prévu (avec aussi Christian Bale, Javier Bardem, Olga Kurylenko). Le film n’a pas de titre pour l’instant.

Ensuite, c’est un peu plus récent et ça me réjouit tout autant : Rachel fera partie du casting du prochain Woody Allen. Ce qui, déjà, en soi, est une excellente nouvelle, puisque j’adore la plus grande partie de sa filmographie. Mais ça l’est encore plus lorsque l’on sait que ce film sera tourné… à Paris cet été ! [Je suis déjà prête à soudoyer quiconque pourra me trouver des infos sur les lieux de tournage] Elle y jouera aux côtés de Owen Wilson, Marion Cotillard (la rumeur veut que Carla Bruni fasse partie de l’aventure, mais sur ce terrain, je n’oserais m’aventurer). Le film n’a pas non plus de titre pour l’instant, comme d’habitude chez l’ami Woody.
EDIT du 25/04/2010 : le film s’intitule désormais Midnight In Paris, et la ville y jouera un rôle primordial puisque l’un des personnages masculins se verra bouleversé dans ses idéaux au contact de la vie parisienne. S’ajoutent au casting Kathy Bates, Michael Sheen.

Enfin, aujourd’hui on apprend que Rachel s’est engagée sur deux projets de films d’épouvante : un remake du film espagnol tumblr_l0y11bsY6x1qzf3g2o1_500.jpgterrifiant mais brillant, L’Orphelinat. L’utilité d’un remake de ce genre est toujours discutable ; le film serait réalisé par Mark Pellington (Arlington Road, La prophétie des ombres). Au-delà de ça, là où certains regrettent que Rachel retourne à des projets dits « de série B », je me réjouis plutôt de ce projet, car le rôle est intéressant, et même si j’ai dû fermer les yeux à certains moments de L’Orphelinat (car c’est le sujet qui me fait le plus peur au monde), je trouve que c’est un excellent film, riche et profond.
L’autre projet du jour, c’est We Have Always Lived In The Castle. Là, c’est au casting que se situe le grand intérêt, puisqu’on y retrouvera, en sÅ“ur de Rachel, Saoirse Ronan que j’aime beaucoup (Reviens-moi, The Lovely Bones), et, peut-être, Michael Douglas dans le rôle de leur oncle…

En tout cas, voilà qui change des longues périodes de disette où on n’entendait plus parler de la belle. Il faudra être patient, mais vivement !

Sherlock Holmes (Guy Ritchie)

Sherlock Holmes (Guy Ritchie)

Alors que le Dr Watson s’apprête à quitter Sherlock Holmes pour s’installer avec sa future femme, laissant le détective seul et en proies à ses angoisses, de mystérieuses morts apparaissent dans Londres, liées à un personnage sombre, puissant et inquiétant, Lord Blackwood.

Comme je n’ai jamais pu supporter un film de Guy Ritchie jusqu’à la fin, je n’avais, malgré le casting, aucune attente particulière pour ce film-ci, que je pressentais creux et tape à l’Å“il, à l’instar des précédentes Å“uvres du réalisateur. On dirait que Guy Ritchie a réussi à se canaliser un peu, ce qui donne un vrai film qui se tient et qui fonctionne même plutôt bien.

La photo du film est très particulière, dans les gris mais avec un petit grain fantastique qui, s’il surprend de premier abord, n’est pas sans intérêt. Ça colle en effet particulièrement bien à l’atmosphère londonienne poisseuse qui est la toile de fond, presque un personnage à part, de l’intrigue. Les décors aussi sont particulièrement soignés et en cohérence avec ce choix.

Côté personnages, le gros point faible à mes yeux est Lord Blackwood, interprété qui plus est par un sous-Andy Garcia assez insignifiant. Les deux personnages féminins (que je redoutais particulièrement) ne sont pas excellents, sans être totalement honteux. Kelly Reilly semble quand même avoir du mal à sortir de ses tics habituels de jeu (yeux plissés, bouche en cul de poule) pour donner un peu d’épaisseur à cette fiancée qu’on a, comme Holmes, un peu envie de détester, tout en ayant une certaine tendresse à son égard. Rachel McAdams sort un peu de ses rôles habituels avec ce personnage de manipulatrice amoureuse. Plus adulte que la plupart des rôles qu’elle a interprétés avant, c’est un personnage qui lui va plutôt bien, mais là encore, on manque quand même de fond pour avoir quelque chose de vraiment intéressant.
Robert Downey Jr présente ici, comme on pouvait s’en douter, un Sherlock Holmes un peu chien fou, ce qui en soi est un choix qui se défend, mais j’aime bien aussi quand Robert Downey Jr fait autre chose qu’être en roue libre et fournir à son public chéri « du Robert Downey Jr ». Il est, comme d’habitude, charmant, fascinant, et drôle, mais j’aurais aimé quelque chose d’un peu plus particulier.
La vraie surprise vient de Jude Law, dont certaines prestations ces dernières années pouvaient laisser penser que sa carrière et son talent s’éteignaient peu à peu. Il trouve ici, selon moi, un de ses meilleurs rôles depuis bien longtemps. Il donne au Dr Watson quelque chose de bien à lui, cette sorte de recul doublé d’un attachement involontairement très fort à Holmes et à ses frasques, et une sorte de dignité sérieuse de l’éternel second. La relation Holmes-Watson, dans tout son paradoxe et sa complexité, fonctionne surtout grâce à lui.

L’intrigue part parfois dans des méandres un peu douteux, mais ça fonctionne, à la frontière du fantastique. Maintenant, ce qui manque à Guy Ritchie, et qui fait cruellement défaut au film, c’est un peu d’élégance…

Note : ★★★★☆☆