Dragons (Chris Sanders & Dean Deblois)

Dragons (Chris Sanders & Dean Deblois)

4-5.png

Un jeune garçon timide, qui peine à trouver sa place dans sa tribu de Vikings tous plus forts, audacieux et sans merci les uns que les autres, essaie de faire comme ses camarades et tente de tuer un dragon. Il arrive effectivement à en blesser un, de l’une des plus terrifiantes espèces, mais la féroce créature lui réserve bien des surprises, à lui et à son peuple…

Ce film d’animation Dreamworks est parmi ce que le studio a fait de mieux (ce qui n’est pas difficile quand on pense à Gang de requins ou même au triste Shrek 3).

Le scénario fonctionne vraiment bien, dans un univers amusant et assez inattendu (les Vikings, les dragons), qui donne à l’ensemble un ton finalement très sombre. C’est ça qui surprend le plus : que ce soit au niveau de l’image, très axée sur les bruns, les gris, les noirs, mais aussi sur le plan de l’intrigue (le héros est blessé !)
Tout repose sur le caractère du jeune garçon, qui est « différent » parce qu’il ne veut pas participer à la guerre et qu’il y est mauvais, et qui s’oppose à cause de cela à son père, grosse brute vaguement insensible. La scène où père et fils pourraient se « réconcilier » mais finalement n’y arrivent pas est d’ailleurs très réussie : ils n’arrivent pas à se parler.
L’identification marche donc facilement et peut toucher un large public.
La relation avec le dragon Toothless (littéralement, « sans dents », Crokmou en VF) est mignonne et touchante, la créature est bien faite, un peu inquiétante mais aussi craquante.

J’ai malheureusement quelques réserves sur ces deux personnages : le garçon m’ennuie assez vite, en fait, car il est à la fois timide et assez arrogant, en tout cas, j’ai un peu l’impression de voir tous les traits typiques de l’ado américain et bizarrement ça coince. Sensation renforcée par ses camarades, et en particulière la « copine qui a l’air d’une dure et qui en fait est super sensible ».
Quant au dragon, je le trouve un peu trop mignon, un peu trop félin, pas assez dangereux, pas assez terrifiant.
Je trouve que finalement le film manque de contrastes, de ruptures, voire de finesse.

Ça reste malgré tout une belle expérience ; en 3D certaines scènes sont vraiment virtuoses ; mais je suis désormais trop ralliée à la cause de Kung Fu Panda (voir mes avis ici et ici) pour ne pas préférer les aventures du Big Fat Panda, que je trouve plus touchantes et beaucoup plus drôles. Kung Fu Panda fourmillait de détails là où ici finalement, tout est assez classique.

(A propos, Gary Oldman, Michelle Yeoh, Jean-Claude Van Damme et Victor Garber – oui, Monsieur Bristow ! – viennent de rejoindre le casting vocal de Kung Fu Panda : the Kaboom of Doom !)

Bliss (Drew Barrymore)

Bliss (Drew Barrymore)

5.png

Bliss Cavendar se sent un peu à l’étroit, dans sa petite ville perdue dans le Texas, enfermée entre les cours, son job dans un « diner » de bord de route, et les concours de beauté auxquels sa mère tient tant. Elle découvre par hasard un nouveau monde, celui du roller derby, avec des équipes de filles iconoclastes qui s’affrontent sur une piste de course, chaussées de rollers et animées d’une énergie rageuse dans laquelle Bliss se reconnaît.

Grosse et excellente surprise que ce film, qui est la première réalisation de ma copine, l’actrice Drew Barrymore. Le sujet peut surprendre, voire rebuter : des filles sur des rollers, mouais, quelle drôle d’idée. Avec Ellen Page, prête à nous refaire un Juno version sportive ?

Mais non. Déjà, je trouve qu’Ellen Page est vraiment bien dirigée, et son personnage existe très rapidement, un mélange de timidité, de sagesse, de détermination, de rage, de douceur. Tout ça en même temps, oui oui. Et puis, il a sa très belle relation avec sa meilleure amie, interprétée par Alia Shawkat (surtout connue pour son rôle de Maeby dans la série TV Arrested Development). Il y a une vraie complicité entre les deux, et l’amitié qui les lie est vraiment incarnée et a des accents réellement authentiques, proches de ce qu’est vraiment une amitié entre deux filles vers la fin de l’adolescence. Drew Barrymore, on le sent, a beaucoup de tendresse pour ces deux personnages.

Les parents sont un peu caricaturaux, mais pas tant que ça, parce que rien n’est exagérément appuyé. La mère (Marcia Gay Hayden) est à la fois exigeante, tyrannique, mais elle n’est jamais condamnée. Au contraire, le film se place aussi de son côté, cherche à la comprendre – et y parvient.

Et puis il y a toutes les roller-girls. Kristen Wiig, très drôle et qui a une belle présence ; Zoe Bell, cascadeuse passée aussi comédienne (en particulier dans le bavard Boulevard de la mort de Quentin Tarantino) ; Juliette Lewis, que pourtant j’abhorre d’habitude, et qui ici incarne parfaitement l’ennemie détestable ; et enfin Drew Barrymore elle-même, qui s’est octroyé un rôle très secondaire mais vraiment amusant (elle tombe, se jette de rage sur ses adversaires même en sachant que ça lui vaudra l’exclusion…) Toute cette énergie féminine, tous ces personnages qui pourraient être un peu perdus sans leur passion, sont vraiment bien décrits, et très vite attachants.

Même les scènes d’action, sur les matchs, sont vraiment bien menées, dynamiques, bien montées, lisibles. On se surprend à se passionner pour le déroulement d’un match, alors qu’on ignorait l’existence de ce sport quelques minutes auparavant.

Pour ce qui est de l’intrigue, malgré quelques passages obligés, on évite quand même pas mal de clichés, tels que le happy end miraculeux. S’il y a happy end, il est plus subtil que ça.

Drew Barrymore a su faire de très bons choix, que ce soit niveau casting, niveau bande originale (très bonne sélection de morceaux), et probablement niveau technique, car le film a un rythme soutenu. Surtout, c’est son regard sur cette histoire, sur ses personnages, qui ne se départ jamais de cette tendresse dont j’ai déjà parlé, et qui fait toute la différence.

Qui plus est, c’est un film très agréable à regarder, qui met de bonne humeur et qui arrive à transmettre un peu de son énergie vitale… Une vraie réussite. Bravo Drew !

gertie.jpg