The Dark Knight Rises (Christopher Nolan)

The Dark Knight Rises (Christopher Nolan)

[Cela tombe sous le sens, mais ne lisez pas ce texte avant d’avoir vu le film, sauf si vous vous en fichez complètement…]

Je ne suis pas très cliente de ce que fait Christopher Nolan, c’est un fait maintenant établi. Il se trouve que j’ai vu presque tous ses films (tous sauf Following, à vrai dire) et que même si j’arrive souvent à trouver quelque chose qui m’attache vraiment (quelques détails dans Insomnia, Rebecca Hall dans The Prestige, Heath Ledger dans The Dark Knight, quelques aspects d’Inception), sa façon de voir les choses et de faire des films est généralement en décalage par rapport à ce qui me plaît au cinéma. Pour verser dans la caricature, son univers monochrome, d’un sérieux crispé, son refus de la fantaisie et du féminin, me bloquent généralement assez vite. Même si, comme pour les films de Michael Mann, mon esprit arrive à dépasser ma subjectivité et à reconnaître des qualités artistiques qui, même si elles ne me touchent pas, sont indéniables.

Batman Begins ne m’avait pas emballée à la sortie, j’avais révisé mon jugement « objectif » mais au fond, sincèrement, c’est un film que j’aime vraiment moyennement et qui surtout, m’ennuie. Pour The Dark Knight, on est dans quelque chose d’un peu différent, car si mon avis n’était pas extatique à la sortie, Heath Ledger m’avait néanmoins fait une grande impression, et je n’avais que peu renâclé à retourner le voir au cinéma deux fois, et même une troisième un peu plus tard. J’aime bien Inception mais j’ai beaucoup de choses à lui reprocher. En bref, pour tout vous dire ? Contrairement à tout mon entourage, je n’attendais pas vraiment The Dark Knight Rises. Je m’attendais à une suite des deux autres, en pareil, mais pire… Alors quelle ne fut pas ma surprise en découvrant ce troisième volet.
La première scène m’a fait un peu peur, j’avoue. Très en force, au niveau de l’action et au niveau sonore, elle est sûrement très bien exécutée mais j’y vois trop une façon un peu tape-à-l’œil de faire une scène d’ouverture aussi virtuose que celle de la banque dans The Dark Knight. Alors oui, super, des avions, du bruit, des dialogues sur-mixés, un avion attrapé par un autre, puis coupé, puis… wouah, ça impressionne, mais bon, c’est agressif et franchement peu intéressant. Heureusement, la suite se calme, et un certain nombre d’éléments me font vraiment aimer le film. Aimer, pour de vrai. [Et comme je suis un peu paresseuse niveau écriture en ce moment, je vais choisir la facilité des tirets :]

– Les invraisemblances sont assumées. Non pas qu’il n’y eût pas d’invraisemblances dans les volets précédents. Ouhlà non. Mais elles étaient cachées, enfouies, pour ne pas trop qu’on les voie, en plein milieu de ces Å“uvres (soi-disant) hyper-contrôlées et (soi-disant) hyper-cérébrales. Sur le principe, d’ailleurs, je n’ai rien contre les invraisemblances, dans une certaine mesure, ça fait parfois partie de la construction fictionnelle. (Bon, ça fait aussi parfois bien rire). Et ici, eh bien il y en a un paquet. On commence d’emblée par une ellipse : on se retrouve 8 ans après les événements de la fin de The Dark Knight, ce qui soulève sa part de questions : comment Bruce Wayne a-t-il pu rester inactif si longtemps ? J’aime bien, ça a un côté « hyper-sommeil » pour le coup vraiment du côté du fantastique. J’aime bien aussi finalement que ce soit la rencontre avec Selina qui « déclenche » une réaction. Et puis, des tas d’autres invraisemblances, avec la plus grosse, ce retour à Gotham de Bruce Wayne en fin de film, par on ne sait quel moyen, sans aucune liaison. Et puis, un peu toute la fin. Eh bien jamais ici ces défauts ne me dérangent vraiment, parce que j’ai l’impression, du coup, pour la première fois dans la trilogie, d’être devant un film divertissant, devant une adaptation de comics (j’allais dire « devant un film de super-héros », mais je préfère éviter les éventuels commentaires sur le fait que Batman n’est PAS un super-héros…). Alors attention, je ne dis pas « comics = invraisemblances obligatoires ». Je pense juste que trop de sérieux écrase un peu le fantastique et l’imaginaire – en tout cas dans le cas de Nolan. Ici, je n’ai pas l’impression d’un film qui cherche à être plus « intelligent » qu’un film lambda. Le net fleurit, ces derniers jours, d’articles divers et variés sur la liste – longue il est vrai – de toutes les invraisemblances et autres incohérences du film. Étrange, comme si certains spectateurs attendaient… quoi… un documentaire sur Gotham City ? Je crois aussi qu’il y a un certain petit plaisir à vouloir se croire « plus malin que Christopher Nolan ».

– Catwoman est ok, mais de toute façon, on la voit peu. Oui, j’avoue, je n’étais vraiment pas emballée par le choix de Anne Hathaway en Catwoman, ni d’ailleurs par la présence de ce personnage tout court dans l’univers Nolan. Mais bon, une fois qu’on sait qu’on aura non pas un personnage féminin mais un personnage tout court, on n’est pas si déçu. Anne Hathaway, que je continuerai à ne pas aimer, s’en sort bien, mais c’est surtout parce que le film ne fait pas grand-chose de son personnage. Mais elle est très bien. J’aime bien son masque qui se transforme en oreilles. Ça, c’est du détail amusant et plaisant, ludique. Pour le reste, la vision du personnage est plutôt cohérente avec l’univers construit… et, du coup, ne me passionne pas. Mais ça tient la route. Et j’aime apercevoir Juno Temple, actrice que j’apprécie beaucoup, qui détonne un peu ici.

– Bane est vraiment effrayant. Depuis le début du film, je trouve qu’il génère une vraie peur, liée à son physique très imposant et à son nihilisme. Je trouve que le film distille très bien la terreur diffusée par ce personnage. Je regrette simplement de n’avoir pas plus de flashback sur le personnage, ce qui permettrait au moins de voir un peu le visage de Tom Hardy. Hm.

– Mon vrai et gros coup de cÅ“ur, c’est Joseph Gordon-Levitt. Un acteur que j’aime beaucoup depuis un moment, sans pourtant souvent penser à lui si je convoque mon panthéon de comédiens favoris. Son physique particulier, sa délicatesse, son espèce d’humilité permanente et souriante faisaient déjà des merveilles dans Inception. Ici c’est lui qui m’a fourni ce que je ne pensais JAMAIS trouver chez Christopher Nolan : de l’émotion (même si avec Heath Ledger on touchait presque quelque chose). Je suis bien consciente que tout ça est une question de subjectivité, mais justement, pour une fois que je peux être subjective ET positive en parlant de cette trilogie, j’en profite… Sa scène en début de film, dans le manoir Wayne, de confrontation avec Bruce, est, je trouve, brillamment écrite. Pas de sous-entendus, pas de mystères, rien : il sait qui il est, il vient le lui dire, il lui raconte son histoire. Je crois que ce qui est très beau dans ce personnage, c’est ce lien à l’enfance, l’enfance qui déborde des yeux, parfois malicieux, parfois perdus, de l’acteur. L’enfance qui est aussi au cÅ“ur du trauma de Bruce Wayne – et de Talia, même si on s’en fiche déjà plus. Ces deux orphelins qui se rencontrent, se comprennent, se respectent, sans en faire des tonnes, ce personnage de Blake (dont on devine assez vite l’évolution, mais c’est d’autant plus fort), qui est toujours très honnête, très courageux, sans pour autant endosser un héroïsme qui ne lui irait pas (encore), je le trouve très touchant. Et surtout, j’aime sa relation à tout, à Bruce Wayne en particulier donc, mais aussi à Gordon. Ce personnage plein d’espoir, il m’a bouleversée, oui oui. D’ailleurs, sans lui, je ne comprendrais pas que Batman ne laisse pas Gotham périr dans les flammes.

Malgré tout, il reste des choses qui me déplaisent. Entre autres, je continue à n’avoir que peu d’empathie pour le Bruce Wayne-Batman de Christian Bale, à ce niveau ça n’a que peu changé depuis le premier volet. À part ça :

– Tout le monde l’a dit, mais cette fois pour cause : Marion Cotillard, correcte tout le long du film (mais jamais très brillante), a une dernière scène absolument honteuse au niveau de son jeu. Certains ne lui reprochent que ses derniers instants, moi c’est la scène entière : corps mal placé, regard forcé, bref, une horreur.

– J’aime que le film, comme les deux premiers volets, s’ancre dans l’actualité politique de son temps : on avait le 11 septembre, puis ses conséquences dont la guerre en Irak ; on a ici un écho assez vif à la crise économique et particulièrement au mouvement Occupy Wall Street. J’aime un peu moins que le mouvement de Bane soit forcément extrémiste et nihiliste, là où il y aurait un véritable fond à défendre ; j’aime aussi beaucoup moins que l’élément « pour une énergie propre » soit forcément du nucléaire. En gros, j’apprécie (et je trouve courageux) que le film aborde ces aspects (l’attaque de la Bourse est assez forte, dans ce sens), mais je regrette les côtés inévitablement franckmilleriens de l’ensemble.

Et en gros… C’est tout, même si j’imagine que si j’avais découvert ce film-là avant les deux autres, j’aurais eu bien plus de choses à lui reprocher. Peut-être que j’ai « accepté » toute une partie des défauts qui me bloquaient trop dans les deux premiers volets – c’est possible, je n’en sais rien. J’adore bien sûr toute la fin, que je trouve pour le coup très chargée émotionnellement, même si je ne sais pas si ce n’est que l’effet de mon regard subjectif sur le personnage de Blake.

En somme, contrairement à une grande majorité de spectateurs, ce troisième épisode est mon préféré de la trilogie, de loin, en tout cas à la sortie. Reste à voir comment il vieillit et supporte les revisions…

Note : ★★★★★½

Contagion (Steven Soderbergh)

Contagion (Steven Soderbergh)

Une pandémie dévastatrice explose à l’échelle du globe… Au Centre de Prévention et de Contrôle des Maladies, des équipes se mobilisent pour tenter de décrypter le génome du mystérieux virus, qui ne cesse de muter. Le Sous-Directeur Cheever, confronté à un vent de panique collective, est obligé d’exposer la vie d’une jeune et courageuse doctoresse. Tandis que les grands groupes pharmaceutiques se livrent une bataille acharnée pour la mise au point d’un vaccin, le Dr. Leonora Orantes, de l’OMS, s’efforce de remonter aux sources du fléau. Les cas mortels se multiplient, jusqu’à mettre en péril les fondements de la société, et un blogueur militant suscite une panique aussi dangereuse que le virus en déclarant qu’on « cache la vérité » à la population…

Gwyneth Paltrow, Matt Damon, Kate Winslet et Jude Law sur fond de pandémie moderne : sur le papier ce film est fait pour me plaire. D’autant que le réalisateur Steven Soderbergh, prolixe et original, pouvait apporter une patte un peu particulière à tout ça.

Malheureusement, il n’en est rien, ou plutôt pas grand-chose. Difficile de savoir à quoi ça tient, car les acteurs sont bons (mention à Kate Winslet, dont la scène dans la chambre d’hôtel est réellement émouvante, à Gwyneth Paltrow en malade/mourante exemplaire, et à Jude Law en blogueur-fouineur-charlatan). Mais cela ne suffit pas, on a une paranoïa modérée,  des explications scientifiques malmenées, et une épidémie finalement peu spectaculaire, que ce soit à l’image ou dans l’imaginaire du spectateur. Le plus marquant du film est de voir tous les « contacts » qui véhiculent le virus : barre dans le métro, cuisine de restaurant, éternuements dans les transports en commun… C’est naturellement marquant, et cela frappe les esprits, mais au fond c’est présenté de façon tout à fait plate. On pourrait aller dans une sorte de folie qui rendrait complètement misanthrope et agoraphobe, car après tout le mythe de l’épidémie est avant tout une peur de l’autre et du contact ; mais non, cela reste gentillet, cela donne envie de se laver les mains en rentrant du cinéma… et puis c’est tout. Je passe sur le personnage de Marion Cotillard, aussi fade qu’inutile.

De la même manière, toute l’intrigue autour des labos, du vaccin, de la manipulation des foules, qui est vue à travers le personnage de Jude Law, est très superficielle, et surtout, jamais Soderbergh ne prend un parti. On se fiche un peu de savoir ce qu’il en pense, attention ; mais avoir un regard un peu plus tranché aurait rendu sa mise en scène un peu plus passionnante. Ici, peu importe finalement que le personnage de Jude Law ait tort ou raison, tout est simplement montré, avec une distance de sécurité un peu frustrante, car elle n’ose ni le voyeurisme (pourtant intrinsèque à ce genre de sujet), ni la précision scientifique ou documentaire.

Sur un sujet pareil il y a pourtant de quoi faire quelque chose de bien plus perturbant !

Note : ★★★½☆☆

Rachel McAdams revient

Rachel McAdams revient

 

Rachel McAdams a connu une année très intense en 2005, enchaînant projet sur projet, et exposant sa vie professionnelle très active, ainsi que sa vie privée (avec son petit ami d’alors, rencontré sur le film The NotebookN’oublie jamais, Ryan Gosling) à la une des magazines.

Et puis Rachel est devenue discrète, malgré un petit éclair de surexposition en 2008 lorsqu’elle renoue avec Ryan Gosling, pour quelques brèves semaines. Surtout, elle qui était promise à une ascension fulgurante, s’est mise à faire des choix parfois surprenants, comme The Lucky Ones (sorti directement en vidéo en France), Married Life ou State of Play. Elle y est toujours irréprochable, mais les films étaient de petite ampleur, tout comme ses rôles.
On croyait tenir la perle pour The Time Traveler’s Wife, mais le réalisateur Robert Schwentke n’a pas su vraiment tirer le meilleur du roman et en faire le mélodrame bouleversant que ça aurait pu être.

Les unes des magazines ont été de retour lorsque le Sherlock Holmes de Guy Ritchie a conquis les foules. Il faut dire qu’avec des partenaires masculins aussi populaires et photogéniques que Jude Law et Robert Downey Jr, Rachel a profité un peu du feu des projecteurs, et le succès du film l’a remise au devant de la scène.
Son projet suivant ne fait plaisir qu’à moi (et à quelques autres probablement), parce qu’il réunit deux de mes acteurs fétiches : Rachel McAdams, donc, et Harrison Ford. Le film s’appelle Morning Glory et se passe dans le milieu de la télévision. Il comptera aussi au générique Diane Keaton et Jeff Goldblum (sortie prévue en France le … 3 novembre 2010).

tumblr_l13g73PsS31qb8z6wo1_500.jpgMais ses derniers projets s’enchaînent.
Le premier en date, et probablement le plus gros, c’est le prochain film de Terrence Malick (après Tree of Life, le fameux film-qui-n’est-pas-à-Cannes). Terrence Malick, réalisateur prestigieux, dont la sensibilité et l’esthétisme ne sont plus à prouver, est le genre de personnes avec qui on pouvait rêver que Rachel travaille, et c’est donc prévu (avec aussi Christian Bale, Javier Bardem, Olga Kurylenko). Le film n’a pas de titre pour l’instant.

Ensuite, c’est un peu plus récent et ça me réjouit tout autant : Rachel fera partie du casting du prochain Woody Allen. Ce qui, déjà, en soi, est une excellente nouvelle, puisque j’adore la plus grande partie de sa filmographie. Mais ça l’est encore plus lorsque l’on sait que ce film sera tourné… à Paris cet été ! [Je suis déjà prête à soudoyer quiconque pourra me trouver des infos sur les lieux de tournage] Elle y jouera aux côtés de Owen Wilson, Marion Cotillard (la rumeur veut que Carla Bruni fasse partie de l’aventure, mais sur ce terrain, je n’oserais m’aventurer). Le film n’a pas non plus de titre pour l’instant, comme d’habitude chez l’ami Woody.
EDIT du 25/04/2010 : le film s’intitule désormais Midnight In Paris, et la ville y jouera un rôle primordial puisque l’un des personnages masculins se verra bouleversé dans ses idéaux au contact de la vie parisienne. S’ajoutent au casting Kathy Bates, Michael Sheen.

Enfin, aujourd’hui on apprend que Rachel s’est engagée sur deux projets de films d’épouvante : un remake du film espagnol tumblr_l0y11bsY6x1qzf3g2o1_500.jpgterrifiant mais brillant, L’Orphelinat. L’utilité d’un remake de ce genre est toujours discutable ; le film serait réalisé par Mark Pellington (Arlington Road, La prophétie des ombres). Au-delà de ça, là où certains regrettent que Rachel retourne à des projets dits « de série B », je me réjouis plutôt de ce projet, car le rôle est intéressant, et même si j’ai dû fermer les yeux à certains moments de L’Orphelinat (car c’est le sujet qui me fait le plus peur au monde), je trouve que c’est un excellent film, riche et profond.
L’autre projet du jour, c’est We Have Always Lived In The Castle. Là, c’est au casting que se situe le grand intérêt, puisqu’on y retrouvera, en sÅ“ur de Rachel, Saoirse Ronan que j’aime beaucoup (Reviens-moi, The Lovely Bones), et, peut-être, Michael Douglas dans le rôle de leur oncle…

En tout cas, voilà qui change des longues périodes de disette où on n’entendait plus parler de la belle. Il faudra être patient, mais vivement !

Nine (Rob Marshall)

Nine (Rob Marshall)

2-5.png

Guido Contini, réalisateur renommé, fait face à une panne d’inspiration profonde et se laisse tourmenter par les femmes qui ont marqué sa vie, et, pour certaines, continuent à le perturber.

Le film se veut une sorte de suite à Huit et demi (si, si) et essaie, tant bien que mal, de jouer avec la mise en abyme, avec un montage atypique pour montrer un peu les affres de la création.

Tout cela est relativement raté. On ne peut pas dire que Chicago, autre comédie musicale de Rob Marshall, brillait par sa mise en scène, mais ici, on s’ennuie réellement. Quant aux affres de la création, ça se limite à : 1/ le réalisateur-scénariste ne sait pas quoi écrire 2/ il se rappelle quelques rencontres féminines, essaie de se retirer du monde, n’y arrive pas.

Rob Marshall a convoqué pour cela un casting cinq étoiles, du plus bel effet sur les affiches. Daniel Day-Lewis, le pauvre, se voit affublé de cette image d’Epinal du réalisateur italien tourmenté. Il n’est pas mauvais, mais n’a franchement que peu de grain à moudre. Nicole Kidman ne trouve pas non plus ici d’occasion de prouver qu’elle est redevenue une bonne actrice, dans ce personnage de comédienne qui pourrait être intéressant, mais à peine exploité et, de toutes façons, figé dans ce visage massacré par la chirurgie, qui ne convient plus qu’à des publicités pour des boissons gazeuses. Penelope Cruz hérite de la pire scène musicale du film, mal filmée, mal montée, sur une musique immonde, dans une vulgarité infinie. Son personnage est par ailleurs éculé et agaçant. Kate Hudson elle non plus n’est pas très gâtée, dans le rôle d’une journaliste américaine qui a autant de profondeur qu’un peigne. Sophia Loren est absolument terrifiante (involontairement) dans le rôle de la mère de l’artiste ; Fergie, chanteuse des Black Eyed Peas, a la chance d’avoir tiré un rôle muet, et d’avoir la chorégraphie la plus originale et la mieux conçue. Seules deux actrices sortent du lot : Judi Dench, qui arrive décidément à ajouter son petit grain de sel au moindre de ses rôles (ici, celui d’une couturière bienveillante) ; et Marion Cotillard, dans un rôle plutôt mal fichu (l’épouse délaissée), mais qui réussit à faire poindre un peu d’émotion, et qui nous fait découvrir une bien jolie voix.

On a bien quelques effets de construction intéressants, mélangeant réalité et pensée de Contini, mais ça n’aboutit jamais sur rien. On attend, comme dans Chicago, un climax qui ne vient jamais. Ça n’est que rarement mauvais, mais c’est raté.
On oubliera donc très vite cet échec, qui ne raconte pas grand-chose sur pas grand-chose et qui échoue à mettre en valeur son casting…