Scott Pilgrim (Edgar Wright)

Scott Pilgrim (Edgar Wright)


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Scott Pilgrim est un jeune adulte qui joue dans un groupe de rock. Il se remet tout juste d’une relation douloureuse, et pour cela, son flirt naissant avec Knives Chau, lycéenne fraîche et naïve, lui est agréable. Mais c’est à ce moment particulièrement mal choisi qu’il rencontre Ramona Flowers, jeune femme sortie de nulle part, qui lui fait un effet particulièrement dévastateur.

J’ai eu la « chance » de lire les comics de Bryan Lee O’Malley avant de voir le film. Je mets le mots entre guillemets car si le premier tome des aventures de Scott Pilgrim était distrayant par son style bien particulier (trait noir et blanc cartoonesque, ton mélangeant jeu vidéo, pop culture, et relations sentimentales), j’ai eu beaucoup plus de mal à trouver du plaisir à lire les 5 autres, tant l’ensemble m’est apparu faiblard, délayé, sans grande force dramatique.

Mais c’était une chance malgré tout, parce que, du coup, j’étais prévenue. Je savais que ce film, qui adapte les 6 tomes, aurait forcément un peu de cette approche bien particulière, à la fois très superficielle mais avec des volontés de parler de la vie, malgré tout.
J’étais d’ailleurs plutôt contente que le film condense les 6 tomes ; effectivement, il me semble qu’il n’y pas matière à faire plus d’un film à partir des comics.

Sur ce point, ce n’est pas tout à fait exact, car le film réussit quand même à se perdre dans des longueurs, en particulier lors des scènes de combat qui, au bout d’un moment, sont vraiment répétitives et pas très bien montées. Mais c’est toujours moins interminable que sur papier.

Pour le reste, j’ai trouvé le film très agréable à suivre ; les effets visuels, déjà présents dans le comics, sont ici évidemment un prétexte à effets spéciaux colorés et explosifs qui se fondent très bien dans le film. Le tout donne une identité visuelle forte au film, et c’est même son intérêt principal : les effets fusent, mais aussi les références, les répliques, les gags, le tout dans un mic-mac finalement cohérent.

Michael Cera est plutôt pas mal en Scott, même si à la lecture, le personnage me semblait tout de même moins gauche, moins… michaelceresque. Tous les autres sont bien aussi, même si le rôle de Jason Schwartzman est trop faible pour lui donner quelque chose de vraiment intéressant à jouer. Mon personnage préféré, en comics et en film, reste Kim ; elle est ici interprétée par l’excellente Alison Pill, que j’ai découverte dans Milk et dans En analyse, saison 2. Elle arrive à dépasser ce côté unidimensionnel des personnages et à apporter un petit peu de profondeur. Mae Whitman est aussi assez drôle, et c’est amusant de la voir combattre Michael Cera, puisqu’ils étaient déjà dans un face à face bien particulier dans Arrested Development (elle jouait Ann, l’amie disgracieuse de George Michael). Brandon Routh est plus à l’aise ici dans un rôle comique qu’en Superman fadasse.

D’ailleurs, la dimension comique du film est peut-être ce qu’il y a de plus réussi, tout est très balisé mais suit une mécanique impeccable. Le tout est secondé par des scènes musicales ou de combat rythmées et chorégraphiées. La musique, qui tient un rôle important dans l’intrigue, est particulièrement bien adaptée et les chansons originales n’ont pas été bâclées. La scène de « battle » musical est particulièrement réussie.

En gros, tout le monde se défoule, nous avec. Le fond est mince, c’est sûr, mais pour une fois, ça ne me gêne pas plus que ça. Peut-être parce que j’étais prévenue, mais aussi parce que le film se suffit à lui-même en l’état, en tant qu’objet de divertissement pur et dur.

Une nuit à New York (Peter Sollett)

Une nuit à New York (Peter Sollett)

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Nick se lamente sur son sort : sa petite copine l’a quitté. Musicien dans un groupe, il lui prépare des compilations de ses morceaux préférés, qu’elle jette sans scrupules. Norah est parfois tombée sur ces CD et en admire leur inconnu créateur.
Tous deux fans du même groupe, qui donne justement un concert surprise ce soir-là à New York – dans un lieu secret – Nick et Norah vont se croiser.

C’est un film un peu mignon, avec un peu de musique sympa (et pourtant on pouvait en attendre plus, surtout en regard du titre original, Nick and Norah’s infinite playlist). Certes la musique joue un rôle, mais finalement guère plus que dans n’importe quelle comédie romantique moyenne.

Michael Cera, qu’on a surtout vu dans Arrested Development, Juno, Supergrave, L’an 1, joue ici comme d’habitude un jeune garçon maladroit, timide mais sensible. Il est toujours assez à l’aise dans ce rôle mais tourne un peu en rond, à force.
Kat Dennings, jolie jeune recrue, n’est pas mal non plus même si son personnage de jeune fille un peu solitaire et revêche se révèle un peu limité. Elle est malgré tout attachante dans ses contradictions, et elle est peut-être ce qu’il y a de mieux dans le film.

Bref, beaucoup de moments sympathiques, quelques seconds rôles amusants (la copine de Norah, les copains de Nick) mais j’avoue que je m’attendais à quelque chose d’un peu plus original, d’un peu plus frais.
Le titre français est particulièrement ridicule mais le fait est que… ça se passe à New York, et qu’une certaine ambiance nocturne est assez bien rendue.

Vous pouvez jeter une oreille à la fameuse BO ici (Amazon)…

L’an 1 : des débuts difficiles (Harold Ramis)

L’an 1 : des débuts difficiles (Harold Ramis)

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Au tout début de notre ère, Zed et Oh, deux « chasseurs-cueilleurs » pas vraiment dégourdis, sont bannis de leur village natal par leurs congénères. Feignants, peureux et incapables de chasser, les deux compères se retrouvent livrés à eux-mêmes dans un environnement hostile, sans nulle part où aller. Ils décident, par conséquent, de quitter l’endroit qu’ils ont toujours connu pour s’aventurer vers l’inconnu… [source : Allociné]

Bon, c’est sûr que d’aller voir ça, je n’ai pas grande excuse.
Mais en fait, si : Harold Ramis, c’est quand même le réalisateur jadis émérite de Un jour sans fin, le co-scénariste des SOS Fantômes… Et même si son dernier film, Faux-Amis, était assez oubliable, ici, la présence de Jack Black, acteur au talent comique incontestable, et de Michael Cera (Juno) qui promettait beaucoup, pouvait justifier le déplacement.

C’était sans compter une écriture totalement paresseuse et un humour de garçon en train de muer.

Je ne vais pas m’attarder sur les gags affligeants ou sur l’indigence de la fin « Ã  émotion », car c’est perdre son temps.

Jack Black n’est pas mauvais mais n’est quasiment pas dirigé et s’adonne sans vergogne à tous ses tics de jeu préférés : sourcils décalés, yeux ronds et sourire en coin ; quant à Michael Cera, on jurerait voir George Michael Bluth, son personnage de la série « Arrested Development », depuis laquelle il n’a finalement guère évolué. On voit au détour d’un fourré David Cross (« Arrested Development » aussi), diablement mauvais ; Christopher Mintz-Plasse (éternellement surnommé McLovin depuis SuperGrave) ; Hank Azaria (doubleur dans « Les Simpsons ») ; et même Paul Rudd (Les grands frères) dans un rôle trop court.

Quasiment rien à sauver donc, puisque ce film, malgré sa tonalité parodique, arrive à être miraculeusement aussi crétin que 10000, film « sérieux » sur la préhistoire, et n’est finalement même pas aussi drôle.