Walk Hard (Jake Kasdan)

Walk Hard (Jake Kasdan)

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Dewey Cox, petit, a été responsable de la mort de son frère. Renié par son père, il trouve refuge, très jeune, dans la musique. Ce film raconte son parcours…

Film parodique produit et scénarisé (entre autres) par Judd Apatow, Walk Hard souffre donc des défauts habituels : trop long, et un peu poussif par-ci par-là (mais je me répète.)

John C. Reilly, qui semble ces derniers temps prendre davantage de plaisir à faire le clown dans des comédies de ce genre, en profite pour s’amuser, sans vraiment beaucoup de finesse, mais bon, ça convient au genre.

Ce qui est drôle à voir, ce sont les pastiches de clichés habituels des « biopics » (films biographiques) américains : la construction en flashback, le père haineux avec sa phrase-leitmotiv, l’enfant forcément surdoué, la chute inévitable dans la drogue, etc, etc. J’adore en particulier plusieurs scènes de chant, où Dewey Cox et ses amis jouent un morceau complètement anodin, et la mise en scène, par les réactions démesurées de la foule, nous fait comprendre à quel point leur musique est censée être incroyable. Ce petit ton de moquerie perpétuelle est assez plaisant.

A côté de cela, puisque la carrière de Dewey Cox traverse les décennies (et encore une fois, assez drôle de voir John C. Reilly interpréter le rôle dès que le personnage a…. 12 ans…), il y a un vrai « travail » sur la musique. Les chansons sont des pastiches de groupes ou de styles musicaux (je ne voudrais pas gâcher les surprises) et sont plutôt bien vues.
Et quelques guest stars dans le rôle de… guest stars (Elvis Presley, les Beatles…)

Un peu stupide, mais amusant.

I Love You, Man (John Hamburg)

I Love You, Man (John Hamburg)

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Peter est agent immobilier et est sur le point de se marier. Sa future épouse s’inquiète de voir que Peter n’a aucun ami assez proche pour lui servir de témoin lors du mariage. Après une recherche active et pitoyable de l’ami parfait, Peter tombe par hasard sur Sydney, et très naturellement, les deux hommes deviennent amis.

Il y a dans ce film beaucoup de défauts que l’on retrouve chez Judd Apatow, à commencer par des longueurs intolérables. Le film met un temps fou à démarrer, gardant l’arrivée de Sydney comme un climax qui tombe un peu à plat.
Il y a ensuite Jason Segel dans le rôle de Sydney, le type « cool », que j’avais d’abord trouvé sympathique dans How I Met Your Mother, puis qui m’a vite lassée voire agacée, surtout en rôle de premier plan.
Et puis enfin, tout un tas de poncifs, qui se croient inédits mais qui sont tout aussi atterrants que ce que l’on trouve dans une comédie romantique basique, sur les hommes, les femmes, le couple.
La figure de Peter, intéressante au début dans toute son anormalité et son rapport aux autres très limité, devient alors vite un personnage comme un autre, qui a certes le charme de Paul Rudd mais qui ennuie finalement rapidement.
Quelques gags plus ou moins réussis parsèment le film, mais j’en ai déjà oublié la majorité.

40 ans, toujours puceau (Judd Apatow)

40 ans, toujours puceau (Judd Apatow)

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Est-il besoin d’un résumé ?

La réputation de Judd Apatow a fait du chemin depuis 2005, et c’était ici ses débuts en tant que réalisateur, même si « sa bande » était déjà plus ou moins formée.

Peut-être qu’à l’époque, le ton de cette comédie était apparu suffisamment décalé et novateur pour être apprécié de façon assez large par les spectateurs ; peut-être que depuis, toutes les comédies se sont engouffrées dans cette brèche au point de rendre celle-ci fadasse ; peut-être que tout simplement je n’accroche pas à cette écriture.

Alors, certes, le personnage principal n’est pas présenté sous l’Å“il de la moquerie ou de la cruauté (j’ai envie de dire « Encore heureux »). Enfin, ce n’est pas si simple selon moi, car même si le personnage n’est pas clairement ridiculisé, je trouve finalement le déroulé de l’histoire assez tragique. En tout cas, est-ce que ce traitement, contradictoire avec ce que pouvait sous-entendre le titre potache, en fait un film intéressant pour autant ?

Par ailleurs, même si certains passages sont amusants, grâce par exemple à Paul Rudd,  je trouve l’ensemble un peu longuet, dérythmé et mollasson, ce qui à mon avis est assez rédhibitoire dans une comédie (même si j’ai visionné la version longue et que la version basique était probablement mieux dégraissée).

Mais surtout, je trouve que l’ensemble est gâché par un regard plein d’intentions très lisibles, trop lisibles. J’ai toujours cette désagréable impression que les personnages sont jugés, sont brandis pour défendre une idée, avant même de fonctionner en tant que personnages. Les interprètes font ce qu’ils peuvent, mais il n’y a pas grand grain à moudre. C’est probablement ce qui m’a le plus étonnée, car la force des personnages est, je crois, ce qu’on reconnaît comme qualités premières à ce film…

Du coup, rien dans ce récit, qui pourrait être attachant, ne m’intéresse vraiment. Catherine Keener fait ce qu’elle peut avec son sourire figé et ses pattes d’oie mais son rôle est triste, triste, triste. Quelques gags se veulent graveleux mais en fait restent tellement sages que c’en est affligeant.

A vrai dire, quelques semaines plus tard, j’ai déjà oublié la plupart des péripéties pour ne garder qu’un souvenir d’une grosse pâtisserie lourde et peu digeste…

L’an 1 : des débuts difficiles (Harold Ramis)

L’an 1 : des débuts difficiles (Harold Ramis)

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Au tout début de notre ère, Zed et Oh, deux « chasseurs-cueilleurs » pas vraiment dégourdis, sont bannis de leur village natal par leurs congénères. Feignants, peureux et incapables de chasser, les deux compères se retrouvent livrés à eux-mêmes dans un environnement hostile, sans nulle part où aller. Ils décident, par conséquent, de quitter l’endroit qu’ils ont toujours connu pour s’aventurer vers l’inconnu… [source : Allociné]

Bon, c’est sûr que d’aller voir ça, je n’ai pas grande excuse.
Mais en fait, si : Harold Ramis, c’est quand même le réalisateur jadis émérite de Un jour sans fin, le co-scénariste des SOS Fantômes… Et même si son dernier film, Faux-Amis, était assez oubliable, ici, la présence de Jack Black, acteur au talent comique incontestable, et de Michael Cera (Juno) qui promettait beaucoup, pouvait justifier le déplacement.

C’était sans compter une écriture totalement paresseuse et un humour de garçon en train de muer.

Je ne vais pas m’attarder sur les gags affligeants ou sur l’indigence de la fin « Ã  émotion », car c’est perdre son temps.

Jack Black n’est pas mauvais mais n’est quasiment pas dirigé et s’adonne sans vergogne à tous ses tics de jeu préférés : sourcils décalés, yeux ronds et sourire en coin ; quant à Michael Cera, on jurerait voir George Michael Bluth, son personnage de la série « Arrested Development », depuis laquelle il n’a finalement guère évolué. On voit au détour d’un fourré David Cross (« Arrested Development » aussi), diablement mauvais ; Christopher Mintz-Plasse (éternellement surnommé McLovin depuis SuperGrave) ; Hank Azaria (doubleur dans « Les Simpsons ») ; et même Paul Rudd (Les grands frères) dans un rôle trop court.

Quasiment rien à sauver donc, puisque ce film, malgré sa tonalité parodique, arrive à être miraculeusement aussi crétin que 10000, film « sérieux » sur la préhistoire, et n’est finalement même pas aussi drôle.