The Reader (Stephen Daldry)

The Reader (Stephen Daldry)

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Un jeune lycéen allemand rencontre fortuitement une femme plus âgée que lui, avec laquelle il va entamer une relation passionnelle. Fruste et parfois dure, la femme a pourtant la particularité de demander à son amant de lui faire la lecture. Mais lorsqu’elle se voit proposer une promotion à son travail, elle disparaît de la circulation.
Quelques années plus tard, le jeune homme, devenu étudiant en droit, retrouve cette femme, au tribunal…

[On a donc un roman allemand, Der Vorleser, traduit en français par Le liseur, et on prend comme titre de VF l’anglais The Reader. Tout va bien. – fin de l’aparté]

De Stephen Daldry, après Billy Elliott et The Hours, je m’attendais à quelque chose de très lacrymal, voire de très romantique. Je n’ai pas lu le livre de Bernhard Schlink, et je ne connaissais quasiment rien de l’intrigue. J’ai d’ailleurs eu longtemps du mal à associer le personnage interprété par Ralph Fiennes au reste de l’histoire.

Ce qui est frappant, c’est l’austérité générale du film. Au début, c’en était presque crispant : comme si on ne pouvait pas filmer l’Allemagne avec autre chose que des couleurs ternes, du gris, de la pluie ?
Finalement, je pense que ce n’est pas le propos, même si la coloration historique est très importante, et très bien rendue.
Ici, à l’instar du personnage de Kate Winslet, qui semble se refuser à toute mièvrerie, voire à toute émotion, le film joue avec ce caractère un peu âpre : on attendrait des larmes, on attendrait du drame, des grands sentiments ; mais dans cette histoire il n’y a de la place que pour la gorge serrée et les sentiments étriqués, les actes petits.

Inutile d’en attendre un pamphlet pour la lecture ou une histoire d’amour déchirante car vraiment, on n’est absolument pas dans ce domaine. Il s’agit plutôt de voir des personnages dans leurs petites lâchetés, dans leurs grandes trahisons, dans leurs petites et grandes lacunes de savoir ou de savoir-être, comme on dit.

Comme je ne m’attendais pas à cela, je ne peux pas dire que j’ai été emballée par le film, puisqu’il n’y a pas matière à s’emballer ; malgré tout, il y a ici quelque chose d’assez inhabituel, d’un peu décalé, d’assez dur, qui suscite un intérêt étrange. Je n’ai néanmoins aucune envie de le revoir prochainement…

Harry Potter et l’Ordre du Phénix (David Yates)

Harry Potter et l’Ordre du Phénix (David Yates)

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Comme tous les étés, Harry est coincé à Privet Drive. Cet après-midi là, dans le square, Harry se dispute avec son cousin Dudley, quand deux Détraqueurs font leur apparition, et attaquent les deux garçons. Harry réussit à produire les Patronus qui les sauveront, mais cet exercice de la magie hors de Poudlard lui vaut d’être soumis à une audience disciplinaire au Ministère de la Magie… Peu après, il découvre que personne ne les croit, lui et Dumbledore, au sujet du retour en force de Voldemort, et que le ministre cherche à étouffer leur parole.

Le voilà, le film le plus raté de la saga selon moi. C’est dommage, car le livre est pourtant loin d’être le moins bon. David Yates fait un travail honorable, mais sans éclat. Le début du film est relativement bien réussi, mais peine rapidement, encore une fois peut-être par trop de matière à condenser, car le tome 5 de J.K. Rowling est un gros morceau.

Beaucoup de choses sont bien faites, mais n’ont jamais la moitié de l’impact que la lecture peut produire ; en outre, pour un non lecteur, le film est difficile à suivre (je me rappelle de ma première vision à la sortie, où j’avais trouvé l’ensemble d’un ennui sans nom). En effet, les événements importants sont retranscrits, mais on n’en comprend les réels enjeux que si on les connaît – j’exagère, bien sûr, mais c’est un peu l’idée.

Au rayon des suppressions regrettables du livre au film : l’évolution de Petunia Dursley ; le flou qui règne autour de la généalogie de Sirius Black (de qui est-il fils, frère, tout cela est mal amené) ; tout ce qui concerne les elfes de maison (même si c’est trop dilué dans les livres), et Kreattur en particulier ; les petits copains de Ginny ; l’hôpital Sainte-Mangouste et ce qui s’y passe.

Comme d’habitude, tout passe trop vite. On voit que Dumbledore évite Harry, on voit une ou deux leçons d’occlumancie, et c’est tout, tout est résolu en un clin d’Å“il (alors que c’est le creuset de toute la suite). Les tortures de Dolorès Ombrage, alors qu’elles étaient si vives dans le roman, semblent ici relativement anodines. Mais surtout, le combat au Département des Mystères est, là encore, très sage, et on se rend à peine compte de la gravité de ce qui s’y passe, les enfants sont à peine blessés, on est loin du carnage du livre… C’est l’échec le plus regrettable de cette adaptation, car c’est évidemment un moment crucial, qui devient d’un ennui mortel.

Du côté du casting, rien de spécial à noter, si ce n’est que Imelda Staunton (vue dans Vera Drake) est vraiment parfaite dans le rôle de Ombrage, propre, rose, souriante, cruelle, injuste, détestable. Dommage que le personnage ne soit pas mieux exploité dans le scénario. De la même manière, la petite Evanna Lynch est l’idéale Luna Lovegood, elle en a la douceur, la folie, la simplicité, la tranquillité. En revanche, je suis plutôt perplexe quant au choix de Helena Bonham Carter, que pourtant j’adore, dans le rôle de Bellatrix Lestrange. Elle y met une hystérie superflue et ridicule là où la froideur la plus extrême serait bien plus impressionnante. A voir dans les épisodes suivants…

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