Rango (Gore Verbinski)

Rango (Gore Verbinski)

Un lézard domestique, un peu comédien, se retrouve malencontreusement perdu au bord d’une route en plein désert. Livré à lui-même, il va enfin pouvoir réaliser son rêve : incarner un héros et se faire des amis.

La bande-annonce déjà ne m’emballait pas : je ne suis pas très cliente de l’aspect visuel du film, même si je le trouve très soigné et même si l’animation est très réussie.
Et finalement, pas de surprise lors de la vision du film : on est là dans un projet typiquement à la Pirates des Caraïbes (dont on retrouve le duo réalisateur-acteur) : quelque chose qui tient la route mais qui manque un peu d’âme. Assez prévisible, l’histoire de Rango laisse à désirer sur le plan du dynamisme et du brio : on arrive même à s’ennuyer en plein milieu du film… Les moments d’action sont rares et peu palpitants, et le reste, sans être inintéressant, n’est pas passionnant ; certains détails n’existent que pour amener un seul gag. Le film cherche sa profondeur dans les questionnements de Rango sur son identité, et se veut référentiel par rapport au western, mais reste malheureusement très en surface sur les deux plans.
Dans sa tonalité, le film refuse l’approche d’innocence et d’émerveillement propre aux Å“uvres qui s’adressent prioritairement à la jeunesse ; mais il rate aussi une approche plus adulte, car il ne choisit pas non plus la carte de la maturité…
Sans foncièrement déconseiller Rango, je trouve simplement que nous voilà avec un énième film « adolescent » et « sympa », à consommation plaisante (l’ensemble reste malgré tout assez correct, se regarde sans déplaisir, et quelques passages amusants fonctionnent) mais rapide (dans deux jours j’aurai tout oublié). Pas très inspirant…

Note : ★★★☆☆☆

The Proposition (John Hillcoat)

The Proposition (John Hillcoat)

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Dans une Australie que les Anglais ont déjà bien colonisée, la sauvagerie et la violence règnent en maître. Entre les frères Burns, hors-la-loi coupables du massacre d’une famille, et les hommes du capitaine Stanley, on ne sait plus lesquels sont les plus à blâmer. Le capitaine demande à l’un des frères Burns, Charlie, apparemment plus raisonnable, de trouver et tuer son frère aîné, Arthur, le plus dangereux, pour sauver son plus jeune frère, gardé en ville en prison jusqu’à son éventuelle mise à mort.

Le film date en fait de 2005 mais la sortie de La Route, du même John Hillcoat, adapté du roman à succès de Cormac McCarthy, l’a amené jusqu’à nos écrans.

Précédé d’une bonne réputation, le film est en effet réalisé avec un style certain. La première scène est très dure et montre un pays en proie aux pires violences, défiguré et baignant dans le sang des divers génocides, meurtres et autres crimes qui semblent être la base de toute opération de « civilisation » suite à une colonisation.
En cela, le film réussit à frapper par ce propos particulièrement dur et âpre.

Il y a une certaine parenté avec L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, surtout pour les personnages des frères Burns, les dynamiques de violence, d’admiration et de toutes sortes de liens du sang et/ou du cÅ“ur qui peuvent unir des personnages pour lesquels, sans cela, on n’aurait aucune empathie. Je trouve ce film-ci plus réussi, moins faussement contemplatif, avec un style plus original, plus incisif.

Du côté des interprètes, Guy Pearce est comme d’habitude assez bon, même si un peu trop hébété pendant 90% du film (on attend un déclic, un réveil, pendant trop longtemps). Je trouve en revanche Danny Huston assez insupportable dans le rôle d’Arthur Burns, le frère aîné, le plus coupable (?), qui s’est retiré dans la montagne. Ce personnage de meurtrier qui cite de la poésie et qui est plein de sagesse me rend toujours un peu perplexe, et Danny Huston, pour parfaire le tout, se regarde jouer. Grosse faiblesse du film selon moi. Emily Watson est terrible dans le rôle de la femme du capitaine Stanley, car le rôle est terrible. Difficile d’en dire plus. Quant à Ray Winstone, le capitaine, je le trouve vraiment excellent, autant dans ses moments de cruauté que dans sa recherche désespérée de sérénité, voire de bonheur. Le personnage est très beau.

Il manque un petit quelque chose à ce film, qui est assez long, et qui se regarde un peu trop lui-même, et finit, à cause de cela, par me perdre. Et j’ai raté La Route en salles donc je vais devoir patienter un peu avant d’en dire plus sur John Hillcoat.