Une arnaque presque parfaite (Rian Johnson)

Une arnaque presque parfaite (Rian Johnson)

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Deux frères sont spécialisés dans les arnaques de haut vol. Rien n’est impossible pour eux et les mises en scène sont toutes plus spectaculaires les unes que les autres. Lorsqu’ils s’attaquent à une riche héritière excentrique, ils ne se doutent pas qu’ils vont avoir à faire à une charmante manipulatrice qui cache bien son jeu. [source : Allociné]

[On a donc, comme titre en VO : The Brothers Bloom ; mais « Les frères Bloom » c’était un peu trop compliqué, mieux vaut une bonne vieille formule, on a probablement hésité avec « Arnaqueurs malgré eux »]

Eh oui, la voilà, la raison de découvrir Brick l’autre jour : c’était parce que le second film de Rian Johnson vient de sortir en salles.

Et cette fois, ça ne rigole plus, les moyens sont là, et le casting aussi : Adrien Brody (Le pianiste, King Kong…….), Mark Ruffalo (30 ans sinon rien, Ma vie sans moi, Zodiac…….), Rachel Weisz (La momie, The Constant Gardener, The Fountain…), Rinko Kikuchi (Babel…)
Il se trouve que j’aime beaucoup les trois premiers, qui se trouveraient très haut dans un classement de mes acteurs préférés.

Heureusement, la déception Brick m’a fait revoir mes attentes à la baisse, et c’est tant mieux.

Il y a tout de même dans ce deuxième travail beaucoup plus de maîtrise, à tous les niveaux – même Nathan Johnson, frère de, a fait de sérieux progrès à la musique. Les acteurs s’amusent, sont contents de porter des costumes taillés sur eux et les filles profitent de quelques scènes comiques pour faire autre chose que les faire-valoir féminins. Rinko Kikuchi, abonnée décidément aux rôles muets, est parfois assez amusante dans ses gimmicks d’arrière-plan.

Malheureusement, j’y vois toujours le même défaut : beaucoup d’apparence, beaucoup de factice, beaucoup de tape à l’oeil, pour un fond que je n’arrive jamais réellement à saisir et qui ne me parle absolument pas.

J’aimerais pouvoir voir dans cette histoire une sorte de mise en abyme, par rapport au personnage de Mark Ruffalo, qui se sent toujours obligé d’écrire tout à l’avance, et pour qui le factice contient plus de vérité que le réel.
Ça pourrait se tenir, et ces éléments pourraient être passionnants, pourraient trouver une résonance par rapport au film lui-même. Mais, à mon sens, ça ne fonctionne jamais ; comme Adrien Brody, on attend l’authentique, mais il ne vient jamais.

De manière générale, je conseillerais malgré tout davantage ce film-ci plutôt que le précédent, dans le sens où il remplit un certain quota de divertissement. Quelques scènes sont belles, d’autres drôles, même si rien ne m’emballe jamais. Reste le plaisir de voir ces trois acteurs, filmés comme de beaux objets et très bien valorisés physiquement.

Mais que tout ça manque de texture…

Brick (Rian Johnson)

Brick (Rian Johnson)

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Lycéen d’une intelligence hors norme, Brendan Frye est un garçon solitaire qui préfère se tenir à l’écart de ses camarades. Jusqu’au jour où son ex-petite amie, Emily, tente de reprendre contact avec lui, avant de disparaître. Toujours amoureux d’elle, Brendan se met en tête de la retrouver… [source : Allociné]

Encore une fois un synopsis repris d’ailleurs car je serais bien en peine d’écrire un résumé digne de ce nom, ou en tout cas pas dans le temps limité dont je dispose en ce moment pour alimenter ce blog.

Premier film du réalisateur Rian Johnson, Brick pouvait m’intriguer à cause de certains échos de mon entourage, plutôt positifs. Voire très positifs pour certains.

Et puis bon, en quelques secondes, j’ai su que ça ne collerait pas. Rythme volontairement ralenti, musique écrite avec deux doigts, dont on essaie de cacher l’amateurisme par quelques bidouillages, plans tellement composés qu’on a l’impression que l’équipe se congratule derrière la caméra…

Ah ça, pour utiliser l’un des derniers qualificatifs à la mode, c’est « stylé » ce film. Du style et pas grand-chose d’autre. On me parle de jeu avec les codes du film noir, transposés dans un environnement de lycée américain… Bon, peut-être. Plutôt que du jeu, j’y vois une volonté d’appropriation, et beaucoup de prétention.
J’aurais probablement beaucoup mieux aimé si je l’avais découvert à 18 ans, mais là, tout me semble très forcé, très pénible. On joue au film de grands, avec gangsters, sales types, drogues et avortements… Moui.

Lukas Haas (le petit garçon de Witness, qu’on a revu dans beaucoup de choses depuis) joue, je trouve, assez mal son rôle de vilain ; Joseph Gordon-Levitt (Mysterious Skin et surtout bientôt 500 jours ensemble) s’en sort plutôt bien mais m’ennuie ; les filles, vues dans des séries (Heroes pour Nora Zehetner, Lost pour Emilie de Ravin) sont inintéressantes au possible, dans des rôles figés.

Je reconnais que pour un premier film, tourné avec un budget plus que minimal, c’est techniquement correct. Mais la particularité et l’originalité réputées de ce film n’ont pas du tout marché sur moi, j’avais hâte que ça finisse…