Rachel McAdams revient

Rachel McAdams revient

 

Rachel McAdams a connu une année très intense en 2005, enchaînant projet sur projet, et exposant sa vie professionnelle très active, ainsi que sa vie privée (avec son petit ami d’alors, rencontré sur le film The NotebookN’oublie jamais, Ryan Gosling) à la une des magazines.

Et puis Rachel est devenue discrète, malgré un petit éclair de surexposition en 2008 lorsqu’elle renoue avec Ryan Gosling, pour quelques brèves semaines. Surtout, elle qui était promise à une ascension fulgurante, s’est mise à faire des choix parfois surprenants, comme The Lucky Ones (sorti directement en vidéo en France), Married Life ou State of Play. Elle y est toujours irréprochable, mais les films étaient de petite ampleur, tout comme ses rôles.
On croyait tenir la perle pour The Time Traveler’s Wife, mais le réalisateur Robert Schwentke n’a pas su vraiment tirer le meilleur du roman et en faire le mélodrame bouleversant que ça aurait pu être.

Les unes des magazines ont été de retour lorsque le Sherlock Holmes de Guy Ritchie a conquis les foules. Il faut dire qu’avec des partenaires masculins aussi populaires et photogéniques que Jude Law et Robert Downey Jr, Rachel a profité un peu du feu des projecteurs, et le succès du film l’a remise au devant de la scène.
Son projet suivant ne fait plaisir qu’à moi (et à quelques autres probablement), parce qu’il réunit deux de mes acteurs fétiches : Rachel McAdams, donc, et Harrison Ford. Le film s’appelle Morning Glory et se passe dans le milieu de la télévision. Il comptera aussi au générique Diane Keaton et Jeff Goldblum (sortie prévue en France le … 3 novembre 2010).

tumblr_l13g73PsS31qb8z6wo1_500.jpgMais ses derniers projets s’enchaînent.
Le premier en date, et probablement le plus gros, c’est le prochain film de Terrence Malick (après Tree of Life, le fameux film-qui-n’est-pas-à-Cannes). Terrence Malick, réalisateur prestigieux, dont la sensibilité et l’esthétisme ne sont plus à prouver, est le genre de personnes avec qui on pouvait rêver que Rachel travaille, et c’est donc prévu (avec aussi Christian Bale, Javier Bardem, Olga Kurylenko). Le film n’a pas de titre pour l’instant.

Ensuite, c’est un peu plus récent et ça me réjouit tout autant : Rachel fera partie du casting du prochain Woody Allen. Ce qui, déjà, en soi, est une excellente nouvelle, puisque j’adore la plus grande partie de sa filmographie. Mais ça l’est encore plus lorsque l’on sait que ce film sera tourné… à Paris cet été ! [Je suis déjà prête à soudoyer quiconque pourra me trouver des infos sur les lieux de tournage] Elle y jouera aux côtés de Owen Wilson, Marion Cotillard (la rumeur veut que Carla Bruni fasse partie de l’aventure, mais sur ce terrain, je n’oserais m’aventurer). Le film n’a pas non plus de titre pour l’instant, comme d’habitude chez l’ami Woody.
EDIT du 25/04/2010 : le film s’intitule désormais Midnight In Paris, et la ville y jouera un rôle primordial puisque l’un des personnages masculins se verra bouleversé dans ses idéaux au contact de la vie parisienne. S’ajoutent au casting Kathy Bates, Michael Sheen.

Enfin, aujourd’hui on apprend que Rachel s’est engagée sur deux projets de films d’épouvante : un remake du film espagnol tumblr_l0y11bsY6x1qzf3g2o1_500.jpgterrifiant mais brillant, L’Orphelinat. L’utilité d’un remake de ce genre est toujours discutable ; le film serait réalisé par Mark Pellington (Arlington Road, La prophétie des ombres). Au-delà de ça, là où certains regrettent que Rachel retourne à des projets dits « de série B », je me réjouis plutôt de ce projet, car le rôle est intéressant, et même si j’ai dû fermer les yeux à certains moments de L’Orphelinat (car c’est le sujet qui me fait le plus peur au monde), je trouve que c’est un excellent film, riche et profond.
L’autre projet du jour, c’est We Have Always Lived In The Castle. Là, c’est au casting que se situe le grand intérêt, puisqu’on y retrouvera, en sÅ“ur de Rachel, Saoirse Ronan que j’aime beaucoup (Reviens-moi, The Lovely Bones), et, peut-être, Michael Douglas dans le rôle de leur oncle…

En tout cas, voilà qui change des longues périodes de disette où on n’entendait plus parler de la belle. Il faudra être patient, mais vivement !

Lovely Bones (Peter Jackson)

Lovely Bones (Peter Jackson)

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Susie Salmon mène une vie d’adolescente ordinaire. Un soir, en revenant de l’école, elle rencontre son voisin qui l’attire dans un piège et l’assassine. Une fois morte, Susie a beaucoup de mal à laisser sa vie derrière elle, tandis que sa famille et ses proches font face à sa terrible disparition.

J’ai vu le film après beaucoup de gens, après avoir entendu à quel point il était raté, laid, mal fichu, inintéressant.

Encore une fois, l’attente joue toujours beaucoup pour moi, dans un sens ou dans un autre. Aurais-je aimé autant si je l’avais vu plus tôt, ou sans entendre aucun avis ? Je ne sais pas.

En tout cas, oui, je pense que d’un côté, le film est raté, car il manque pas mal de choses du livre d’Alice Sebold (que j’ai eu la chance de lire il y a quelques années, et dont je ne me souviens, du coup, presque plus), et aussi parce qu’il y a quelques détails esthétiques de goût douteux. Je ne suis pas complètement réfractaire aux effets spéciaux qui constituent le « paradis », mais le passage magazine / disco passe assez mal. Et puis le personnage de la grand-mère est particulièrement hors de propos aussi, avec sa séquence « montage » où tout le monde s’amuse… (!) On se demande un peu ce que ça vient faire là, à part pour distraire Susan Sarandon… Et enfin, je suis totalement perplexe pour le choix de l’acteur qui interprète Ray, car je trouve la différence d’âge assez perturbante… (et en plus il est assez mauvais).

On dit aussi beaucoup de mal de Mark Wahlberg. Il est certes un peu jeune pour le rôle (qu’aurait-on dit de Ryan Gosling, prévu avant lui ?) mais je le trouve relativement convaincant. Cette jeunesse le rend fragile, le rend proche. Rachel Weisz irradie, comme d’habitude, mais son personnage n’est pas assez présent.

La sÅ“ur en revanche est probablement le personnage secondaire le plus réussi, celui par lequel beaucoup d’émotions passent dans la deuxième partie du film. On s’émeut avec Susie de la voir grandir. Sa scène de bravoure chez Harvey est haletante, non seulement parce que la réalisation et le montage en sont splendides, mais aussi parce que cette sÅ“ur qui se bat, qui avance, tout en tenant bon et en gardant en tête le passé, nous touche. Que dire ensuite de ce double geste qu’elle a en rentrant chez elle et en trouvant sa mère (de cacher d’abord le carnet, puis de le brandir, d’un coup).

Le film est à mes yeux plein de ces moments-là. Des fulgurances, des scènes si bien faites, si touchantes avec simplement des détails, que j’en oublie le reste. Je peux en citer beaucoup, mais je me contenterai de quelques-unes. Quand Susie démarre la voiture avec son frère qui s’étouffe. Dans la pièce blanche avec Harvey dans la baignoire. Quand Susie décide de rentrer dans la maison obscure. Dans le jardin de Harvey, quand Mr. Salmon comprend, leurs échanges, leurs regards autour de ces brindilles absurdes.

Stanley Tucci est terriblement grimé mais il incarne assez parfaitement Harvey, et en est terrifiant. Rien à voir avec les serial killers sympas qui peuvent habiter nos écrans dernièrement (non pas que je n’aime pas Dexter, attention). Ici on ressent la mort. L’horreur du sang, la sauvagerie qui consiste à découper, à emballer, à enfermer, à enterrer.

Et puis il y a Saoirse Ronan. Elle était déjà excellente dans Reviens-moi et ici elle récolte un rôle très difficile, dans lequel d’ailleurs elle n’est pas époustouflante. Mais. Mais parfois, dans ses yeux, quelque chose d’unique passe, quelque chose qui mélange à la fois terreur et émerveillement, et qui arrive à saisir de manière incroyable ce moment tangent où l’enfance se transforme en adolescence, et la terreur que c’est, d’avoir une petite fille morte en soi.

Le film, au fond, ne (me) parle que de ça, et ces fulgurances, ce regard, sont si bouleversants que peu importe que le paradis soit trop coloré ou que la chanson de fin soit mal choisie. Ces moments-là font beaucoup avec peu, avec des détails, arrivent à créer de l’émotion avec des cadrages, un montage bien pensé, une lumière adaptée. C’est comme ça qu’on sait qu’il y a un vrai metteur en scène derrière tout ça, et, bon sang, ça n’arrive pas tous les jours…

La Cité de l’ombre (Gil Kenan)

La Cité de l’ombre (Gil Kenan)

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Film pour enfant avec, en tête d’affiche, la jeune Saoirse Ronan, révélée par Reviens-moi.

Il y a de belles idées, dans cette ville coupée du monde, citadelle perdue dans un univers ignoré et probablement incertain.
Il y a une belle mythologie interne, avec ces métiers différents, cette « remise de prix » par le maire, ce Générateur.

Malheureusement le film n’a pas réussi à m’accrocher suffisamment pour me tenir éveillée, j’ai ainsi raté de nombreux moments de bravoure (l’évasion, en particulier).

Pétri de bonnes intentions, on ne saurait être trop cruel envers ce film gentil. Mais l’ennui est incontrôlable.