Alice au pays des merveilles (Tim Burton)

Alice au pays des merveilles (Tim Burton)

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Alice a grandi. Le pays des merveilles existe bien pour elle, oui, mais elle est persuadée qu’il ne s’agit que de rêves récurrents et pénétrants qui la hantent. Mal à l’aise dans son rôle de jeune fille de bonne famille, elle est terrifiée lorsqu’il s’agit d’accepter la demande en mariage d’un jeune homme sans fantaisie. Heureusement, au moment où l’assistance attend sa réponse, elle aperçoit un lapin blanc…

Je me répète beaucoup, mais l’appréciation d’un film est si terriblement liée à l’attente que l’on en a, que parfois, il est troublant de se dire à quel point on l’aurait peut-être vu d’un tout autre Å“il sans avoir lu telle ou telle critique, ou sans avoir attendu des semaines après la sortie en salle, après avoir entendu les avis de tout le monde.

A vrai dire, cette Alice me faisait un peu peur. J’étais extrêmement impatiente de (re)voir ma nouvelle protégée Mia Wasikowska. Mais en tombant sur les premiers visuels (de Johnny Depp en Chapelier, de Helena Bonham Carter en Reine de cÅ“ur…), j’ai été assez effrayée. Puis la bande-annonce m’a fait craindre le pire : on allait avoir droit à un film-prétexte pour que Johnny Depp s’en donne à cÅ“ur joie et parte en roue libre – ce qu’est déjà, au fond, Charlie et la chocolaterie, que j’avais bien aimé à l’époque mais que je crains énormément de revoir.

A la sortie du film, j’ai donc laissé passer les jours et les semaines, de plus en plus mortifiée par les avis négatifs de personnes fiables autour de moi (et fans de Tim Burton, pas de ceux qui méprisent tout ce qu’il a fait depuis Ed Wood).
Et puis, le film s’affiche en dernière semaine, et on se dit que, quand même, allez. Pour Mia.

Du coup bien sûr je surnote peut-être un peu. Avec le temps (mais quelques semaines sont déjà passées) je réévaluerai peut-être le film à la baisse. Mais j’ai vraiment été agréablement surprise.
Déjà, ce postulat de partir d’une Alice presque adulte, qui me semblait être une fausse bonne idée, est exploitée d’une manière que je trouve intéressante. Pas de nostalgie de l’enfance à tout prix, non, loin de là. La question est de savoir ce qu’est devenue l’enfance, où est-elle cachée, à quoi sert-elle.
Je trouve Mia Wasikowska très bien, évidemment, à la fois très sûre d’elle et un peu perdue. J’aime beaucoup tout le début, contrairement à beaucoup de gens. J’aime que Tim Burton prenne son temps dans cette « réalité » où la jeune Alice peine à dire réellement ce qu’elle veut, à assumer ses refus.

Par la suite, c’est finalement loin du « Chapelier Show » que l’on pouvait craindre, car les autres personnages ont aussi bien leur place. Et surtout, le personnage est, je trouve, assez réussi. Une petite folie douce mêlée d’un vrai désespoir ; Johnny Depp s’amuse, en fait beaucoup, mais reste à la limite.

Pour le reste, on est malheureusement dans quelque chose d’assez illustratif, avec des scènes qui se succèdent, qui défilent mais manquent un peu de profondeur. Malgré tout, j’ai trouvé que ça se suivait bien… peut-être, encore une fois, parce que je m’attendais à un récit complètement boursouflé.

Le prix du jury est néanmoins dédié à la voix de Alan Rickman dans le rôle de la chenille… Délicieux, comme d’habitude.

Il était une fois (Kevin Lima)

Il était une fois (Kevin Lima)

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Giselle, une princesse de dessin animé, vit dans la forêt avec ses amis oiseaux, souris, écureuils et rêve du prince charmant. Lorsque celui-ci arrive enfin, et que tout les destine à un avenir heureux de mariage et d’enfants, la mère du prince, vile et cruelle, décide d’éviter de perdre son trône et réserve le pire des sorts à Giselle : elle l’envoie à l’endroit où il n’y a pas de « happily ever after ». C’est à dire à Times Square.

Il aurait fallu me payer pour que j’aille voir ce film à sa sortie ; je me rappelle encore des atroces affiches en 4 par 3 dans le métro, production Disney avec des « vrais acteurs », et puis Patrick Dempsey, pouaaaaaaah.

Mais j’ai découvert récemment que James Marsden, mon vieux copain, jouait dans le film. Je me le suis donc procuré.
Puis, j’ai développé un intérêt subit pour Amy Adams : l’affaire était faite, il fallait que je voie ce film.

Et quelle excellente surprise !
Le début, tout en dessin animé, se moque gentiment des codes des films Disney, sans pour autant verser dans le sarcasme et le cynisme. Les oiseaux fabriquent des robes, les souris parlent, les princes vous demandent en mariage dans la minute.

Par la suite, l’atout numéro un, c’est Amy Adams. Je ne vois absolument personne d’autre dans ce rôle, qu’elle incarne de manière absolument incroyable. Elle s’approprie avec une énergie époustouflante ce corps de princesse Disney, depuis ses grands yeux ronds jusqu’à ses boucles rousses, chaque parcelle de son corps est perpétuellement en jeu, c’est très beau à voir. Le personnage, par ailleurs, est très beau aussi : l’innocence et l’enthousiasme qui se heurte, sans se casser, à des murs incessants ; la manière dont sa spontanéité outre, désarme, perturbe ceux qu’elle rencontre…
Et puis, petit à petit, la présence de ce corps, fait de chair, de désirs, qui change tout, surtout entre la princesse et son prince… Finalement assez osé pour un film Disney, car au fond, le propos est bien là.

James Marsden est lui aussi très enthousiaste dans son interprétation, bien que plus en force que sa partenaire, mais assez amusant ; Patrick Dempsey remplit son rôle de personnage masculin de premier plan ; un autre acteur aurait probablement pu rendre l’histoire encore plus réjouissante et plus crédible. Bon, il y a bien un écureuil animé parfois un peu laid, mais il est sympathique. Et puis… la reine…

Un vrai coup de cÅ“ur en tout cas. Parfait film de Noël (oui, je sais, mais ce sera encore valable pour Noël prochain…)