Trance (Danny Boyle)

Trance (Danny Boyle)

Still from the trailer for Danny Boyle's Trance

Je ne suis pas sûre que j’aurais vu ce film au cinéma si j’avais pu voir Mud comme prévu – au cinéma ces jours-ci c’est l’horreur, arrivez en avance ! – et franchement ça ne m’aurait pas manqué.

On est donc dans une sorte de thriller psychologique à base d’hypnose (sauf qu’ici en gros l’hypnose permet de TOUT faire), avec Vincent Cassel en méchant pas si méchant, James McAvoy en gentil pas si gentil, Rosario Dawson en hypnotiseuse pleine de secrets.
Sur le papier ça peut marcher, ce jeu entre enquête et réflexion sur le souvenir, en plus Danny Boyle s’amuse beaucoup avec les cadres, les cadres dans les cadres, les cadres flashbacks montés avec le reste… Malheureusement, on est dans quelque chose de beaucoup plus laborieux que ludique.

Rosario Dawson écope de scènes de nus très larges et insistantes qui raviront sûrement une partie des spectateurs, qui généralement n’en retiendront que ça. Dommage, car elle essaie d’aller un peu plus loin au niveau du jeu, mais ça ne mène nulle part. Les garçons sont, comme à l’accoutumée, bien plus protégés, montrant un bout de torse et un bout de fesses par-ci par-là, piètre tentative d’égalité alors qu’il n’en est rien. Rien que pour ça le film mérite un carton rouge. Quand on aura autant de nudité gratuite masculine que féminine au cinéma on aura fait un grand pas.

Le film s’emberlificote pour avoir l’air plus malin qu’il n’est, lorgne un peu (mais vraiment un peu) du côté de Eternal Sunshine of the Spotless Mind, mais peine, peine et repeine. Au final, ni le côté polar ni le côté psychologique ne sont réussis. Par manque de fluidité surtout, et de brillance. Les comédiens font leur possible avec un script assez pauvre, et le rôle le plus ingrat, celui de James McAvoy, amène l’acteur très près de la frontière du ridicule.
Vite vu, vite oublié…

Note : 2,5 sur 6

Avant-première de « A Dangerous Method »

Avant-première de « A Dangerous Method »

Ce lundi avait lieu à l’UGC Ciné Cité Les Halles une avant-première du film A Dangerous Method, de David Cronenberg.

Une partie de l’équipe du film était là : hélas, sans Michael Fassbender, mais avec David Cronenberg et Viggo Mortensen (prévus dès le départ), et en plus Vincent Cassel, ainsi que les producteurs Martin Katz et Jeremy Thomas.

Le tout était présenté par… Vincent Perrot ! Qui ? Mais si, rappelez-vous, ce présentateur désormais complètement has been. Besoin d’argent ? Ami du directeur d’UGC ? Je ne sais pas, mais en tout cas l’avant-première était bien mieux organisée, et sa présentation bien plus carrée que celle du MK2 Bibliothèque, salle encore peu rompue à cet exercice délicat…

A suivre bientôt, mon avis sur le film… mais ce que je peux déjà vous dire, c’est que j’ai un peu dormi.

Black Swan (Darren Aronofsky)

Black Swan (Darren Aronofsky)

Nina est danseuse dans le corps du ballet de New York. Elle n’est plus toute jeune et c’est sa dernière chance de briller dans un rôle principal. Quand elle réussit à décrocher celui du Lac des Cygnes, c’est la consécration… Mais Nina peine à trouver en elle ce qu’il faut pour l’interprétation du personnage : la facette « cygne blanc », toute en pureté, en grâce et en innocence, lui est très naturelle, mais la facette « cygne noir », sensuelle, sauvage, âpre, voire malveillante, lui échappe complètement. Or Nina n’aspire qu’à une chose : une interprétation parfaite.

Oui, je sais, j’arrive vraiment après la bataille. (Et vous pouvez jeter un Å“il à cette page des derniers films que j’ai vus cette année – pleine d’oublis, j’en suis sûre – sur lesquels il faudrait que j’écrive, pour vous rendre compte de la catastrophe.)
Mais je peux dire pour ma défense que c’était assez difficile de parler de ce film juste après l’avoir vu, tout d’abord parce que c’est un film particulier, très fort, qui ne laisse pas indifférent, et aussi parce que beaucoup d’avis contraires se sont exprimés à son sujet.

Personnellement, je ne partais pas forcément avec un bon a priori, car ce que fait Darren Aronofsky me laisse un petit goût d’amertume. Voire carrément un goût désagréable, comme pour Requiem for a dream, film virtuose mais vraiment sombre dans son propos, et assez tape-à-l’oeil dans la forme… The Fountain m’avait davantage envoûtée, dans son ambiance très particulière, son ambition démesurée et la manière dont tout cela était mélancoliquement raté. Je n’ai pas vu The Wrestler.

Black Swan était d’emblée entouré d’un parfum de « film qu’il faut aimer », avec une prestation à Oscar pour Natalie Portman, quelques scènes sulfureuses entre deux filles… Bref, des choses qui, sur le papier, amèneraient plutôt à se méfier. Et puis finalement, oui, j’ai été happée par le film, dès sa première scène-séquence de pointes, filmées avec un style assez particulier, dans une spirale fascinante évoquant déjà la folie du personnage.

Black Swan m’a surtout touchée parce qu’il parle de comment un(e) artiste arrive à construire une interprétation ou une incarnation d’un personnage difficile à jouer. A mes yeux, c’est vraiment ça le sujet du film, avant la folie, avant la danse, avant tout le reste. Comment Nina, certes déjà fragile, va s’égarer en elle-même (ou se trouver ?) pour atteindre la justesse de son art. Et là où Nina se trompe, c’est que la perfection n’est pas ce que elle doit chercher, en tant qu’artiste-interprète. Et parce que je trouve cette erreur très belle et que je la comprends, toute la fin du film me touche assez vivement.

Tout a déjà été dit cent fois sur le reste du film. Le plus marquant pour moi, c’est le personnage de Barbara Hershey, absolument terrifiante dans le rôle de la mère. Rôle sur-écrit évidemment, mais qui trouve une place plus que logique dans l’histoire, nÅ“ud psychanalytique inévitable. Là où cela devient vraiment intéressant, c’est lorsque ce personnage, terrifiant symboliquement (et de façon refoulée) pour l’héroïne, devient un véritable élément de film d’horreur. Avec vrais frissons à la clé.

Vincent Cassel et Mila Kunis sont très corrects, mais ne m’intéressent pas tellement, à vrai dire. Natalie Portman, qui a donc gagné son Oscar depuis et reçu des pluies de louanges, donne en effet toute sa chair à Nina, et aussi, doublure ou pas doublure, tout son corps, que Darren Aronofsky s’amuse à torturer – d’abord une torture « classique » liée aux pratiques de la danse, puis une torture surréaliste mais bien réelle. J’aime beaucoup surtout, au-delà de ça, la fragilité qu’elle sait insuffler à son visage.

Le film est rude, parfois même désagréable, toujours très en tension. La toute dernière scène du film est magnifique, d’autant qu’elle a été préparée par une scène de répétition en amont : on sait exactement ce qui va se dérouler. Et ça se déroule, avec un petit élément en plus qui noue la gorge ; le cygne blanc regarde d’un côté, de l’autre, et dit adieu. Le fondu au blanc final laisse retomber à la fois toute la tension accumulée pendant le film, et toute l’émotion de la fin : on est achevé.

Je pensais le revoir avant d’écrire mon avis ici, mais au fond je ne suis pas sûre d’avoir envie de le revoir un jour.

Note : 5,5/6

Note : 5,5/6

NB sans rapport : un jour, en Nouvelle-Zélande, j’ai vu un cygne noir. J’ai trouvé que c’était l’un des plus beaux oiseaux que j’aie vus, très noble et très mystérieux, et j’ai trouvé son nom fascinant. J’ai griffonné « black swan » sur un prospectus, pour le réutiliser un jour. C’était amusant de tomber sur ce prospectus récemment. Voilà, fin de l’anecdote sans intérêt.